Fibromyalgie et métaux lourds par le Dr Philippe TOURNESAC.

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

https://p5.storage.canalblog.com/51/58/173774/84850544_o.jpg

Certains éléments traces métalliques comme le mercure sont certainement toxiques à fortes doses, et parfois mal tolérés à doses faibles ou modérées. Pour certains, ils sont responsables de tous les maux dont la fibromyalgie. Le diagnostic et le lien de causalité sont difficiles à prouver.

La fibromyalgie est un syndrome polyalgique affectant de nombreuses fonctions et systèmes de l’organisme : neurologiques, digestif, immunitaires et endocriniens. Le bilan biologique standard ne met pas en évidence d’inflammation. Les examens radiologiques ne permettent pas d’expliquer les douleurs.
Le caractère diffus et la diversité des symptômes orientent vers des causes ou des mécanismes ayant des répercussions générales sur l’organisme : 

  • Troubles des neuromédiateurs.
  • Dysfonctionnement de l’axe hypothalamo hypophysaire.
  • Perturbation du métabolisme cellulaire.
  • Perturbations du système digestif : augmentation de la perméabilité intestinale, multi-intolérances alimentaires…
  • Stress oxydatif.

Certains toxiques métalliques agissent sur ces mécanismes. Ils pourraient être impliqués dans un certain nombre de fibromyalgies en tant qu’élément déclencheur ou comme amplificateur. Le nickel et le mercure sont aujourd’hui les plus grands suspects.

Les métaux lourds ou éléments traces métalliques

Le terme métaux lourds n’a pas de fondement scientifique, on lui préfère aujourd’hui celui d’éléments traces métalliques (ETM)*. Certains ETM*, comme le fer et le cuivre, ont une fonction reconnue dans l’organisme. Trois ETM* n’ont aucun rôle biologique positif connu et peuvent déclencher des maladies graves : le mercure, le plomb et le cadmium. La toxicité des autres ETM* dépend de leur concentration ou de la sensibilité individuelle.

Les métaux pénètrent dans l’organisme où ils y diffusent, puis ils sont plus ou moins éliminés dans les urines, les selles, la peau ou les cheveux. Ils peuvent pénétrer par voie cutanée, respiratoire, digestive et par injections (solvant). Avec les années, nous sommes de plus en plus exposés, en raison de l’utilisation médicale très importante (dentisterie, prothèses, implants) et de l’augmentation de la pollution.

Certains, comme le mercure, sont particulièrement liposolubles (solubles dans les graisses), ils ont donc tendance à s’accumuler dans le tissus nerveux très riches en acides gras, avec un risque d’y déclencher des réactions immunitaires. D’autres peuvent se combiner à des protéines et modifier leurs propriétés.

Nous ne sommes pas égaux face aux métaux en raison des variations individuelles des capacités de détoxification.

L’élimination rénale, biliaire, capillaire dépend bien entendu du bon fonctionnement de ses émonctoires (terme désignant les organes excréteurs : le foie, la vésicule biliaire, la peau, les reins, les poumons). Il est intéressant de noter que l’augmentation importante de mercure dans les cheveux ne signifie pas une intoxication, mais une bonne capacité à éliminer ce métal toxique. En cas d’exposition au mercure, il faut plutôt s’inquiéter si celui-ci est présent en faible quantité dans les cheveux.

Mécanismes d’intoxication

• Immunitaire 

Un peu comme lors du contact avec un virus, le corps réagit lors de l’introduction d’un métal. Lors de sa pénétration dans l’organisme, le métal se fixe sur une protéine ou dans une structure membranaire, ce qui peut déclencher une réaction lymphocytaire soit directement sur le complexe formé, soit en produisant des anticorps, qui vont se fixer sur le complexe avec activation des macrophages. 

Modification de la flore bactérienne intestinale : les bactéries sont sensibles aux ETM*. Certaines sont capables d’accumuler jusqu’à 30 fois leur poids en métal. Ceci peut perturber l’action des globules blancs pour détruire ces bactéries.

• Interférence avec les oligoéléments

L’équilibre des minéraux intervenant dans les fonctionnements enzymatiques peut être perturbé par l’introduction d’ETM* toxiques, comme le plomb ou le mercure, ou par un excès d’ETM*.

Blocage enzymatique : le mercure a la particularité de se substituer à d’autre métaux utiles pour les réactions enzymatiques et de bloquer leur efficacité. Au niveau digestif par exemple, il empêche les enzymes digestives de dégrader les aliments pour permettre leur digestion et leur assimilation. Le plomb bloque aussi de nombreuses enzymes.

Ces interférences avec les autres oligoélements ont aussi un impact au niveau du fonctionnement des gènes. Ceci explique une altération du fonctionnement cellulaire et organique à de très nombreux niveaux.

• Effet hormone like

Certains ETM* miment les effets de certaines hormones avec les conséquences que l’on peut imaginer. 

Grande variation individuelle :

La sensibilité aux métaux semble varier d’un individu à l’autre, surtout pour les absorptions chroniques de faibles doses considérées par certains comme inoffensives. L’intoxication aux métaux dépend en grande partie des éléments cités ci-dessous : 

  • Flore intestinale
  • Fonction hépatique
  • Fonction rénale
  • Fragilité cellulaire (membranes, mitochondrie, ATP, statut en magnésium…)
  • Génétique de détoxification
  • Système HLA

Tests – dosages

Pour mettre en évidence une intoxication aux métaux lourds, le parcours est assez compliqué et souvent onéreux. 

• Dosage sur sang ou plasma : 

Le résultat n’est fiable que s’il est élevé. Ce qui est rarement le cas, car les métaux ont tendance à rapidement se déposer dans les tissus, un dosage faible n’élimine pas une intoxication.

Ce résultat ne reflète pas la gravité de l’intoxication car il n’évalue pas les réactions immunologiques et enzymatiques qui sont souvent la cause de l’intoxication. 

• Dosage dans les urines : 

Il est aussi fiable s’il est élevé, mais il dépend beaucoup des capacités individuelles d’élimination. Certains utilisent des tests de provocation (DMSA DMPS pénicillamine) pour mettre en évidence la présence d’une intoxication.

Malheureusement, aucune validation de ces tests n’a été faite et leur reproductibilité, donc leur fiabilité, est loin d’être acquise. Il n’existe donc pas de valeur de référence sérieuse. 

Ce test ne reflète pas la gravité de l’intoxication, un taux élevé pouvant signifier une bonne capacité de détoxification.

• Dosage dans les cheveux : 

Il est difficile de dire s’il est corrélé ou inversement corrélé à l’intoxication. Dans certains cas, une quantité élevée signifie une bonne capacité de détoxification donc une moindre intoxication. Selon la technologie utilisée, il peut s’agir d’une simple contamination par l’environnement.  

Tests immunologiques

• Prick test : 

Il s’agit de tester au niveau de la peau la réaction à un produit donné. Il est fiable s’il est positif et démontre alors une réaction antigénique. L’absence de réaction ne signifie pas une bonne tolérance au métal. Il ne reflète pas non plus la quantité de métal présent. Pour finir, il n’est éthiquement pas réalisable pour les ETM* purement toxiques (mercure, cadmium, plomb).

• Melisa®: test de transformation lymphoblastique étalonné

Ce test est le reflet de la réaction antigénique cellulaire. Il teste la réaction immunologique au métal choisi. Ce test a été largement validé pour de nombreuses molécules non métalliques et pour le cadmium. C’est le test le plus représentatif d’une intolérance à un métal. 

Il n’évalue pas les dysfonctionnements enzymatiques, en particulier digestifs secondaires à l’absorption orale de mercure. Il n’a pas de lien établi avec la quantité de métal présent bien qu’une réaction positive signe la présence de l’ETM*. 

• Tests indirects

Les prophyrines urinaires : ce test mesure les effets de certains ETM* sur le métabolisme. Il n’a pas de spécificité diagnostic, mais il permet d’inciter à pousser plus loin les investigations. 

Le diagnostic 

Deux questions se posent quand on aborde fibromyalgie et ETM*. Le patient souffre-t-il de la présence d’un ou plusieurs ETM* et y a-t-il un lien entre la fibromyalgie du patient et la présence de certains ETM* ?

Dans un premier temps, un examen et un interrogatoire permettent d’évaluer l’exposition :

  • Examen de la bouche : amalgames métalliques, couronnes, implants.
  • Prothèse osseuse ou articulaire.
  • Quantité de poissons par semaine. Au delà de deux portions de poissons des mers par semaine, on sait que le taux de mercure dans le sang commence à augmenter. 
  • Bijoux, environnement professionnel, pollution de l’air, de l’eau, peintures murales anciennes à base de plomb.
  • La chronologie dans l’apparition des symptômes et l’exposition au métal incriminé. Si les symptômes sont apparus dans les semaines après un soin dentaire ou un piercing. S’il existe une notion de déménagement personnel ou professionnel peu avant le début de la maladie, il faut approfondir l’enquête.
  • Le ou les tests biologiques doivent être interprétés en tenant compte de leurs limites respectives. Ils sont indispensables pour autoriser toute démarche thérapeutique de chélation ou de restriction d’exposition. On ne doit pas recommander de dépose d’amalgame ou de dépose de matériel ostéoarticulaire sans arguments biologiques et cliniques.

Le traitement

Si on franchit l’étape diagnostique, il convient de s’attaquer au traitement.

Trois phases doivent être respectées : 

  • Optimiser les capacités naturelles de détoxification
  • Certains déficits en vitamines B6, B9, B12, magnésium, zinc réduisent les capacités de détoxification. Il faut donc dépister ces déficits et les corriger.
  • Éliminer le contact
  • Dans un premier temps, il est important d’éliminer le contact avec le métal en cause : directement dans le corps, dans l’alimentation ou dans l’environnement.
  • Antidotes – Chélation 

Il n’existe pas de consensus sur ces thérapies. La plupart des intoxications aiguës ou chroniques ne nécessitent qu’un traitement symptomatique.

Il existe quatre groupes d’antidotes :

  • Formation d’un complexe atoxique avec limitation de l’absorption digestive et augmentation de l’élimination ;
  • Ceux qui empêchent le toxique d’atteindre sa cible : accélération de la détoxification et réduction de la synthèse d’un métabolite toxique ;
  • Ceux qui déplacent le produit toxique de sa cible ;
  • Antidotes corrigeant les effets du toxique.

Les chélateurs sont des substances chimiques formant avec les ions métalliques des complexes stables de faible toxicité et facilement éliminables par voie rénale. Leur plus grand défaut est leur manque de sélectivité, ils peuvent donc tout aussi bien éliminer des métaux utiles à l’organisme, comme le zinc, le fer ou le magnésium, que des métaux toxiques. Ceci est une des raisons qui explique que leur maniement est compliqué. Il n’existe pas de molécule capable de chélater spécifiquement un métal. Certains chélateurs n’éliminent pas les mêmes métaux en fonction de leur mode d’administration. 

Je ne donnerai pas ici de recette précise, car il en va de la responsabilité de chacun et parce que ces traitements présentent souvent des effets secondaires ce qui implique un traitement personnalisé.

* Elements Traces Métalliques (ETM)

Auteur : Dr Philippe Tournesac - Fibromyalgie et métaux lourds

Source : http://santeintegrative.com/articles/fibromyalgie-et-metaux-lourds

 

!  A T T E N T I O N  !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable,a vant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité.  Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension. 

 


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Elodie marchand 16/10/2019 17:19

Le docteur tournesac a bien recopie son texte issu d’internet . Je le remercie . Elodie Marchand