Quels sont les médicaments les plus dangereux pour la conduite automobile ?

Publié le 10 Décembre 2014

De nombreuses familles de médicaments comportent des mises en garde vis-à-vis de la conduite automobile. Cependant, l’importance de ces mises en garde varie selon le type de médicaments concerné.

Au-delà des médicaments détaillés ci-dessous, d’autres médicaments peuvent faire l’objet de mises en garde concernant la conduite automobile (médicaments du sevrage tabagique et de la dépendance à l’alcool ou aux drogues, médicaments des vertiges, médicaments de la maladie d’Alzheimer, médicaments des troubles de la concentration, etc.). Pour cette raison, il est toujours indispensable de vérifier si un pictogramme figure sur l’emballage d’un médicament que l’on va prendre. Si c’est le cas, il est préférable de lire attentivement la notice et de demander conseil à son médecin ou à son pharmacien.

Neuroleptiques (antipsychotiques) et conduite automobile

Les médicaments contre les psychoses interfèrent systématiquement avec la capacité à conduire ou à manipuler des machines. Un tiers d’entre eux portent un pictogramme de niveau 3 (les formes administrées par injection) et deux tiers portent un pictogramme de niveau 2 (les formes administrées par la bouche). Les neuroleptiques entraînent de la somnolence et des assoupissements (en particulier en début de traitement), des troubles de la vision (vision floue, troubles de l’accommodation, etc.), des difficultés à évaluer la trajectoire du véhicule et à piloter finement, et parfois des troubles du comportement (agressivité, confusion, etc.).

Anxiolytiques (tranquillisants) et conduite automobile

Les médicaments de l’anxiété représentent systématiquement un danger pour la conduite automobile (en particulier ceux de la famille des benzodiazépines). Les formes injectables sont classées de niveau 3 et les formes orales de niveau 2 (parfois 1). Les anxiolytiques diminuent la capacité à répondre aux situations d’urgence, augmentent le temps de réaction (par exemple pour freiner) et diminuent la coordination des mouvements ainsi que la capacité à évaluer une trajectoire (celle de son véhicule ou d’un autre véhicule). Ces effets dangereux pour la conduite sont fortement augmentés par la consommation d’alcool ou la prise concomitante d’autres médicaments ayant un effet sédatif (antidépresseurs, antalgiques de la famille des opiacés, neuroleptiques, antiépileptiques, etc.). 

Hypnotiques (somnifères) et conduite automobile

Les médicaments des troubles du sommeil sont quasiment tous classés de niveau 3 et interdisent la conduite automobile, surtout après la prise ou le lendemain de la prise. En effet, l’influence négative des hypnotiques sur la conduite automobile (somnolence, diminution de la vigilance, mauvaise coordination des mouvements, etc.) peut persister tout au long des 24 heures qui suivent la prise. Ces effets résiduels dépendent de la substance, de la susceptibilité individuelle du patient et de la qualité du sommeil dont il a bénéficié après la prise. Seul le médecin est à même de conseiller son patient sur la possibilité de conduire le lendemain de la prise d’un hypnotique.

Antidépresseurs et conduite automobile

Les médicaments contre la dépression sont tous classés de niveau 2. En effet, ils peuvent être à l’origine de somnolence, de troubles visuels ou de troubles du comportement (agitation, hallucinations, confusion, anxiété, etc.), même si certaines familles d’antidépresseurs semblent moins concernées : inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et inhibiteurs de la monoamine oxydase. Les effets dangereux pour la conduite automobile sont particulièrement marqués en début de traitement et la plupart des patients peuvent de nouveau conduire après une ou deux semaines de traitement. Selon les effets du traitement sur le patient, le médecin décidera si celui-ci est à même de reprendre son véhicule.

Antiépileptiques et conduite automobile

Les médicaments contre l’épilepsie sont systématiquement classés de niveau 2 (parfois 3). En effet, ils peuvent provoquer une somnolence, une sensation d’ivresse et un ralentissement des réactions et des mouvements. Parfois, ils sont à l’origine de troubles visuels, de vertiges ou de troubles du comportement. Seules les personnes dont l'épilepsie est efficacement et durablement contrôlée par un traitement peuvent envisager de conduire après plusieurs semaines voire plusieurs mois de traitement. Seul le médecin peut en juger. Toute modification du traitement doit s'accompagner d'un arrêt de la conduite automobile jusqu'à ce que le nouveau traitement soit stabilisé.

Anesthésiques et conduite automobile

Les médicaments anesthésiques (locaux ou généraux) sont systématiquement classés de niveau 2 ou 3. Après une anesthésie générale, la conduite automobile est déconseillée au minimum pendant la journée de l’intervention. La récupération des capacités de conduite doit être systématiquement évaluée par un anesthésiste, qui s’aide pour cela d’échelles d’évaluation spécifiques.

Le retentissement des anesthésiques locaux est variable selon leur mode d’administration. L’anesthésie d’une région du corps (par exemple pour une intervention chirurgicale mineure) contre-indique la conduite et nécessite une évaluation de la récupération de l’aptitude à la conduite. L’utilisation d’anesthésiques locaux en pratique courante (en dermatologie ou dentisterie notamment) n’est pas incompatible avec la conduite automobile, mais nécessite une évaluation individuelle du retentissement par le médecin.

Antimigraineux et conduite automobile

Tous les médicaments contre la migraine de la famille des triptans, de même que certains autres antimigraineux (pizotifène, oxétorone, flunarizine et métoclopramide en association à l’aspirine) sont classés de niveau 2. En effet, ils provoquent fréquemment de la somnolence et des vertiges, ce qui nécessite une évaluation individuelle de la capacité à conduire par le médecin.

Antalgiques (antidouleur) et conduite automobile

Les médicaments contre la douleur peuvent interférer avec la conduite automobile. Si les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) affichent un pictogramme de niveau 1, ce sont surtout les antalgiques opiacés qui peuvent diminuer la capacité à conduire : ils portent systématiquement un pictogramme de niveau 2.

Les antalgiques opiacés peuvent provoquer une somnolence et des troubles du comportement qui peuvent empêcher le patient de percevoir son inaptitude à la conduite, voire lui faire commettre des imprudences. De plus, la susceptibilité individuelle aux opiacés est très variable : l’aptitude à la conduite doit faire l’objet d’une évaluation par le médecin, en particulier au début du traitement.

La codéine à faibles doses présente des effets indésirables nettement moins marqués mais les personnes qui en prennent doivent néanmoins être informées sur ses risques.

Source :

http://www.eurekasante.fr/medicaments/prendre-traitement/medicaments-conduite-voiture.html?pb=risques

Mis en ligne par Evy

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #medicaments, #conduite automobile

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