Les dangers du TRAMADOL

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

____________________________________________________________________________

 

Les dangers du Tramadol

Sous haute surveillance depuis 2012,

le Tramadol® est un médicament antidouleur

pouvant avoir des effets secondaires dangereux.

Lesquels ? Comment les éviter ?

Medisite vous répond.

oOo

Tramadol : attention au système digestif

Délivré uniquement sur ordonnance, le Tramadol®, antalgique de palier II selon l’OMS, se trouve dans de nombreux médicaments, comme Topalgic®, Ixprim®, Contramal®, Monoalgic®, Zaldiar® ou encore Ultram®. Mais "il présente des risques d’effets secondaires au niveau du système digestif" prévient le Pr Jean-François Bergmann, chef de service de médecine interne à Paris. Par ailleurs, des chercheurs suisses ont mis en évidence un lien entre le Tramadol® et des risques de fortes hypoglycémies, imposant l’hospitalisation du patient.

Quels symptômes ? Douleurs abdominales, flatulences, nausées, vomissements. "Le Tramadol® est aussi très fréquemment à l’origine de constipation, ajoute le Pr Julien Nizard, chef du centre fédératif douleur soins de support à Nantes (Loire-Atlantique).

Que faire ? Si les symptômes sont intenses, arrêtez le traitement et contactez votre médecin. "S’ils sont plus modestes, diminuer la dose est suffisant" indique le Pr Nizard. Pour contrer la constipation, des mesures hygiéno-diététiques peuvent suffire. "Sinon, on peut proposer un laxatif osmotique, comme le Macrogol®."

A savoir : si vous souffrez de troubles hépatiques, il est primordial de discuter avec votre médecin d’une prise de Tramadol®. Les effets secondaires pourraient être plus intenses pour vous, le foie jouant un rôle important dans son élimination.

Tramadol : des risques de confusion et de vertiges

"Si le Tramadol® est un bon antalgique, ce n’est pas un médicament anodin" affirme le Pr Bergmann. Des effets secondaires touchant la sphère neuropsychique ont été observés chez certains patients.

Quels symptômes ? Etourdissements, vertiges, confusion, somnolence, fatigue, maux de tête, bouffées de chaleur, nervosité, tremblement.

Que faire ? En cas de symptômes légers, diminuez la dose. S’ils sont plus marqués, stoppez le traitement et contactez votre médecin.

A savoir : des liens entre épilepsie et Tramadol® ont été démontrés. Si vous êtes épileptiques non traités ou prenez déjà des traitements favorisant les convulsions, il est impératif d’en discuter avec votre médecin.

Tramadol : peut rendre dépendant

Dérivé morphinique, le Tramadol® est un antalgique prescrit pour soulager les douleurs modérées à sévères. Des cas de dépendance et de difficultés à interrompre le traitement ont été rapportés. Trois facteurs peuvent augmenter ce risque : la dose prise, la durée de traitement et les caractéristiques de l’individu. "Sans que l’on puisse encore bien l’expliquer, certains sont plus à risque que d’autres" explique le Pr Nizard. 

Quels symptômes ? Sueurs, tremblements, sensation de froid, douleurs, palpitations…

Que faire ? "Pour s’en sortir, il faut diminuer très progressivement la dose journalière lorsqu’on prend du Tramadol® sur une longue durée." Une prise en charge psychologique lors du sevrage peut aider.

Comment la prévenir ? "Pour les personnes souffrant de douleurs chroniques, il est important de diminuer la dose du traitement dès que les douleurs sont moins intenses." En plus de limiter les risques de dépendance, cela évitera l’accoutumance.

Tramadol et médicaments : les mélanges dangereux

Associer le Tramadol® à d’autres médicaments peut être risqué. "Si vous suivez déjà un traitement, vous devez vérifier s’il n’existe pas d’interaction avec le Tramadol®, ou demandez l’avis d’un professionnel de santé" conseille le Pr Nizard. Si la liste des mélanges à éviter peut être longue, certains sont plus risqués :

- Tramadol® et tranquillisants, somnifères, antalgiques tels que la morphine ou la codéine : les risques de somnolence ou de sensations d’évanouissement peuvent être accrus.

- Tramadol® et anticoagulants : les effets des anticoagulants dérivés de la coumarine, qui fluidifient le sang peuvent être accrus, favorisant dans certains cas le risque d’hémorragie. 

- Tramadol® et médicaments sérotoninergique tels que les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine comme le Prozac®, Serolex®…) ou les inhibiteurs de la MAO, prescrits en cas de dépression : "Le Tramadol® a une action sérotoninergique, explique le Pr Nizard. L’associer à des traitements ayant la même peut potentiellement poser des problèmes. "Un syndrome sérotoninergique peut se développer dans de très rares cas. Parmi les symptômes de ce syndrome : diarrhée, sueurs, fièvre, tremblements, confusion, voire coma dans des cas exceptionnels. Si vous prenez ces deux traitements, soyez attentifs aux signes annonciateurs (diarrhées profuses, sueurs…). 
 
Que faire en cas de surdosage de Tramadol ?

"En cas d’absorption excessive de Tramadol® (plus de 300 mg par jour), une somnolence, un évanouissement, des nausées, voire des vomissements peuvent survenir", prévient le Pr Nizard. S'il s'agit d'une seule prise inhabituelle, contacter votre médecin suffit, il n'est pas nécessaire de vous rendre à l'hôpital.

En revanche, pour les personnes souffrant de problèmes de santé sous-jacents, notamment une insuffisance respiratoire, les conséquences d’un surdosage peuvent être plus graves, avec une diminution importante du rythme respiratoire. "Pour les cas les plus graves, il existe un antidote, la naloxone (Narcan®), mais c’est exceptionnel d’y recourir avec le Tramadol®" précise le spécialiste.

Les précautions à prendre avec le Tramadol

Face aux risques que peut présenter le Tramadol®, des voix se sont faites entendre dès 2011 pour l’interdire. "Ce ne serait pas une bonne idée, estime le Pr Bergmann. Il y a suffisamment peu d’antalgiques de palier II pour qu’on le retire des officines. En revanche, il est nécessaire d’apprendre à mieux l’utiliser." En clair :

- Ne nous ruez pas sur les comprimés de Tramadol® qu’il peut vous rester dans vos tiroirs. 

- Suivez les prescriptions de votre médecin (dose et durée de traitement). 

- Associez le médicament à des mesures non-médicamenteuses : appliquez du froid sur votre visage en cas de maux de tête, une bouillotte si vous souffrez de lombalgie ou de contracture cervicale… Cela renforcera l’action du traitement, permettra de diminuer les doses prescrites et de limiter les risques d’effets secondaires. 

- Si vous souffrez de douleurs chroniques, diminuez le nombre de comprimés dès qu’elles sont moins vives. 
 
"Les prescripteurs aussi doivent être mieux formés" ajoute le médecin. "Très souvent, les praticiens commencent le traitement à 200 mg par jour, précise le Pr Nizard. Ils devraient prescrire d’abord la dose minimale (1 à 2 fois 50 mg par jour selon les patients) et l’augmenter progressivement afin de déterminer celle nécessaire pour obtenir l’effet escompté." 

Associer le Tramadol® au paracétamol peut aussi aider à limiter les prises et augmenter sa tolérance puisqu'il potentialise son effet.

A noter : le Tramadol® est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitant, et aux enfants. 

Auteure : Sarah Frise, journaliste santé, article validé par le Pr Julien Nizard.

(Remerciements au Pr Julien Nizard, chef du centre fédératif douleurs soins de support à Nantes (Loire-Atlantique) et au Pr Jean-François Bergmann, chef du service de médecine interne de l’hôpital Lariboisière à Paris.)

Source : https://www.medisite.fr/medicaments-et-risques-sante-les-dangers-du-tramadol.819207.70.html

oOo

!   A T T E N T I O N   !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable, avant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité. Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension. 

oOo

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article