La chélation pour désintoxiquer des métaux lourds

Publié le 4 Février 2015

La chélation, qu’est-ce que c’est?

La chélation, qu’est-ce que c’est?

Outre la désintoxication classique, les études scientifiques publiées portent principalement sur les effets de la chélation (par injection intraveineuse d’EDTA) dans le traitement des maladies cardiovasculaires.

La chélation (prononcer « kélation ») est d’abord une approche médicale visant à désintoxiquer l’organisme des minéraux et des métaux nuisibles. Du mot grec « khêlê », qui signifie « griffes » ou « pinces », la chélation est, plus précisément, le procédé par lequel une substance organique (l’agent chélateur) se lie à des minéraux ou des métaux ionisés (chargés électriquement), comme le fer, le calcium, le plomb, le cuivre, etc. Le complexe qui en résulte étant stable, inactif, non toxique et soluble, il peut facilement être éliminé par voie urinaire.

La chélation par injection intraveineuse est une pratique médicale couramment utilisée dans les cas d’intoxication à certains métaux lourds, notamment le plomb, et d'élimination des substances radioactives nocives.

Des usages alternatifs controversés

En plus de cette application classique pour la désintoxication, certains thérapeutes affirment que la chélation pourrait également être utile contre l’artériosclérose et une foule d’autres problèmes de santé, des allergies à la maladie d’Alzheimer, en passant par le diabète, l’ostéoporose, la maladie de Parkinson, l’arthrite rhumatoïde et même la calvitie. Mais toutes ces applications font l’objet d’une vive polémique depuis plusieurs années, particulièrement en ce qui concerne l’utilisation de l’agent chélateur EDTA pour traiter l’artériosclérose. C’est surtout de cet agent dont il sera question dans la présente fiche.

Conçu en Allemagne dans les années 1930, l’EDTA (en anglais : ethylene-diamine tetraacetic acid - en français : acide éthylène-diamino-tétraacétique) a été utilisé, une décennie plus tard, auprès de travailleurs américains atteints d’intoxication au plomb. Au cours des années 1950, le Dr Norman Clarke, directeur de recherche du Providence Hospital de Detroit au Michigan, remarque que le traitement à l’EDTA s’accompagne souvent d’améliorations notables de l’état de santé : diminution des douleurs d’angine (liées au blocage des artères), amélioration des facultés de mémorisation et de l’acuité des sens (vue, ouïe, odorat), hausse de l’énergie, etc.

On a alors émis l’hypothèse que l’EDTA pouvait s’attaquer aux dépôts de calcium, et ainsi débloquer les artères. Mais cette théorie a été réfutée par des expériences subséquentes. Depuis, les hypothèses se sont succédé, dont une, particulièrement populaire, voulant que l’EDTA combatte les radicaux libres, ces molécules impliquées dans le vieillissement de l’organisme.

À ce jour, la communauté scientifique n’est toujours pas parvenue à un consensus, ni sur les actions bénéfiques potentielles de la chélation, hormis la désintoxication, ni sur les mécanismes qui seraient en cause.

Les chercheurs en médecine environnementale ont établi certaines corrélations entre de faibles expositions à des métaux lourds (et autres produits toxiques) et divers problèmes de santé et maladies chroniques1-4. Par exemple, des chercheurs ont émis l’hypothèse qu’une exposition au plomb de faible intensité pourrait entraîner des problèmes de pression artérielle5,6. D’autres ont émis l’hypothèse de liens entre la présence dans l’organisme de certains métaux et l’autisme7,8 ou la maladie d’Alzheimer9 ou la maladie de Parkinson10. Mais les données ne sont pas véritablement probantes et sont souvent contradictoires. Le débat est loin d’être clos.

Quoi qu’il en soit, la chélation continue de gagner en popularité. Certaines personnes y ont recours en prévention pour s’assurer de débarrasser leur organisme de la moindre trace de métaux potentiellement toxiques ou nuisibles. Et de plus en plus, des médecins spécialisés offrent cette thérapie, en clinique privée, à une clientèle vieillissante et fortunée, souvent frappée par l’artériosclérose. La chélation, puisqu’elle s’attaquerait à diverses maladies dégénératives, est souvent présentée comme une des thérapies de rajeunissement, dites « de Jouvence ».

Recherches

Contribuer au traitement des maladies cardiovasculaires
Plusieurs revues systématiques11-14 ont évalué les effets de la chélation par injection d’EDTA pour traiter les maladies cardiovasculaires et ont conclu qu’il n’y a pas assez de preuves pour déclarer cette thérapie efficace et sécuritaire. Dans la dernière revue systématique, publiée en 200614, les auteurs ont conclu que la chélation devrait être utilisée uniquement dans un contexte de recherche, et auprès de patients ne répondant pas aux traitements classiques.

Devant cette situation, et surtout parce que les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité aux États-Unis, les National Institutes of Health (NIH) ont décidé, en 2003, d'entreprendre une vaste étude15. Elle vise à évaluer les effets de la chélation (40 traitements par patient) chez plus de 1 700 survivants d’une crise cardiaque. La publication des résultats, initialement prévue en 2008, a été reportée en 2012. Ils devraient permettre de déterminer avec plus de précision le degré d’efficacité de la thérapie.

Entre-temps, en 2008, des chercheurs ont recommandé l’arrêt pur et simple de cette étude. Selon eux, elle serait faussée au départ et reposerait sur des bases méthodologiques et scientifiques déficientes16. Ils croient que les résultats, quels qu’ils soient, ne seront pas fiables, et que l’étude serait donc parfaitement inutile.

Autres applications

Aucune donnée scientifique ne permet présentement de conclure à une efficacité possible de la chélation pour les autres applications thérapeutiques alléguées.

La chélation par intraveineuse est un acte médical qui doit être pratiqué par un médecin dûment formé et accrédité, dans des conditions rigoureuses, tant en ce qui concerne l’hygiène, que la préparation et le suivi. Le traitement, qui dure de 2 h à 4 h, est sans douleur. La solution est injectée dans une veine située sur l’avant-bras ou le dos de la main, et le patient demeure assis.

Par la suite, les métaux indésirables sont évacués par voie urinaire. Le traitement s’accompagne généralement de la prise de suppléments de vitamines et de minéraux, notamment de zinc, afin de compenser les pertes causées par la désintoxication. De 20 à 40 séances échelonnées sur 1 an à 2 ans peuvent s’avérer nécessaires. À moins qu’il s’agisse d’une intervention destinée à éliminer une grave intoxication, le coût de la chélation, qui peut atteindre quelques milliers de dollars, est rarement remboursé par le gouvernement ou par les compagnies d’assurances.

La plupart des praticiens se trouvent aux États-Unis, mais il y en a également au Canada, en Europe et en Australie. Pour connaître leurs coordonnées, consulter le répertoire de l’American College for Advancement in Medicine (voir Sites d’intérêt).

Autochélation?

Cocktails vitaminés et suppositoires désintoxiquants à base d’EDTA sont actuellement offerts en vente libre, notamment par Internet. Leur concentration en EDTA est toutefois extrêmement faible comparativement au traitement par intraveineuse. Et puisqu’il n’y a aucune certitude quant à l’efficacité de la chélation intraveineuse sur les maladies cardiaques, il est encore plus difficile de supposer que la chélation par voie orale ou rectale puisse avoir une quelconque efficacité.

 

Note de la blogueuse : Il est fortement recommandé de ne pas faire d'automédication surtout  via Internet

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Source :

http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=chelation_th

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #désintoxication, #métaux lourds

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