Fatigue et douleurs chroniques : est-ce une fibromyalgie ?

Publié le 24 Janvier 2015

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"Je suis si fatiguée, mon corps est douloureux, j’ai mal tout le temps…" Vous souffrez peut-être de fibromyalgie. Une maladie méconnue et mal prise en charge. Quels traitements adopter ?

Bien que la fibromyalgie touche 2 à 5 % de la population, majoritairement des femmes, elle est encore mal connue. "C’est un état particulier d’hypersensibilité généralisée qui se traduit par des douleurs musculo-squelettiques diffuses et migratrices, une fatigue et une intolérance à l’effort", explique le Dr Gérard Mick. Ces personnes ont une perception différente de la douleur avec un seuil de perception plus bas que la moyenne.

Un syndrome en mal de reconnaissance

La fatigue et les douleurs sont telles qu’elles empêchent la personne de vaquer à ses occupations quotidiennes. Trop longtemps cataloguée maladie psychosomatique, la souffrance liée à la fibromyalgie n’est pas toujours prise au sérieux par l’entourage comme un syndrome à part entière.

Une maladie reconnue comme rhumatismale

Ce n’est que depuis 1992 que l’OMS a reconnu cette maladie comme rhumatismale, alors qu’elle était auparavant considérée comme psychiatrique. Les symptômes peu spécifiques expliquent en partie l’errance des patients d’un médecin à l’autre, car ils ne trouvent pas de solutions à leur douleur.

Des causes énigmatiques

L’origine de la fibromyalgie reste encore méconnue, mais on constate qu’elle apparaît souvent après un traumatisme (accident, maladie, choc affectif) ou un surmenage. On évoque une origine virale comme facteur déclenchant (herpès, mononucléose ou zona), ainsi que des désordres biochimiques et physiologiques. Depuis 2004, les chercheurs se penchent vers des désordres de nature immunochimique, environnementale et neurologique.

Des symptômes variés

Les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent :

- de douleurs sur tout le corps, diffuses et variables, ressenties comme des contractures ou tensions, ou bien comme des sensations de brûlure avec des fourmillements dans les extrémités. Ces douleurs des muscles et des tendons s’aggravent à l’effort, au froid, à la pression et au stress.

- de fatigue chronique depuis au moins six mois, allant de la lassitude au véritable épuisement. Les personnes décrivent une perte totale de force les obligeant à réduire fortement leur activité.

- de troubles du sommeil. Le sommeil, léger et fragmenté, n’apparaît pas réparateur. On observe aussi des raideurs au réveil.

- de signes associés variant d’une personne à l’autre : maux de tête, troubles digestifs (intestin irritable, colopathie, diarrhées, constipation…), problèmes de menstruation, vessie irritable, troubles de mémoire et de concentration, état dépressif et d’anxiété (un tiers des personnes souffrant de fibromyalgie), sensibilité au bruit, jambes sans repos, acouphènes…

Vers qui s’orienter ?

Quand les douleurs et la fatigue s’installent, les personnes souffrant de fibromyalgie ont du mal à trouver le bon interlocuteur pour prendre en charge leurs douleurs. Il est souhaitable de s’adresser à un rhumatologue, à un spécialiste de médecine interne ou bien aux associations concernées qui sauront correctement aiguiller la personne.

Un diagnostic difficile à poser

Les douleurs articulaires et les raideurs matinales peuvent orienter dans un premier temps vers un diagnostic d’arthrose ou de polyarthrite rhumatoïde. Le problème ? Aucun élément biologique ou radiologique (IRM ou scanner) ne permet de confirmer la présence d’une fibromyalgie. Le diagnostic s’appuie sur l’interrogatoire du patient qui confirme souffrir d’une fatigue et de douleurs diffuses depuis au moins six mois.

Des points douloureux précis

Le médecin confirme le diagnostic en appliquant une pression à l’aide de ses doigts sur dix-huit points douloureux de localisation précise, appelés aussi points gâchettes ou points sensibles. Ces points sont symétriques et se situent sur la face antérieure du corps (cou, deuxième côte, coude, hanche, genou) et la face postérieure (occiput à la base du crâne, épaule, omoplate, bassin). Onze d’entre eux doivent être douloureux pour asseoir le diagnostic.

Le problème de la prise en charge

La fibromyalgie n’est pas reconnue comme maladie chronique invalidante par le ministère de la Santé, ce qui signifie qu’elle ne justifie pas le droit à une prise en charge à 100 %, notamment lorsque l’état de la personne nécessite un arrêt de travail. Les associations se battent pour faire reconnaître à part entière ce syndrome. Toutefois, le patient atteint de fibromyalgie peut bénéficier d’une prise en charge à 100 % des soins et des traitements au titre des affections "hors liste" en cas de forme évolutive et invalidante et sur avis du service de contrôle médical.

Un traitement médicamenteux ou non

Malheureusement, il n’existe pas de traitement curatif pour soigner la fibromyalgie. Il s’agit donc de prendre en charge le mieux possible les symptômes. Pourtant, trop de personnes atteintes sont encore mal accompagnées dans leurs douleurs. Associer traitement médicamenteux et non médicamenteux est une des clés pour améliorer cet état lié avant tout à une hypervigilance.

Premier objectif : le traitement médicamenteux

Il s’appuie sur l’utilisation d’antalgiques comme le paracétamol ou le tradamol. Les morphiniques ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne sont pas recommandés. On peut associer des décontracturants à faible dose et certains traitements de la famille des antidépresseurs ou antiépileptiques, afin de diminuer l’hypersensibilité.
Selon un rapport datant de 2007 de l’Académie de médecine, l’antidépresseur à base de la molécule milnacipran se montre particulièrement efficace sur la douleur et la fatigue, notamment chez les personnes non déprimées. En cas d’anxiété, ce qui est le cas d’une personne sur deux, on peut faire appel aux anxiolytiques de fond.

Deuxième objectif : les approches non médicamenteuses

Différentes thérapies peuvent être proposées en fonction des besoins de la personne : il s’agit notamment de la kinésithérapie, de la massothérapie sédative et de la balnéothérapie, de la sophrologie et de l’hypnose.

La neurostimulation transcutanée, qui consiste à envoyer, au travers d’électrodes placées sur la peau, un courant électrique léger, peut avoir des effets bénéfiques. En ce qui concerne la fatigue, l’acupuncture peut apporter une solution.

Troisième objectif : apprendre à maîtriser ses émotions

"L’amélioration passe en grande partie par une maîtrise psychique des émotions", insiste le Dr Mick. Plusieurs études ont montré l’intérêt des approches corps-esprit qui permettent de mieux vivre la maladie et d’appréhender d’une autre façon la douleur. Les approches corps-esprit les plus efficaces sont le "biofeedback" qui apprend à contrôler les tensions musculaires et la respiration grâce à la visualisation de ces paramètres sur des appareils, l’hypnose et les thérapies cognitivo-comportementales.

Quatrième objectif : rester actif

Il est essentiel de ne pas arrêter les efforts physiques, sous peine de se désadapter sur le plan musculaire et de renforcer la fatigue et l’anxiété. La mise en place d’un programme associant exercices individualisés, notamment de natation en milieu chauffé, exercices de résistance cardiovasculaire comme la bicyclette et exercices d’étirement améliore les symptômes.

Auteur: Catherine Jarrige

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Source : http://www.santemagazine.fr

Encore un immense merci

à mon amie Martine F. (via Facebook)

qui me communique cet article.

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #Douleurs, #chroniques, #Fatigue, #fibromyalgie

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