Douleur : vers une meilleure prise en charge (extraits)

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Les femmes souffriraient davantage que les hommes. Leurs douleurs seraient plus fréquentes, plus intenses et dureraient plus longtemps.

Ceux qui traitent des douleurs chroniques dans des centres antidouleurs, comme à l'hôpital Lariboisière, le constatent quotidiennement. Les malades sont bien souvent des patientes...

L'hypnose pour anesthésier

L'hypnose peut être utilisée en anesthésie pendant une intervention chirurgicale. De cette manière, le patient garde toute son autonomie et devient acteur des soins.

Lors d'une opération qui nécessite normalement une anesthésie générale, l'hypnose permet par exemple de n'utiliser que 5% de produit d'anesthésie par rapport à une anesthésie traditionnelle.

Bien sûr, toutes les précautions sont prises par l'équipe médicale au cas où une véritable anesthésie générale devient nécessaire...

L'hypnose intervient comme un complément capable de changer la perception que l'on a du monde extérieur et de modifier le seuil de tolérance de la douleur.

Comment la codéine agit-elle sur la douleur ?

 

Les réponses avec le Pr Serge Perrot médecin de la douleur et rhumatologue :

"Il faut savoir que la codéine n'est pas un médicament qui marche tout seul, par soi-même. La codéine est efficace uniquement parce qu'elle est transformée en morphine. Il faut donc avoir en soi des enzymes qui vont transformer la codéine en morphine. Ces enzymes peuvent la transformer beaucoup ou pas beaucoup selon les individus et les différences sont importantes d'un individu à l'autre. Près de 10% de la population ne transformera pas la codéine. Leur donner de la codéine sera donc inutile.

"Les paliers de l'OMS sont validés surtout pour la douleur du cancer. Dans les autres douleurs, ces paliers ne marchent pas forcément. On n'a pas forcément le même type d'équation. Dans certains cas, si les patients ont très mal, on ne va pas passer par le paracétamol, on va s'orienter d'emblée vers des médicaments plus forts."

Morphine : sois sage ô ma douleur

Célèbre médicament contre la douleur, la morphine est aussi connue pour ses effets de dépendance. D'où vient cette substance ? Pourquoi rend-elle dépendant ? Peut-on l'utiliser dans le cadre d'un traitement médicamenteux classique ?

 

Morphine : de l'opium au médicament

La morphine a littéralement révolutionné la médecine et la prise en charge de la douleur. Ce puissant antalgique a rendu supportables de nombreuses interventions chirurgicales pour les patients. On utilise aussi la morphine pour calmer les douleurs aiguës, comme celles provoquées par des fractures ouvertes, pour lutter contre des douleurs liées à des maladies chroniques comme le cancer ou pour soulager les personnes en fin de vie.

À l'origine de cet antidouleur, on trouve une molécule extraite de l'opium du pavot somnifère. Cette plante est originaire d'Europe méridionale et d'Afrique du Nord. Pour recueillir l'opium, on pratique en général des incisions superficielles sur les capsules des pavots. Il s'écoule alors un suc laiteux qui se dessèche, s'oxyde à l'air et prend une couleur brunâtre. Après une série d'opérations chimiques, la morphine est isolée des autres composants de l'opium.

La morphine en action. Il a fallu du temps pour comprendre son mode d'action. La morphine agit sur notre cerveau. Elle se fixe sur des récepteurs opioïdes ou morphiniquessitués dans la membrane de certaines cellules du cerveau. Les molécules de morphine bloquent la transmission des signaux douloureux. La morphine annule toute sensation de douleur.

La morphine à travers les siècles 

De l'opium à la morphine, plusieurs siècles se sont écoulés. Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que l'on découvre ses multiples effets, ses bénéfices mais aussi ses dangers.

Le pavot à opium est connu depuis des milliers d'années. Dès l'Antiquité, les Egyptiens l'utilisent pour calmer la douleur. Mais très longtemps, son mode d'action est resté mystérieux. Pour la première fois, en 1805, un jeune pharmacien allemand Frederick Sertürner décrit le principe actif de l'opium après des tests sur son chien : "Il a découvert que le principe actif enlevait la douleur et endormait. Il l'a alors appelé morphium qui vient de Morphée, la déesse du sommeil chez les Grecs. Puis, le morphium est devenu morphine", explique le Dr Jean-Bernard Cazalaa, anesthésiste-réanimateur.

L'utilisation de la morphine en médecine est facilitée par l'invention de la seringue. En France, en 1850, le modèle conçu par Charles Pravaz permet d'injecter la morphine par voie intraveineuse. Grâce au piston, on peut contrôler la quantité administrée au patient.

La morphine sera administrée aux soldats durant la guerre de 1870. Mais certains d'entre eux en abusent. L'addiction à l'opium prend aussi de l'ampleur dans la société. Des artistes comme Charles Baudelaire décrivent ses effets. La morphine devient synonyme de drogue, la médecine la délaisse.

Pendant la Première guerre mondiale, les soldats français sont privés de morphine, contrairement à leurs adversaires allemands : "Durant la guerre 14-18, il y a une grande réticence à son emploi du fait de la toxicomanie par morphinique, les opiomanes, en particulier dans les milieux artistiques… On préfère alors utiliser des anesthésiques", raconte le Dr Alain Puidupin, anesthésiste-réanimateur.

La France prend du retard dans le traitement de la douleur. La législation est contraignante, sur tous les médicaments à base de morphine est apposée l'inscription "Poison". Les innovations viennent de l'étranger. La première pompe à morphine est américaine, elle arrive en France à la fin des années 70. Le patient l'utilise pour se soulager après une opération.

À l'hôpital ou sur les terrains de guerre, la prise en charge de la douleur est devenue aujourd'hui incontournable. Tous les soldats ont maintenant dans leur équipement de la morphine. Ils peuvent se l'injecter en attendant les secours quand ils sont gravement blessés.

Morphine : douleur et dépendance

La morphine est utilisée par les soldats. Mais à l'hôpital aussi, le recours à cette molécule est très fréquent. Après une chirurgie, par exemple, pour limiter au maximum les douleurs post-opératoires.

Les enfants aussi peuvent recevoir de la morphine. Au préalable, l'équipe médicale ajuste la dose pour éviter les effets secondaires tels qu'une somnolence, des nausées ou une constipation. Le jeune patient peut lui-même s'injecter la morphine.

Les médecins font preuve de la plus grande vigilance car la morphine, mal dosée, peut aller jusqu'à provoquer un arrêt respiratoire. L'autre grande préoccupation des patients et des spécialistes qui la prescrivent concerne le risque de dépendance. La consommation de morphine peut en effet créer une dépendance en agissant sur notre cerveau, et plus particulièrement sur les neurones qui se trouvent au niveau du système de récompense. Ceux-ci communiquant entre eux au niveau des synapses grâce au passage de molécules chimiques que l'on appelle : neuromédiateurs. Parmi eux, la dopamine, qui véhicule la sensation de plaisir.

La morphine vit-elle ses dernières années en médecine ? Peut-être si l'on en croit de récentes recherches. Des scientifiques de Gustave Roussy et de l'Institut Pasteur notamment, ont découvert une nouvelle molécule, l'opiorphine. Elle a la puissance de la morphine sans ses effets secondaires, comme les problèmes cardio-respiratoires. L'opiorphine est une protéine naturellement produite par l'organisme et présente dans la salive. Sa forme stabilisée en laboratoire est très efficace contre les douleurs post-opératoires. Cette découverte a été faite chez l'animal. Les premiers essais chez l'homme devraient démarrer fin 2017.

Auteure : La rédaction d'Allodocteurs.fr

Source : https://www.allodocteurs.fr/j-ai-mal/morphine-sois-sage-o-ma-douleur_232.html

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