Tiers payant : le recul face aux médecins

Publié le 2 Mars 2015



C’est ce que titre Les Echos sur sa une, notant que « la pression des généralistes et l'approche des élections départementales poussent le gouvernement à lâcher du lest ».
Le quotidien relève en effet que « le tiers payant pour tous en 2017 dont rêvait le gouvernement est mal parti. Le ministère de la Santé n'a pas encore officiellement battu en retraite sur cet article phare du projet de loi santé, mais un parfum de capitulation flotte dans l'air à 2 semaines du début de l'examen du texte en commission, le 17 mars ».
Le journal observe que « 2 jours avant cette date, une grande manifestation unitaire est organisée à Paris contre le projet de loi. Les principaux syndicats de médecins, habituellement si désunis, vont défiler main dans la main avec les chefs de clinique et les internes des hôpitaux, entre autres ».
Les Echos indique que « le gouvernement devrait lâcher du lest pour désamorcer la colère des professionnels de santé, une semaine avant le premier tour des élections départementales. Reculer sur le tiers payant généralisé est une affaire de réalisme, plaident les syndicats de médecins. Le groupe de travail mis sur pied fin janvier par Marisol Touraine, et dirigé par la présidente du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie, Anne-Marie Brocas, est encore au milieu du chantier ».
« Pour l'instant, il a examiné les problèmes posés par la dispense d'avance de frais pour les médecins, en ce qui concerne la partie Sécurité sociale. Les patients pauvres avec une CMU y ont déjà droit. Le souci numéro un des professionnels de soins, ce sont les retards de paiement de la consultation par la Sécurité sociale, voire les rejets. Le délai médian est de 4 jours quand il y a une transmission électronique, mais il grimpe à 42 jours avec une feuille de soins papier - ce qui est forcément le cas si le patient ne présente pas de carte Vitale »,
poursuit le journal.
Le quotidien relève que « c'est aux libéraux d'avancer les frais. Mais, parfois, ils ne sont jamais remboursés. Selon la CNAM, le taux de tiers payant chez les libéraux s'élève déjà à 35% des consultations, avec 1,6% de rejets chez les généralistes, 1,9% chez les spécialistes. Chez les premiers, 20% des échecs sont dus au non-respect du parcours de soins. Mais les motifs de non-remboursement sont multiples ».
Claude Leicher, président de MG France, remarque ainsi qu’« il faudrait commencer par réformer les modes d'affiliation avant de mettre en place le tiers payant, car dès qu'on déménage et qu'on doit changer de caisse primaire, ou de médecin traitant, les procédures administratives sont lourdes et cela crée des problèmes ».
Les Echos note que « l'administration se montre plus optimiste », et indique qu’« une piste de réforme plus modeste consisterait à réserver pour l'instant le tiers payant aux affections de longue durée. Enfin, l'aspect le plus épineux du dossier arrive maintenant sur la table : le remboursement de la part des régimes complémentaires ».
Le journal souligne que « les médecins ne veulent avoir qu'un interlocuteur, la Sécurité sociale. Mais les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance, qui sont déjà des payeurs aveugles, craignent de devenir invisibles si tous les flux sont centralisés par la CNAM. Ils sont donc en train de bâtir une plate-forme informatique commune pour le tiers payant. Mais l'exécutif n'a aucune envie de les laisser «s'immiscer» dans le système. La bataille sera rude ».

Revue de presse rédigée par Laurent Frichet Les Echos
TSAVO PRESSE
Source :

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #tiers payant, #médécins

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annie 02/03/2015 13:42

Bonjour à tous,
Au bout du compte, après maintes batailles entre les différents protagonistes, celui dont on ne s'inquiète pas c'est le patient. J'ai souvent entendu des personnes me dire qu'elles ne pourront pas voir tel ou tel médecin, faire tel ou tel soin, parce qu'elles ne peuvent pas avancer l'argent. On est de plus en plus dans une médecine à deux vitesses.Mais comment se faire entendre ?

Entraide Fibromyalgie Ouest 02/03/2015 16:09

Chère Annie,
Malheureusement, je n'ai pas la réponse...
Mais le combat risque de cesser car les élections arrivent !!!
La blogueuse, Evy