Réduire la douleur en stimulant des neurones du cerveau

Publié le 3 Mars 2015

La stimulation magnétique transcrânienne, qui consiste à appliquer un champ magnétique dans une zone du cerveau pour y générer des micro-courants, produit un effet antalgique contre certaines douleurs.

Cognez-vous la tête ou piquez-vous le doigt, votre réflexe sera de vous frotter. Ce geste simple permet de saturer le cerveau de signaux qui prennent le pas sur le circuit de la douleur.

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), qui consiste à appliquer un champ magnétique dans une zone du cerveau pour y générer des micro-courants, produit un effet similaire. «Nous ne comprenons pas encore très bien tous les mécanismes à l'œuvre, mais il a été démontré à la fin des années 1990 un effet antalgique très clair contre les douleurs localisées provoquées par des lésions nerveuses», explique le Pr Jean-Pascal Lefaucheur, neurophysiologue à l'hôpital Henri Mondor (Créteil).

Mais cet effet reste faible et court, reconnaît le chercheur. «60 à 70 % des patients touchés par une douleur chronique sont sensibles à la rTMS pour une réduction moyenne de leur souffrance de l'ordre de 30 %», explique le Pr Julien Nizard, responsable du centre de la douleur du CHU de Nantes. Ces chiffres ne sont pas exceptionnels, mais restent très encourageants pour un traitement pratiquement dénué d'effets secondaires.

Tests sur 150 volontaires

Les deux spécialistes participent à un essai de grande envergure pour obtenir un éventuel effet prolongé de la rTMS chez des patients atteints de lésions du système nerveux périphériques (nerf sciatique abîmé, séquelles d'accidents, d'actes chirurgicaux, de zona). «L'objectif est de recruter 150 volontaires en deux-trois ans», détaille Nadine Attal, investigatrice principale de l'étude lancée cette année au Centre d'évaluation et de traitement de la douleur (CETD) à l'hôpital Ambroise Paré de Boulogne. Un quatrième centre, Lyon/Saint-Étienne, participe à ces travaux.

Tous sont équipés d'un appareil robotisé doté d'un système de neuronavigation: une cartographie 3D du cerveau des volontaires réalisée par IRM permet au manipulateur d'appliquer la stimulation de façon très précise dans le cortex moteur primaire. «Ce n'est pas le siège exact de la réception de la douleur, mais c'est empiriquement la meilleure cible identifiée à ce jour», explique Frédérique Poindessous-Jazat, ingénieur à l'Inserm qui effectue les tests à Boulogne. Les stimulations sont quotidiennes pendant une semaine, hebdomadaires les trois suivantes, puis encore un peu plus espacées. L'espoir est de voir les effets se prolonger au-delà de cette période.

Outil prometteur

La rTMS peut aussi être utilisée dans la fibromyalgie. Elle est proposée en routine à Ambroise-Paré depuis novembre, en raison notamment d'une demande très forte des patients. Une trentaine de personnes ont ainsi été traitées avec des résultats plutôt positifs, selon Nadine Attal. «L'efficacité dans cette indication est moins claire», tempère Jean-Pascal Lefaucheur . Il s'agit là d'«une douleur diffuse qui n'est pas liée à une lésion nerveuse, c'est-à-dire un cas de figure complètement différent. Il est d'ailleurs possible qu'on obtienne de meilleurs résultats en stimulant aussi le cortex préfrontal qui joue un rôle très important dans l'aspect émotionnel lié à la douleur».

La recherche de nouvelles cibles cérébrales contre les douleurs chroniques est un grand enjeu. «La rTMS ne consistera jamais une solution miracle, prévient Julien Nizard. Mais c'est un outil prometteur que nous pouvons déployer dans une stratégie pluridisciplinaire coordonnée.» Reste à bien identifier les cas où elle est le plus adaptée.

Par figaro iconTristan Vey

Source :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/02/27/23455-reduire-douleur-stimulant-neurones-cerveau

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #Douleurs, #neurones

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