Le coût du "non-diagnostic" d’un(e) fibromyalgique

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

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ASSEMBLÉE NATIONALE

Rapport commission d’enquête sur la fibromyalgie

(extrait)

Rapporteur M. Patrice CARVALHO (député)

Le 12 octobre 2016.

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Un coût impossible à évaluer.

Il est tout aussi difficile d’appréhender le coût de la prise en charge de la fibromyalgie dans les bases médico-administratives, c’est-à-dire le système national d’information inter régimes de l’assurance maladie (SNIIRAM), qui regroupe le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), les affections longue durée et les traitements et actes médicaux.

Les bases de données de l’assurance maladie compilent des actes traceurs comme la prescription de médicaments ou la délivrance d’actes mais le diagnostic n’y figure pas. La fibromyalgie reposant sur un diagnostic clinique, elle n’apparaît donc pas en tant que telle dans le SNIIRAM.

Le docteur Isabelle Gremy, directrice des maladies non transmissibles et des traumatismes de l’Agence nationale de santé publique, a d’ailleurs relevé que si la fibromyalgie était identifiée par un code dans la classification internationale des maladies, il était peu utilisé dans les bases médico-administratives.

Elle a ainsi précisé à la commission : « On ne peut pas repérer la fibromyalgie dans les bases médico-administratives. Elle a un seul code selon la classification internationale des maladies : M79.7.

J’ai fait une recherche avec ce code dans les bases de données médico-administratives, en diagnostic principal et en diagnostic associé.

Sur une trentaine de millions d’hospitalisations annuelles, j’ai trouvé un code de diagnostic de la fibromyalgie dans 15 024 hospitalisations, mais pour seulement 2 000 hospitalisations en diagnostic principal ; dans le reste des cas, c’était un diagnostic associé, qui n’était donc pas la première cause d’hospitalisation. » 

De plus, M. François Godineau, chef de service, adjoint au directeur de la sécurité sociale (DSS) a précisé à la commission d’enquête les raisons pour lesquelles il lui était impossible de retracer les dépenses des patients fibromyalgiques dans la médecine de ville : « la réussite de cette opération suppose un codage de bonne qualité par le corps médical, donc une bonne connaissance de la fibromyalgie, mais aussi et surtout une exhaustivité qui, il faut bien le reconnaître, est loin d’être atteinte – dans de nombreux établissements hospitaliers, de grands progrès restent à accomplir en la matière.

Par ailleurs, la médecine de ville ne donne pas lieu à un codage des pathologies. En effet, si la loi Teulade de 1993, relative aux relations entre les professions de santé et l’assurance maladie, a institué l’obligation de coder les pathologies, celle-ci n’est pas mise en œuvre en raison de difficultés d’ordre pratique : en ville, il n’est donc pratiqué qu’un codage des actes…

Le système d’information permet de réaliser, à partir du repérage des patients ayant été enregistrés en milieu hospitalier comme diagnostiqués fibromyalgiques, un suivi de leurs dépenses médicales.

En revanche, si certaines pathologies telles que le diabète ou l’hypertension permettent de caractériser, par des consommations spécifiques et documentées, des parcours de soins révélateurs, même en ville, il n’en est malheureusement pas de même de la fibromyalgie.

Pour être complet, donc efficace, le système d’information devrait également se nourrir d’un codage des pathologies en ville, mais il est très difficile d’imposer aux professionnels de santé exerçant en dehors du cadre hospitalier de mettre en œuvre cette pratique de manière systématique lorsqu’ils codent leur facturation ».

C’est pourquoi, il est impossible d’émettre des hypothèses sur le coût que représente ce syndrome pour l’assurance maladie. Certaines études ont apporté néanmoins des éléments sur son coût social.

Une étude menée sous la conduite du professeur Serge Perrot en 2012 et portant sur le suivi de 88 patients en France a ainsi évalué le coût global de la fibromyalgie à 7 900 euros (valeur 2008) par patient et par an comprenant des coûts directs à hauteur de 910 euros et des coûts indirects à hauteur de 6 990 euros dont une forte proportion imputable à la perte de productivité des patients.

 

Auteur : Patrice Carvalho (député) - Assemblée Nationale

Source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-enq/r4110.asp

 

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