Tiers payant : les syndicats exigent une clarification !

Publié le 15 Juillet 2017

 

Résultat de recherche d'images pour "images docteurs tiers payant"

http://s2.lemde.fr/image/2015/04/09/534x0/4613191_7_fb11_le-tiers-payant-generalise-doit-permettre_c611b8d70eee61f246e85b198ec495da.jpg

oOo

Paris, le jeudi 13 juillet 2017 – Le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a semé le trouble. Après des déclarations qui ont laissé penser à la majorité des observateurs que l’obligation du tiers payant était caduque, le ministre a semblé cette semaine revenir sur sa position en rappelant son attachement à un dispositif généralisé, rendu nécessaire par l’impératif d’améliorer l’accès aux soins des patients. Faut-il parler d’un "revirement" ? Les organisations représentatives réprouvent en tout cas cette « valse hésitation » selon l’expression de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Du côté du ministère on dément toute contradiction et on préfère parler de problèmes « sémantiques ». De fait, il semble que la difficulté réside dans le sens à accorder aux termes "généralisé" et "généralisable" répétés à l’envi par Emmanuel Macron pendant la campagne et repris par Agnès Buzyn. Pour la CSMF : « Le programme d’Emmanuel Macron parlait non pas de tiers payant "généralisé", mais bien de tiers payant "généralisable", ce que tout le monde a traduit comme possible mais non obligatoire ».

Une opposition philosophique

L’obligation est le nerf de la guerre. Le refus de cette dernière par Agnès Buzyn serait d’ordre philosophique, explique-t-on au ministère de la Santé. Une explication insuffisante pour les syndicats qui attendent des positions concrètes. « Elle est contre l’obligation, mais pour moi, le tiers payant généralisé, c’est obligatoire » insiste, cité dans le Monde, le patron de la CSMF, Jean-Paul Ortiz. Les déclarations du ministre suggèrent de fait qu’elle aspire à un tiers payant qui recevrait l’assentiment des médecins, afin que ces derniers n’y soient pas contraints. Pour ce faire, elle estime que seules des améliorations techniques sont nécessaires et veut croire qu’il n’y a pas d’opposition de principe au dispositif. Pourtant, les déclarations des représentants des syndicats ces derniers jours confirment que ce n’est pas seulement l’aspect pratique qui rebute les praticiens. Tous, notamment, insistent sur la perte d’indépendance qu’entraînerait le tiers payant. Ainsi, la CSMF plaide pour un « tiers payant laissé à l’appréciation du médecin ». La Fédération des médecins de France (FMF) pour sa part a tenu hier soir à « réaffirmer son opposition à cette mesure qui va rajouter du temps administratif aux médecins (…) tout en les rendant dépendants des caisses payeuses en termes de rémunération ». Hier, dans nos colonnes, son président Jean-Paul Hamon expliquait : « Nous percevons parfaitement que l’on met entre les mains du payeur un outil de coercition dont les médecins ne veulent absolument pas ». Enfin, le Syndicat des médecins libéraux (SML) prône « la mise œuvre d’un système de dispense d’avance de frais (…) totalement indépendant des organismes payeurs mis en place par la profession sur la base du volontariat ».

Un enjeu majeur

Aussi, percevant parfaitement qu’existe un décalage entre leurs aspirations et les ambitions (même floues) du ministre, les syndicats appellent tous à une clarification en faisant notamment référence aux engagements du Président de la République pendant sa campagne. « Le SML appelle à une clarification urgente afin que le Gouvernement arrête sa position et dise s’il tiendra ou non l’engagement d’Emmanuel Macron d’assouplir le dispositif afin de ne pas entraver l’exercice des médecins libéraux » écrit sans nuance le SML. Cet appel au gouvernement signe la suspicion de dissensions probables en son sein sur le sujet, évoquées d’ailleurs dans les colonnes du Canard Enchaîné. MG France (qui n’a pas encore publié de communiqué sur le sujet) estime en outre qu’Agnès Buzyn a probablement voulu rassurer la population. « La ministre a pris conscience qu’elle prenait le contre-pied » des Français, favorables à la mesure, explique dans Le Monde, Claude Leicher, le patron du syndicat. Mais, non contente de conforter les électeurs, le ministre doit également s’assurer le soutien des médecins. Or l’enjeu est majeur : « De l’attitude de la ministre sur le tiers payant généralisé dépendra le retour de la confiance des médecins libéraux » avertit la CSMF, tandis que plus ironique l’Union française pour une médecine libre (UFML) demande que comme pour les vaccins, une « clause d’exemption » soit mise en place pour le tiers payant. Seule voix discordante, le président de l’association Soins coordonnées, le docteur Martial Olivier-Koehret, interrogé par le Quotidien du médecin, se félicite : « Le maintien de la généralisation du tiers payant généralisé est une mesure nécessaire pour renforcer l’accès aux soins ».

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Source : http://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/tiers_payant_les_syndicats_exigent_une_clarification__166532/document_actu_pro.phtml

oOo

 A T T E N T I O N !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer.Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable, avant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité.Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension. 

 

 

oOo

 

 

 

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article