Publié le 30 Juin 2010

 
Visuel_20FibromyalgieCongrès national de fibromyalgie

Le thermalisme serait-il le traitement de première intention de cette maladie complexe, ce syndrome mystérieux pour certains?

Quelle prise en charge et quelle vie après le diagnostic? Le 17 avril, la ville de Dax accueillait le premier Congrès national de fibromyalgie, en partenariat avec l’Association des fibromyalgiques Sud-Aquitaine (AFSA) et en présence de plus de 450 congressistes. Quelques réponses des spécialistes.

Le syndrome fibromyalgique, terme plus approprié pour ce cluster de signes et symptômes divers, est probablement un complexe d’hypersensitivisation que le Pr Yves Maugars s’est attaché à décrire, rendant ainsi plus compréhensibles nombre de syndromes fonctionnels chroniques. Ce n’est qu’en 1992 que cette maladie est reconnue par l’OMS, touchant plus de 2% de la population des pays riches, 70% de femmes et 30% d’hommes et responsable de douleurs variables, diffuses et chroniques, souvent handicapantes au quotidien, sans traitement “standard” et fréquemment associés à une fatigue profonde. Une épidémiologie et des données de prévalence récentes présentées par le Pr Paul Le Goff. Un diagnostic clinique, qui passe, selon le Pr Francis Blotman par des examens complémentaires, qui, même non réellement spécifiques ici, sont obligatoires, car nécessaires au diagnostic et d'autres encore plus spécialisés dans un deuxième temps dans le but d’éliminer une pathologie plus sévère ayant des signes apparentés.

La fibromyalgie est aujourd’hui reconnue, grâce au développement en France et dans le monde, d’un grand nombre d’associations de patients… Mais encore aujourd’hui, les fibrosceptiques voient la fibromyalgie comme le continuum de pathologie préexistante, que manifeste la douleur chronique. D’autres font de la fibromyalgie une entité nosologique à part entière, se distinguant de nombre de pathologies neuroendocrines, rhumatologiques, psychiatriques ou fonctionnelles, avec souvent des signes cliniques communs. C’est au prix d’une longue errance médicale (moyenne : de 2,7 années), qui suppose d’avoir requis l’avis de 5 à 15 médecins de spécialité diverse, que le diagnostic de fibromyalgie est posé en France. La recherche est surtout dirigée actuellement vers une meilleure compréhension de la physiopathologie et la définition d’un traitement médicamenteux aussi spécifique que possible.

Le thermalisme, traitement de première intention? Homéopathie, acupuncture, ostéopathie, complémentaires, parfois judicieuses pour améliorer les symptômes. Le Pr Bernard Bannwarth, rhumatologue, rappelle qu’aucun médicament n’est actuellement spécifique : toujours tenir compte du rapport bénéfice/risque avant prescription, réévaluer régulièrement le traitement par rapport à l’évolution. La prise en charge doit privilégier les traitements non médicamenteux. Le thermalisme offrirait tous éléments nécessaires au traitement non médicamenteux et à l’amélioration de la qualité de vie du fibromyalgique. Ainsi, le Dr Alain Françon, médecin thermaliste (Aix les Bains) présente une revue de la littérature concernant l’intérêt du thermalisme dans la prise en charge de la fibromyalgie, concluant à son efficacité avec un amendement de la symptomatologie douloureuse, une régression de la fatigue à long terme et une amélioration de la qualité de vie. Le Pr Jean Cambar présente l’offre de soins de nos stations thermales, rappelant l’intérêt de la crénothérapie dans les pathologies douloureuses chroniques… dont la fibromyalgie. Le thermalisme est actuellement le seul lieu, hors services hospitaliers spécialisés ou centres de rééducation fonctionnelle, où le douloureux chronique peut intégrer un groupe homogène, une prise en charge pluridisciplinaire, des soins spécifiques adaptés, une éducation à la santé, une éducation thérapeutique… et s’y approprier le fameux coping.

Car la vie du fibromyalgique après le diagnostic nécessite de s’approprier progressivement un coping – terme anglais qu’on peut traduire par on fait avec ou positivons, avec un programme d’éducation sanitaire et thérapeutique de la part du médecin traitant, décrit par les Drs Eric Serra, Philippe Ducamp et Patrick Sichère au cours du congrès. Pour le Dr Ducamp, le médecin doit « vouloir apprendre à partir des connaissances du patient, ce qui est une véritable compétence médicale »… qui devrait s’enseigner spécifiquement à la Fac…

Dernier point, les patients qui présentent souvent une cinésiophobie trouvent en milieu thermal les conditions d’un reconditionnement à l’effort. Le Dr Ducamp a montré l’intérêt des activités physiques présentant un nouveau concept d’adaptation à l’effort: la pilathérapie. Rendez-vous pour en parler au prochain congrès le 29 mai à Clermont-Ferrand ?

 

Article collecté le 30 juin 2010 sur le site :

http://unelouvecombat.canalblog.com

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 29 Juin 2010

Fréquenter les réseaux sociaux permet, notamment, d'améliorer la confiance
en l'autre. C'est un « neuroéconomiste » qui l'affirme.
Poster des messages sur Twitter fait secréter une hormone appelée ocytocine
© Sipa
Selon Paul J. Zak, un spécialiste en « neuroéconomie », fréquenter les
réseaux sociaux déclenche la production d'une hormone très particulière
pour notre organisme : l'ocytocine. Une substance fort intéressante pour
l'être humain puisqu'elle augmente la confiance en l'homme. Lorsqu'elle est
injectée dans le cerveau d'un mammifère, elle entraîne même des changements
significatifs dans son comportement : diminution de l'agressivité,
augmentation de la sociabilité, plus grande résistance à la douleur et
baisse de la tension artérielle, notamment.

Pour mener à bien son étude, rapporte le blog Begeek.fr, Paul J. Zak a
observé, pendant six semaines, un utilisateur régulier de Twitter, Adam
Penenberg. Résultats donnés par le cobaye : « Entre deux prélèvements de
sang espacés de 10 minutes, mon niveau d’ocytocine est monté à 13,2 %.
Pendant ce temps, mes hormones de stress cortisol et corticotrope (ACTH)
ont baissé de 10,8 % et 14,9 % respectivement. » Penenberg poursuit : « Zak
m’a expliqué que ces résultats étaient liés, et que la libération de
l’ocytocine pendant mon expérimentation de Twitter a réduit mes hormones de
stress »
Et Paul J. Zak d'ajouter : « Le cerveau interprète le tweet comme si la
personne interagit directement avec une personne que vous appréciez ou pour
laquelle vous avez de l’empathie ». Tweeter (l'action de poster un message
sur Twitter) ferait autant d'effet que tomber amoureux ?

 

Article collecté le 29 juin 2010 grâce à l'association MaBruetOrka

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 29 Juin 2010

Je suis vraiment désolée et m'excuse auprès de vous tous mais pour cause de panne informatique, je ne peux pas mettre de nouveaux articles sur notre blog.

Dès que la "bécane" sera réparée, je ne manquerais pas de me rattrapper !

Encore une fois, mille excuses mais étant à Bordeaux chez ma fille, cela ne dépend pas de moi !

Amicalement et prenez bien soin de vous.

 

Evy, la blogueuse

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 25 Juin 2010

Au-delà des douleurs et des symptômes physiques, la fibromyalgie engendre des conséquences au quotidien qui peuvent être au moins aussi difficiles à gérer que la maladie elle-même.

détresse sociale
 
S'il n'est pas épaulé, le patient fibromyalgique risque de perdre pied, au vu des difficultés sociales qu'il risque de rencontrer. © Getty Images
 

» Dans un premier temps, avant

que le diagnostic soit posé (ce qui peut prendre des années), le malade est souvent confronté à l'incrédulité de ses proches. "Cette maladie pose un problème à part : elle ne se voit pas, résume Alain Leseine. Dès lors, comment expliquer à son conjoint ou à ses enfants qu'on est trop fatigué ou qu'on a trop mal pour sortir ou même pour faire à manger ?" Les proches sont donc souvent enclins à penser qu'il s'agit de fainéantise ou de quelqu'un d'un peu chochotte, qui s'écoute trop. "C'est tout l'inverse, en général la personne fibromyalgique ne manque pas de l'envie de faire des choses, mais elle n'y parvient pas. Je ne connais pas de fibromyalgique fainéant !"

» Conséquences néfastes également d'un point de vue professionnel. En effet, comment faire comprendre à son patron que ce matin, on n'a pas réussi à se lever, que la fatigue nous a terrassé avant même de sortir du lit ou que les douleurs nous empêchent de mettre un pied dehors ? Et quand ce scénario se répète régulièrement et de façon imprévisible, on imagine facilement les retombées. Même quand l'employeur est compréhensif, c'est parfois le malade qui décide de lui-même d'arrêter son activité, trop contraignante pour son état de santé.

» Difficultés également dans la vie sociale et affective. Comment expliquer à ses amis que l'on annule aussi souvent les sorties prévues de longue date ? "C'est que notre état fluctue d'un jour et même d'une heure à l'autre. Il est donc difficile de planifier des choses", souligne Alain Leseine. Difficile à faire comprendre à quelqu'un qui n'a jamais ressenti ces symptômes. Sans compter que le malade est souvent tenté d'abandonner les activités qui lui tenaient à cœur et qui aujourd'hui réclament un effort. La moindre sortie au théâtre, au musée ou au cours d'aquarelle peut se révéler difficile. "La clé, c'est de tout de même se forcer à faire certaines choses, estime Alain Leseine. Il ne faut pas aller au-delà de ses limites mais faire ce que l'on peut faire et se dire que tant pis si on va moins loin que les autres lors d'une promenade, par exemple. Il faut continuer à pratiquer des activités, à la mesure de nos capacités du jour."

» Certains fibromyalgiques vivent si mal cette situation qu'ils peuvent en arriver à penser au suicide. "A mes yeux, ce n'est pas fréquent, explique Alain Leseine. Mais cela arrive surtout chez les personnes qui ne savent pas ce qu'elles ont ou qui n'osent pas parler de leur maladie. Très logiquement, les personnes suicidaires sont donc les moins visibles parmi les malades et il est difficile de faire de statistiques." L'information sur la maladie et le dialogue semblent être les clés pour éviter d'en arriver là.

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 24 Juin 2010

diableMechantFibromyalgie ou Syndrome Polyalgique Idiopathique Diffus (SPID):
C'est une affection associant des douleurs musculaires diffuses, des points douloureux précis sur les insertions tendineuses, une fatigue chronique et des troubles du sommeil. C'est la principale cause de "mal partout".
La réalité d'une maladie de l'organisme déclenchant ces troubles est discutée. Certains considèrent qu'il s'agit d'une maladie de société.

Les arguments des partisans de la "fibromyalgie-maladie"

* la fibromyalgie est décrite dans de nombreux pays avec la même fréquence,
* les symptômes sont très stables au fil des années, les causes psychologiques comme la dépression étant éminemment variables,
* les échelles d'évaluation psychiatriques ne retrouvent pas de profil particulier dans la fibromyalgie,
* des études ont montré des anomalies au niveau des neurotransmetteurs (molécules intervenant dans la transmission de l'influx nerveux) chez les fibromyalgiques,
* il y a de nombreux travaux scientifiques traitant de la fibromyalgie.

Les arguments des partisans de la non-maladie:

* si de nombreux pays sont touchés par la fibromyalgie, il s'agit des pays occidentaux: la fibromyalgie est anecdotique dans le tiers-monde. Au moins ce n'est pas un nouveau méchant virus tropical qui est responsable!
* même au sein des pays occidentaux, c'est une maladie urbaine. Elle se voit très peu en milieu rural,
* on n'en trouve aucune trace dans l'histoire de la médecine: une description datant de moins de vingt ans pour une maladie qui touche 2% de la population?
* il y a une très forte prédominance féminine, sans aucune liaison démontrée avec une anomalie chromosomique,
* les échelles d'évaluation psychologiques n'arrivent pas à "classer" les fibromyalgiques. Or les médecins constatent au quotidien qu'il existe bien un profil particulier des personnes touchées. Les échelles en question sont-elles bien adaptées? Elles le sont surtout pour dépister la dépression, très inconstante dans la fibromyalgie et plutôt conséquence que cause des douleurs,
* de nombreux travaux scientifiques depuis 20 ans ont échoué en fait à montrer des troubles objectifs: on a biopsié des muscles, fait de nombreuses analyses sur tous les organes, scanné les cerveaux, fait des recherches génétiques... tout cela en vain. Il existe effectivement des anomalies discrètes de certains neurotransmetteurs, mais ne sont-elles pas la conséquence des troubles plutôt que leur cause?


Il s'agit comme vous le constatez d'un débat passionné, et vous rencontrerez sur le Web des prises de position tranchées. On trouve parmi les hérauts de la fibromyalgie-maladie, non seulement les personnes atteintes de cette affection qui refusent toutes griffes dehors d'y voir la moindre connotation psychologique, mais aussi des médecins hospitalo-universitaires qui n'ont malheureusement pas le temps de bien connaître leurs patients et qui les apprécient à travers des échelles de personnalité. On trouve parmi les sceptiques les médecins "psychiatrisants" radicaux, qui renâclent devant la lourdeur de la prise en charge des fibromyalgiques et leur conseillent de s'adresser au psychiatre, et des médecins plus nuancés dont nous sommes, qui voient des avantages et des inconvénients à la reconnaissance de la fibromyalgie en tant que maladie:

Les avantages à faire un diagnostic de fibromyalgie

* les personnes concernées sont souvent découragées par le manque de reconnaissance de leurs troubles, qui sont bien réels: elles s'en plaignent et consultent pour cela. Les médecins traitants sont habitués à cet "arrière-plan douloureux" permanent et n'y font plus guère attention. A vrai dire, ceux qui essayent de prendre en charge ces symptômes de manière classique sont mis rapidement en situation d'échec: aucun calmant n'est efficace, aucun anti-inflammatoire ne dérouille. Le diagnostic de fibromyalgie permet cette reconnaissance: vous avez un réel problème, le médecin en prend acte, même s'il n'y peut pas grand-chose.
* la base de la fibromyalgie est le syndrome douloureux permanent, mais il majore aussi toutes les autres douleurs: les fibromyalgiques ont en effet le "droit" de faire comme tout le monde une tendinite de surmenage, une gastro-entérite, une migraine. La fibromyalgie en multiplie la douleur ressentie. Le médecin peut alors commettre une bévue, trompé par l'intensité des symptômes: votre tendinite semble très inflammatoire, la gastro-entérite va ressembler à une péritonite, votre migraine fait imaginer une tumeur cérébrale, votre sciatique est intolérable... Votre tendon va immédiatement bénéficier d'une infiltration ou d'anti-inflammatoires à dose maximale, vous allez être opéré de l'abdomen, on vous envoie faire un scanner cérébral en urgence, le neurochirurgien vous enlève immédiatement cette hernie discale. Les principales complications de la fibromyalgie sont ainsi les maladies iatrogènes, c'est-à-dire les ennuis consécutifs aux examens et traitements médicaux. Un comble! La reconnaissance de la fibromyalgie permet à votre médecin de garder la tête froide. Heureusement la plupart n'ont pas attendu ces consignes. Ils vous connaissent assez bien pour vous conseiller sur l'intérêt et la justification de tel traitement ou examen. Leur rôle est difficile car la médecine se complexifie, les doutes sur leur compétence se font plus fréquents, leur discours rassurant est parfois reçu comme une négation des problèmes. Il est pourtant essentiel que vous soyez suivi par des professionnels qui vous connaissent bien, la plupart des excès étant commis par ceux qui vous voient pour la première fois. Après quelques années dans les "circuits" médicaux, la majorité des fibromyalgiques acquière spontanément une grande prudence, mais souvent après quelques expériences désagréables et parfois au prix de séquelles définitives.
* enfin le cadre de la fibromyalgie a l'avantage de permettre des études scientifiques sur cette affection. Même si l'on a échoué pour l'instant à en expliquer la cause physique, il est intéressant de comprendre les mécanismes et de comparer les solutions sur des personnes présentant les mêmes troubles. Il faut les codifier.


Les inconvénients du diagnostic de fibromyalgie

* certains médecins s'en servent désormais comme d'un paravent: il évite de prendre en charge les troubles psychologiques et d'hygiène de vie qui l'accompagnent. C'est beaucoup plus simple d'en faire une maladie comme les autres avec un traitement-pilule, en l'occurence un anti-dépresseur.
* ce diagnostic n'améliore pas forcément les relations avec l'entourage. Celui-ci se répartit en 2 tendances:

  • 1) Ceux à qui vos problèmes ont toujours cassé les pieds. Nous vous déconseillons l'attitude "tu vois, j'avais bien quelque chose" qui cristallise plutôt le conflit, au profit de "les médecins comprennent enfin mes problèmes" qui ouvre une porte de sortie et qui vous permet d'exposer vos plaintes au cabinet médical plutôt que chez vous.
  • 2) Ceux qui sont convaincus que vous avez une sévère maladie chronique. La reconnaissance officielle ne peut qu'aggraver la surprotection dont ils vous entourent. Tous les porteurs de maladies graves et prolongées connaissent ce problème. Il n'est pas bon que les attentions dont vous bénéficiez soient fondées sur la maladie. C'est bien agréable, mais vous ne pourrez jamais aller mieux... C'est à vous de trouver d'autres raisons que votre entourage s'intéresse à vous. Nous n'avons pas de solution miracle. Les médecins ne sont pas les seuls à pouvoir vous aider. Beaucoup d'autres personnes peuvent vous aider à faire de votre vie un véritable projet. A notre avis, la fibromyalgie est en augmentation parce que les médecins peuvent de moins en moins faire face aux besoins en temps de ces problèmes (voir le médecin et vous) et parce que le mode de vie moderne est de plus en plus égoïste, particulièrement en milieu urbain
    - le diagnostic de fibromyalgie est délicat: le danger de sa popularité est qu'elle va favoriser les retards de dépistage des autres maladies qui se révèlent par des douleurs généralisées. Nous ne voulons pas vous inquiéter: penser, à tort, que l'on a quelque chose de grave est l'erreur la plus courante quand on a une fibromyalgie, et cela génère, comme nous l'avons vu, beaucoup d'examens inutiles. La situation est très différente selon l'ancienneté de vos douleurs: si vous étiez en parfaite santé il y a quelques semaines ou mois, il faut insister sur les bilans et les avis spécialisés. Si vos douleurs existent depuis des années, il n'y a guère de chances qu'une maladie sous-jacente n'aie pas produit d'autres symptômes.

Enfin, la reconnaissance de la fibromyalgie par la médecine hospitalo-universitaire a stimulé la recherche sur cette affection. Malheureusement les ambiguités qui l'entourent font douter de la pertinence des études conduites. Des budgets considérables ont été utilisés en pure perte aux Etats-Unis pour trouver un désordre métabolique responsable. En France, le financement de la recherche est réduit mais toujours axé dans la même direction. Il y a surtout un gros gaspillage d'examens et de traitements inadaptés. Il serait judicieux d'utiliser ce financement pour mettre en place des filières de soins pour la fibromyalgie. Les avis tranchés empêchent l'aboutissement d'un consensus sur sa prise en charge. C'est sans doute la maladie pour laquelle il y a actuellement la plus belle (vaine) dispersion d'énergie.


Notre conception de la fibromyalgie

La fibromyalgie est une affection chronique qui se met lentement en place au fil des années. Les douleurs ne se déclarent pas du jour au lendemain. Souvent dès l'adolescence vous avez eu des douleurs inhabituelles, persistantes, pour lesquelles les médecins ont eu du mal à émettre un diagnostic, qu'ils n'ont eu guère de succès à traiter. On a pu vous déconseiller les activités physiques et faire une dispense de sport à l'école, qui n'a en rien amélioré vos douleurs. La gêne est variable au fil des années mais toujours sous-jacente.

Cela finit par devenir un véritable handicap. Il existe des éléments favorisants qui font basculer de la simple gêne vers la maladie douloureuse chronique: changement de situation professionnelle (de poste de travail ou de collègues), changements familiaux (naissance, décès, maladie chronique chez un proche, rapports familiaux difficiles), changements physiques (prise de poids, arrêt du sport, séquelles d'une autre maladie ou d'un traumatisme). Ces facteurs sont variés, souvent associés, et leur responsabilité demande une enquête personnelle approfondie. Leur durée est plus importante que leur gravité. Il est facile d'incriminer un traumatisme personnel, mais dans la fibromyalgie c'est souvent l'épine irritative installée depuis des années dans la vie quotidienne qui est la plus importante.

Le tempérament a un rôle essentiel: vous êtes du type "nerveux", affiché ou caché. Les gens très décontractés, "qui se laissent vivre", ne font jamais de fibromyalgie. Les hommes sont rarement touchés. L'égalité des sexes est encore une utopie dans les pays occidentaux. Le travail des femmes et la division par deux des tâches domestiques est loin d'être une évidence dans tous les couples! Il faut des générations pour modifier une culture en profondeur et nous sommes toujours en plein combat pour l'émancipation. Dans les cultures où la place de la femme est bien codifiée et acceptée, il n'y a pas de fibromyalgiques. Vous êtes donc "nerveuse". Ce n'est pas un terme médical, mais la médecine n'a pas de terme équivalent pour décrire cet état. Elle a essayé: il y a eu la vogue de la spasmophilie, de la tétanie, de la neurotonie. Le terme le plus proche est "anxiété". Ce n'est pas dépression. On peut être anxieuse sans être dépressive. La dépression peut survenir dans la fibromyalgie, mais c'est une conséquence des douleurs, pas leur cause. Le tempérament nerveux a des avantages: dynamique voire hyperactive, vous n'ennuierez jamais votre entourage par votre passivité! Les fibromyalgiques sont les plus motivés pour s'en sortir: même quand les médecins ne savent plus quoi faire de vous depuis des années, vous leur réclamez toujours une solution! Il y a des inconvénients à être nerveux: vous réagissez aux évènements de la vie quotidienne par des tensions musculaires permanentes. Ce n'est pas sans conséquence. Au fil des mois et des années, ces tractions continues sur les muscles et leurs attaches tendineuses finissent par perturber votre sensibilité: les tendons sont très riches en terminaisons nerveuses qui envoient en permanence à votre moelle épinière et à votre cerveau des informations: tonus des différents groupes musculaires, position des articulations. Ces informations génèrent automatiquement une réponse motrice adaptée: la contraction des muscles est ainsi en permanence corrigée pour que votre station debout reste une station debout, que votre tête reste droite sans que vous pensiez consciemment à la relever. Ces automatismes se mettent en place dans la petite enfance. En cas de fibromyalgie, ils sont perturbés: le signal de tension tendineuse excessive devient signal douloureux. Cela explique les points douloureux multiples au voisinage des articulations qui peuvent en imposer pour un rhumatisme.

Mais il y a d'autres conséquences: les dysfonctionnements vertébraux sont fréquents, les fameux "blocages" de vertèbres. Ils expliquent la grande diffusion des douleurs à l'ensemble du corps. Ce ne sont pas des douleurs musculaires. Le muscle a été étudié en long et en large et ne présente aucune anomalie dans la fibromyalgie. Il s'agit de névralgies d'origine vertébrale qui peuvent toucher n'importe quel territoire sensitif cutané voire peut-être viscéral. Ce ne sont pas des douleurs imaginaires. Il y a bien un dysfonctionnement vertébral mais pas de lésion, donc pas de cible pour un anti-inflammatoire ou un antalgique. Vous vous servez mal de votre squelette, à cause de tensions permanentes qui rendent le mouvement articulaire, souvent rapide chez vous, heurté et agressif pour les enveloppes très sensibles de ces articulations.

Le traitement doit éviter plusieurs écueils et ne peut démarrer que si vous avez pris un certain recul sur vos problèmes. Il est impossible si vous êtes encore persuadé qu'on s'est trompé sur votre maladie et qu'il y a "bien quelque chose", que les médecins n'ont pas vu. A l'inverse, il faut sortir du discours "psychisant" extrême tenu par certains. La fibromyalgie comporte un volet psychologique, votre personnalité et tout ce qui vous a "construit" ainsi, et un volet physique, les dysfonctionnements de votre appareil locomoteur. Sa prise en charge est un travail d'équipe, mais pas forcément de centre, plutôt de réseau: la confiance et les bons rapports personnels avec vos thérapeutes sont essentiels. La fibromyalgie n'est pas une maladie mais un cadre pour prendre en charge des problèmes avant tout individuels.

La psychothérapie a son rôle: vous aider à comprendre comment vous fonctionnez. On n'est pas nerveux et hypersensible par hasard. Sans relier directement la fibromyalgie aux traumatismes affectifs de l'enfance, la meilleure connaissance de pourquoi vous réagissez vivement aux agressions de votre environnement est très utile. Conseiller un type particulier de psychothérapie sort de notre domaine de compétence, mais ne vous découragez pas si vos premiers contacts sont difficiles. La psychanalyse convient mieux aux personnes qui s'intéressent spontanément à la psychologie et vont parfois trouver dans ce domaine une nouvelle orientation à leur vie. D'autres ont besoin d'être guidés de façon plus interventionniste, mais doivent décider eux-mêmes de l'assise à donner à leur vie, reconnaître leurs valeurs morales et bâtir un projet personnel.

Les traitements physiques sont importants. On conseille généralement les techniques orientées vers la détente musculaire: yoga, relaxation, gymnastiques orientales. Dans notre expérience, beaucoup de fibromyalgiques ont du mal à s'y intéresser: trop passives, ces techniques donnent l'impression de perdre leur temps aux hyperactifs. L'autre façon de détendre ses muscles est de les épuiser! Le fibromyalgique court toute la journée, mais ne fait pas forcément des efforts physiquement éprouvants. La fatigue est due à un épuisement nerveux. Si vous avez le courage de ressortir pour faire un peu de sport de loisir, vous vous apercevrez que vous avez encore des réserves physiques insoupçonnées. Vous pouvez envisager des activités soutenues: sports de raquettes, de ballons, d'endurance. Les activités de groupe et une ambiance charitable pour les débutants sont les éléments de la réussite. Le fibromyalgique a 2 écueils à franchir quand il n'est pas habitué aux activités sportives. Le premier et principal handicap est psychologique: Comment, avec toutes mes douleurs, pourrais-je faire la même chose que les autres? Si vous avez bien compris ce qu'est la fibromyalgie, vous pouvez répondre vous-même: il n'y a pas de lésion susceptible d'être aggravée si vous ignorez ces douleurs. Le second handicap est que vos douleurs sont réellement augmentées: vous expérimentez les difficultés de toute personne redémarrant une activité sportive, l'apprentissage du second souffle, mais ces douleurs initiales sont multipliées comme les autres par votre fibromyalgie. N'hésitez pas à vous "doper" avec des calmants avant et après l'effort pour passer le cap. Ils auront une meilleure efficacité ici que sur vos douleurs de fond.

Parmi les autres traitements physiques, les plus intéressants sont les manipulations vertébrales. Le fibromyalgique a généralement l'impression de perdre son temps avec les physiothérapies et n'apprécie guère le massage des zones hypersensibles.
Les traitements médicamenteux sont d'une efficacité modeste et non dénués d'effets secondaires. Ils sont un appoint. Les anti-inflammatoires sont à réserver aux crises. Vous saurez rapidement s'il existe une inflammation sur laquelle ils puissent agir: inutile de poursuivre un traitement inefficace au bout de quelques jours. Les antalgiques manquent également de lésion-cible. Ne les prenez que s'ils sont vraiment utiles. Les relaxants musculaires sont plus utilisés, sans doute davantage efficaces par leur effet anxyolytique et donc à conseiller seulement aux plus anxieux, car ils ont aussi un effet sédatif et "ralentisseur" intellectuel. Prenez-les à la demande, évitez les traitements permanents, ne les utilisez pas comme somnifères car votre sommeil deviendra rapidement dépendant de cette pilule. Les favoris dans la fibromyalgie sont les anti-dépresseurs, de la catégorie imipraminiques. Dans notre expérience, ils n'améliorent que les fibromyalgiques en phase dépressive. Ils ne sont pas un traitement de fond. Leurs effets secondaires (vertiges, bouche sèche, impression de ne plus être soi-même) risquent de vous décourager rapidement. Sachez tout de même qu'il faut minimum 2 à 3 semaines de traitement pour juger de leur bénéfice

En conclusion

Maladie la plus lacanienne dans sa formulation: le "mal-a-dit"... fibromyalgie. C'est beaucoup de choses à dire

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 23 Juin 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Je m'absente pour une huitaine de jours ; en effet, je vais à Bordeaux voir mes enfants et mes petites filles.

Je ferais de mon mieux pour continuer à mettre un article sur le blog.

Mais soyez indulgents avec moi.

Je vous en remercie par avance.

Belle journée et prenez soin de vous !!!

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 22 Juin 2010

Fibromyalgie et psychiatrie: y a t'il des liens et quels sont-ils? La question nous est souvent posée et fait l'objet de recherches actuelles. Nous souhaitons faire un modeste état des lieux basé sur une pratique clinique de psychiatrie de liaison en CHU.

La fibromyalgie est une nouvelle pathologie, articulée autour de deux symptômes cardinaux, la douleur musculaire et la fatigue. Elle est au carrefour de la modernité et elle est l’enjeu de discussions au sein de la communauté médicale. Les questions sont quotidiennement posées au médecin généraliste par des patients inquiets. Ils sont ensuite orientés vers le rhumatologue ou le rééducateur fonctionnel, le neurologue ou le psychologue et last but not least le psychiatre. C’est un sujet ouvert, quant à son origine, son étiologie, sa réalité factuelle puisque les bilans ne montrent aucune anomalie. Refusant de nous payer de mots, nous souhaitons approcher le coeur de la machine. La médecine était un Art mais au XIXème siècle, elle quitte le domaine artistique et veut devenir scientifique. L’absence de marqueurs objectifs biologiques ou radiologiques dans la fibromyalgie, renouvelle une prudence circonspecte. Enfin l’aspect médico-légal et la reconnaissance comme pathologie invalidante sont très discutés. Peu de psychiatres en réalité rencontrent ces patients. Notre expérience pluridisciplinaire au Centre d’Evaluation et Traitement de la Douleur du CHU de Montpellier, les nombreuses discussions avec mes confrères d’autres spécialités, nous poussent à ouvrir le débat sans tabou sans apriori ni dogme, dans le cadre de l’enseignement universitaire. Alors fibromyalgie et psychiatrie: quels sont les liens?

Au regard de l’histoire, la fibromyalgie, à l’inverse des autres pathologies, n’a pas d’historicité ancienne; c’est une maladie nouvelle voir quasiment anhistorique. Certes, elle était dénommée polyenthésopathie quelques années auparavant. Ce terme signifie « maladie des enthèses », c'est-à-dire ce lieu de transition histologique (tissulaire) entre l’os et le tendon, lieu d’attache intermédiaire, zone frontière, près de la border line. Elle est aussi appelée SPID Syndrome Polyalgique Diffus, parfois fibrosite.

L'OMS la reconnaît comme maladie rhumatismale « non spécifique » depuis 1992.

La prévalence est évaluée de 2 à 5 % de la population mondiale avec une prévalence de 3,4 % chez les femmes et de 0,5 % chez les hommes.

La définition est classiquement une représentation graphique des trois grâces.

Je ne reviendrais pas sur la description usuelle, la douleur diffuse depuis au moins 3 mois et les 11 des 18 points douloureux retrouvés à l’examen somatique. Par contre les symptômes secondaires sont intéressants pour le psychiatre. Les voici :

Troubles du sommeil: 85 à 90%, Asthénie: 89%, Troubles cognitifs: 87%, Syndrome anxiodépressif: 86%, Symptômes digestifs: 32% (Blotman: l’observatoire du mouvement, Novembre 2003)

Plusieurs pistes psychogéniques s’offrent au regard clinique du psychiatre : d’abord les liens entre fibromyalgie et hystérie, puis entre fibromyalgie et dépression, entre fibromyalgie et dysthymie et, enfin j’aborderai la neurasthénie de Beard.

 

1-Fibromyalgie et Hystérie

D’un point de vue clinique, les psychiatres et psychanalystes, avancent rapidement et (trop) facilement que la fibromyalgie est une expression moderne de l’hystérie. Le langage du corps et de la conversion hystérique épouse l’époque. Or l’époque est à la douleur. Le théâtre hystérique met donc en scène le corps fibromyalgique.

Pour parler d’hystérie, il faut opérer en deux temps. D’abord repérer la personnalité hystérique puis les symptômes de conversion. 

La personnalité hystérique. Depuis des années, j’utilise la clinique décrite par Lucien ISRAEL, et les six signes qu’il a décrit avec finesse et pertinence :

1. Théâtralisme
2. Séduction/érotisation
3. Suggestibilité
4. Perturbation des conduites sexuelles
5. Infantilisme
6. Mythomanie.

Mais l’hystérie a disparu de la nosographie, effacée depuis le DSM-III, elle est démembrée en personnalité histrionique et troubles somatoformes. Alors qu’elle était décrite depuis l’Antiquité égyptienne et grecque, les experts l’ont supprimé. Nous reconnaissons dorénavant la personnalité histrionique.

Il s'agit d'un mode général de réponses émotionnelles excessives et de quête d'attention, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

1. le sujet est mal à l'aise dans les situations où il n'est pas au centre de l'attention d'autrui
2. L’interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction sexuelle inadaptée ou une attitude provocante
3. Expression émotionnelle superficielle et rapidement changeante
4. Utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l'attention sur soi
5. Manière de parler trop subjective mais pauvre en détails
6. Dramatisation, théâtralisme et exagération de l'expression émotionnelle
7. Suggestibilité, le sujet est facilement influencé par autrui ou par les circonstances
8. Considère que ses relations sont plus intimes qu'elles ne le sont en réalité.

(American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996, 1056p)

Les distinctions sont subtiles mais je trouve la description sémiologique d’ISRAEL plus complète. Il aborde l’immaturité et les troubles sexuels sous-jacents. Les névroses ont disparus des classifications de maladies mentales DSM-IV et CIM 10. Il y a une discrète jubilation pour les thérapeutes à les voir resurgir sous d’autres aspects, ces entités soi-disant disparues. (La disparition des névroses annonçait-elle l’extinction des psys Old school ?)

Conversion hystérique et fibromyalgie : la fibromyalgie est-elle une forme moderne de troubles dissociatifs et de conversion ? Le terme de conversion a d’ailleurs survécu dans les manuels de DSM-IV et la CIM 10. «  Dans les années 70 j’étais spasmophile. Maintenant j’ai 54 ans et je suis fibromyalgique » me disait une patiente. L'Hystérique peut faire ce qu'on appelle une conversion somatique ou une conversation somatique car le symptôme de l'Hystérique est langage (cf. Etudes sur l’hystérie de Freud). Les algies hystériques peuvent intéresser n'importe quelle partie du corps. Sans substratum organique, elles résistent à tous les antalgiques et sédatifs habituels. Les céphalées sont actuellement si fréquentes, embarrassant le praticien qu'il faut se demander si elles ne sont pas la forme la plus moderne de la maladie.

La description des algies hystériques est impossible, car il y a autant de formes que de patients. Elles surviennent seules ou avec un cortège d'autres symptômes. Elles se résument en une plainte qui ici encore, entraîne le refus ou l'espacement des relations sexuelles.

Dans les formes sévères, nous trouvons un mode de vie et une identité entièrement structurés autour de la plainte douloureuse que je nomme Lamentum doloris.

La psychanalyse a beaucoup apporté à la compréhension des phénomènes de conversion. Les études explorant l’imagerie cérébrale de la conversion hystérique sont encore rares. Cependant elles montrent que les bases cérébrales de la conversion sont différentes de la simulation (Spence et al.2000). De même l’imagerie fonctionnelle de la fibromyalgie est récente. Dans les deux maladies, l’aire cingulaire antérieure est hyperactivée. Mais cette zone est également très impliquée comme projection corticale principale dans les processus de douleur chronique. Nous sommes encore dans la préhistoire de l’imagerie fonctionnelle et les pathologies se superposent sur des zones aux limites trop imprécises. Notons également que la psychothérapie -dont la psychanalyse- montre un déplacement de cette hyperactivation de la région antérieure vers la région postérieure de l’aire cingulaire. Le Tep Scan objective les modifications cérébrales d’une prise en charge psychothérapique. En conclusion, dans ma pratique, je n’ai pas souvent retenu le diagnostic d’hystérie de conversion pour des patients fibromyalgiques. La personnalité histrionique est rarement retrouvée.

 

2-Fibromyalgie et dépression

Il ya trois types de symptômes communs :

L’asthénie, les troubles du sommeil et les troubles cognitifs

Dans la fibromyalgie, les patients décrivent une impression de très mauvaise qualité de sommeil avec une sensation de sommeil léger, agité et rempli de nombreux rêves. La durée totale du sommeil est raccourcie mais la latence d’endormissement est normale ou légèrement raccourcie. Par contre il y a une carence chronique en sommeil lent profond (notamment absence de stade IV).

Dans la dépression, le réveil est précoce, le patient présente des difficultés d’endormissement lors de manifestations anxieuses associées. Il existe une diminution de la latence du sommeil paradoxal.

Les troubles cognitifs sont présents dans la fibromyalgie à type de ralentissement idéique, et de trouble de la mémoire de fixation.

Toutes les études confirment la fréquence plus élevée d’épisodes dépressifs majeurs (EDM) et d’antécédents d’EDM chez les patients souffrant de fibromyalgie par rapport à la population générale.

L’existence de symptômes de détresse morale contribue de manière essentielle au comportement de recherche de soins et au handicap fonctionnel, psychologique et social lié à la maladie.

La très grande proximité entre fibromyalgie et dépression peut conduire à l’idée d’une même pathologie, d’autant que les antidépresseurs sont le seul traitement efficace. Une autre piste est de considérer la fibromyalgie comme un syndrome résiduel de dépressions récurrentes.

Cependant certains auteurs persistent à séparer rigoureusement les deux entités, afin d’affirmer la réelle autonomie de la fibromyalgie et sa reconnaissance en tant que telle. Nous leurs laissons le choix de cet avis, sans le partager.

 

3-Fibromyalgie et dysthymie

La dysthymie est un terme psychiatrique encore peu connu du grand public et correspond à ce que l’on dénommait autrefois « dépression chronique ». La définition est la suivante :

La dysthymie est caractérisée par un état accablant et chronique de dépression, manifesté par une humeur dépressive la plupart du temps, pendant plus de jours que l'inverse, pendant au moins 2 années.

 La personne qui souffre de ce trouble ne doit pas avoir été pendant plus de 2 mois sans éprouver deux ou plus des symptômes suivants :

1-Faible appétit ou manger avec excès.
2-Insomnie ou hypersomnie
3-Faible énergie ou fatigue.
4-Faible estime de soi
5-Faible concentration ou difficulté à prendre des décisions
6-Sentiments de désespoir

Cette symptomatologie au long cours, invariante et monotone, durable et peu changeante, nous rapproche beaucoup de la fibromyalgie et nous éloigne pour le diagnostic différentiel de l’hystérie bruyante et labile, de l’épisode dépressif majeur de durée définie également réversible. La fibromyalgie comme la dysthymie sont des pathologies chroniques installées dans la durée. La plupart des psychiatres de liaison intervenant dans les services de rhumatologie, de rééducation fonctionnelle, d’algologie, au CHU de Montpellier, considèrent qu’il s’agit d’une seule et même pathologie. Il y a un abaissement considérable du seuil de la douleur dans certaines formes de dysthymie et cela recouvre en fait le champ de la plupart des fibromyalgies. Les projections corticales de la douleur et de la dépression sont très proches dans l'aire cingulaire antérieure. L'efficacité des antidépresseurs plaide également en faveur de cette hypothèse.

 

4-Fibromyalgie et Neurasthénie

Nous aurions pu nous arrêter là et conclure que fibromyalgie= dysthymie. Mais la relecture du psychiatre newyorkais le Dr George BEARD (1839-1883) et de sa description invention de la fameuse neurasthénie en 1868, nous a surpris par les points communs et l’actualité de son observation.

La neurasthénie de Beard :

1-Céphalées en casque « en galeatus »
2-Insomnie, cauchemars
3-Rachialgie et Hyperesthésie spinale avec plaques cervicale et sacrée, voir coccygodynie
4-Asthénie surtout matinale jusqu’à la clinophilie avec atrophie musculaire
5-Troubles dyspeptiques. Charcot dit: « L’affection de l’estomac complète le tableau »
6-Troubles de la sexualité: hyperexcitabilité génitale au début, éjaculation précoce: « Une simple course dans un omnibus mal suspendu sur le gros pavé des rues, détermine chez eux la turgescence du pénis pendant tout le trajet » puis impuissance. Chez la femme, perte du désir génésique voir dégoût
7-Asthénie psychique
8-Diminution de la mémoire
9-Indécision, aboulie
10-Préoccupations hypochondriaques

Si nous rappelons les symptômes secondaires de la fibromyalgie, évoqués au début de l’exposé,

Troubles du sommeil: 85 à 90%
Asthénie: 89%
Troubles cognitifs: 87%
Syndrome anxiodépressif: 86%
Symptômes digestifs: 32%

Nous constatons une superposition renouvelée entre la neurasthénie de Beard et la fibromyalgie. Il n’y a pas de découvertes, que des redécouvertes !

5-Douleur chronique et abus sexuel

Dans un effort psychopathologique, les études épidémiologiques mettent l’accent, à juste titre, sur les évènements de vie douloureux ou traumatiques vécus antérieurement. Dans la douleur chronique, les personnes ont très souvent vécu des situations traumatisantes avec le sentiment de ne pas pouvoir avoir d’aide ou d’espoir : « Helplessness », 

« Hopelessness ». Il y a parfois impossibilité psychique à établir un lien avec les traumatismes d’origine. (Wood et al. 1990)

Les femmes ayant des douleurs pelviennes chroniques ont fréquemment des antécédents d’abus sexuels (Walker et al. 1993)

Dans la fibromyalgie, l’anamnèse révèle souvent des antécédents d’abus sexuels, d’abus physiques, de traumatismes émotionnels violents ou encore de négligence par le parent (1997)

20 % de patients douloureux évoquent des abus sexuels de l’enfance avec une nette prévalence pour les femmes =39 %, hommes =7 %. (Wurtele et al. 1990).

Mon expérience au Centre Anti-Douleur du CHU de Montpellier, trace la permanence d’histoires de vie très perturbées, avec carence affective ou abandon, syndrome de négligence parentale, absence de holding (tenue, soutien) maternel, abus sexuels ou physiques etc.

 

6-Phrases de patientes

« J’ai la fibro-spasmo et bataquère…comme si on m’avait passé un rouleau compresseur »

« La fibromyalgie ça brûle partout, je suis intouchable, même les seins »

« C’est comme un essaim d’abeille qui me brûle et me pique souvent là ou des fois là; et je suis fatiguée surtout le matin »

« Quelque chose me grignote la nuit, plus que des fourmillements, le dessus des jambes, ça me brûle; c’est cette fameuse fibromyalgie. C’est amélioré par les teintures-mères de l’homéopathe ».

« J'ai des brûlures sur tout le corps, comme si j'avais un zona de la tête aux pieds.

 

Conclusion

Les liens entre fibromyalgie, dysthymie et neurasthénie sont patents. La fibromyalgie est considérée comme une maladie douloureuse chronique. En allant plus loin,c'est une maladie du système de contrôle de la douleur, en somme une maladie de la douleur, que je nomme algopathie. Le fameux seuil de la douleur chez un individu, est abaissé en raison d'une histoire de vie difficile, de stress, de tendances dépressives, d'accidents somatiques intercurrents etc. De plus, dans la fibromyalgie, il y a une hyperlexialgie: une augmentation inflationniste de la lecture de la douleur corporelle. Les deux néologismes que je propose, algopathie et hyperlexialgie, sont en concordance avec les données de l'imagerie cérébrale fonctionnelle.

Interrogeons-nous sur la question de la question (?) même de la fibromyalgie. Oui, elle est langage du corps et oui elle entre dans ce no mens land des « Troubles fonctionnels ». Elle peut en être un modèle. Alors faut-il donner un nom aux troubles fonctionnels ? Et pourquoi l’Homme a-t’il ce besoin de nommer ?

Depuis Aristote et Hippocrate, la taxinomie ou art de nommer, est le premier outil scientifique. La taxinomie se démocratise avec Internet, la transparence est de rigueur, autrefois le Lafrousse Médical était sur la cheminée ou dans la bibliothèque. L’usager doit savoir. Alors nous créons de nouvelles terminologies. Mais pourquoi nommer et désigner ? Le diagnostic médical sécurise. Face à la peur de mourir, il apporte un apaisement, une identification, une tribalisation du malade. Les sites web sur la fibromyalgie ont cette fonction. Plus généralement les forums médicaux sont des lieux d’échanges, d’informations, de solidarité, de soutien, de conseils, d’expressions, de réassurance et d’anxiolyse. Le site Internet est le nouveau totem de tribus. Mais pour le professionnel, le diagnostic psychiatrique est réducteur. Il entrave le travail psycho-dynamique car nommer c’est réduire et limiter, faire une médecine jivaro. Faut-il dire à une patiente fibromyalgique, que son problème est psychologique ? Et l’envoyer chez le psy au forceps? Nous sommes au cœur d’une alternative : l’interprétation et la proposition peuvent être vécues comme une libération et une ouverture ou comme une intrusion et un inaudible intolérable. « On me dit que je suis pour le psy, mais je ne suis pas folle, j’ai vraiment mal partout, et en plus on ne me croit pas ! ».

Les philosophes grecs nous ont transmis une grande sagesse dans l’appréhension de la douleur. Le poète latin Ovide, en exil loin de Rome nous dit : « Accueilles ta douleur, tu apprendras d’elle ».

 

Dr Fabrice LORIN
Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur
Hôpital Saint Eloi
CHU de Montpellier

 

Article collecté le 22 juin 2010 sur le site :

http://www.psychiatriemed.com

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 20 Juin 2010

L'excès de nociception, autrement dit les douleurs trop intenses, en rhumatologie, est susceptible d'être traité, dans certains cas seulement, en utilisant des antiépileptiques.

 

Élaborés au départ pour traiter les crises d'épilepsie, les médicaments antiépileptiques se sont avérés rapidement efficaces pour traiter certaines douleurs que les médecins qualifient de neuropathiques. Par la suite, ces molécules ont apporté à certains patients, au cours de la fibromyalgie, un grand soulagement durable.

Le plus souvent, au cours de la fibromyalgie, les douleurs, plus précisément le phénomène douloureux ou nociceptif, ne répondent pas aux traitements par antalgiques (antidouleurs) habituellement utilisés tels que le paracétamol, l'aspirine, la codéine et les dérivés de la morphine. Les anti-inflammatoires ne sont pas non plus efficaces. C'est la raison pour laquelle les antiépileptiques sont prescrits même si habituellement ils sont réservés aux douleurs de type neuropathique (par atteinte réelle du tissu composant les fibres nerveuses).

Récemment, le centre d'étude de la douleur en rhumatologie (le CEDR) a proposé une série de recommandations établies à partir des effets thérapeutiques concernant les antiépileptiques dans les douleurs en rhumatologie. Différentes études contrôlées permettent de démontrer l'intérêt des antiépileptiques dans certaines affections rhumatologiques telles que la lombalgie, la lambosciatique et surtout la fibromyalgie.

Il existe deux générations d'antiépileptiques. Les plus anciennes ne doivent plus être prescrites. Ce sont des médicaments qui appartiennent à la nouvelle génération d'antiépileptiques, tels que le topiramate (Epitomax), la gabapentine (Neurontin) ou prégabaline (Lyrica), qui doivent être privilégiés. Il s'agit de molécules ayant le plus souvent une bonne efficacité pour traiter la fibromyalgie (entre autres). Il est nécessaire de savoir d'autre part que les antiépileptiques n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché en ce qui concerne la fibromyalgie. Ces médicaments sont utilisés pour cette indication de manière empirique.

Néanmoins, certains patients n'observent aucune amélioration de leur symptomatologie (des signes qu'ils présentent). C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de changer d'antiépileptique. En effet, un antiépileptique effîcace chez un individu atteint de fibromyalgie n'est pas automatiquement efficace chez un autre. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de le changer de famille d'antiépileptique.
C'est le patient lui-même qui donnera des renseignements sur l'efficience du médicament. Ainsi, la quantité d'antidouleurs associés et d'autres produits susceptibles d'agir sur le sommeil, pris par le patient, doit, en toute logique, diminuer, si l'antiépileptique est efficace.

Un antiépileptique ne doit pas être prescrit de n'importe quelle manière.
Il est tout d'abord nécessaire de commencer la prescription par de petites doses puis d'augmenter les doses, progressivement et avec prudence surtout chez les personnes âgées (sachant que la fibromyalgie touche rarement les personnes âgées). Il en est de même pour le patient atteint d'insuffisance de fonctionnement du foie et des reins, pour lesquelles certaines précautions de prescription doivent être prises.
L'association d'un antiépileptique avec d'autres substances sédatives n'est pas souhaitable surtout chez la personne âgée. En effet, il existe un risque d'induction des troubles de la vigilance, de l'équilibre et du comportement du patient.

Les antiépileptiques peuvent éventuellement être associés aux antidépresseurs, mais cela n'est pas souhaitable. L'association d'antalgiques (antidouleurs) avec un antiépileptique doit être prudente surtout quand il s'agit d'un antalgique de niveau 3, c'est-à-dire contenant des dérivés morphiniques.

Il est n'est pas souhaitable, voire dangereux, de prescrire deux antiépileptiques en même temps.

Certains patients présentent des effets secondaires aux antiépileptiques : il s'agit essentiellement des signes cutanés à type d'allergie ou de rougeurs, ce qui nécessite l'arrêt du traitement.

Au début de la prise d'un antiépileptique le patient constate le plus souvent des nausées, des vertiges, une somnolence. Ceci ne doit pas empêcher de poursuivre le traitement et d'augmenter les doses,sous contrôle médical bien entendu. Ces effets secondaires, la plupart du temps, disparaissent avec le temps.

La grossesse et l'allaitement sont des contre-indications à l'utilisation de ce type de médicament.

Après plusieurs mois (généralement quatre à six mois) d'utilisation des antiépileptiques, quand le traitement s'avère efficace, il est possible de diminuer progressivement les quantités en réévaluant régulièrement la douleur. Dans tous les cas, l'arrêt ne doit jamais être brutal mais progressif. En effet, il existe une possibilité de syndrome de sevrage comme avec la majorité des médicaments.

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 19 Juin 2010

Les propriétaires occupants peuvent bénéficier de subventions de l’Agence nationale de l’habitat Anah pour adapter leur logement et réaliser des travaux d’accessibilité.

Ces subventions ne sont toutefois accordées qu’aux propriétaires qui ne dépassent pas un certain montant de ressources. Celui-ci a été actualisé pour l’année 2010.

À Paris

- ménage composé d’1 personne : 21 544 €
- ménage composé de 2 personnes : 31 619 €
- ménage composé de 3 personnes : 37 975 €
- ménage composé de 4 personnes : 44 342 €
- ménage composé de 5 personnes : 50 729 €
- par personne supplémentaire : 6 375 €

En province, le plafond de ressources

- ménage composé d’1 personne : 17 211 €
- ménage composé de 2 personnes : 25 172 €
- ménage composé de 3 personnes : 30 271 €
- ménage composé de 4 personnes : 35 366 €
- ménage composé de 5 personnes : 40 482 €
- par personne supplémentaire : 5 098 €

Pour aller plus loin, consultez la brochure intitulée Personnes handicapées : l’accessibilité au logement et la circulaire n° C-2009-02 du 23 décembre 2009relative aux plafonds de ressources applicables en 2010 pour les propriétaires-occupants bénéficiaires de subventions de l’Anah.

Source : Minsitère du développement durable

Article collecté le 13 avril 2010 sur le site :

http://unelouvecombat.canalblog.com/archives/2010/04/13/17562563.html

 

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Publié le 18 Juin 2010

La  recherche du repos passerait même avant la douleur.

L’une des caractéristiques, déjà évoqué ici est l’épuisement tel qu’il empêche de dormir.

Plusieurs techniques sont utilisées par les fibromyalgiques avec plus ou moins de bonheur afin de remédier à cet état.

Certains essaient de s’épuiser physiquement en espérant dormir.

D’autres se tournent et retournent dans leur lit, souffrant mille maux physiques, en espérant dormir.

D’autres essaient de dormir dès qu’ils en éprouvent le besoin.

En définitive la solution pourrait venir d’une simple sieste, courte, en milieu de journée, afin de reconstituer les batteries, sans trop dormir cependant pour éviter l’éveil en milieu de nuit.

http://www.lefigaro.fr/sante/2010/04/25/01004-20100425ARTFIG00239-pour-mieux-apprendre-faites-la-sieste-.php

L’article est consacré à l’apprentissage en dormant (merci Le meilleur des mondes de Huxley), mais peut s’avérer utile pour les fibromyalgiques.

 

 

Articles collecté le 18 juin 2010 sur le site :

http://www.lefigaro.fr

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