Automédication de la douleur

Publié le 15 Octobre 2013

 

La douleur est le symptôme qui se prête le plus à l'automédication. Mais quelques règles doivent être connues pour ne pas prendre de risque. A l'heure où les pouvoirs publics ont pris le parti d'encourager l'automédication, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a édité une brochure récapitulant les précautions à observer.

La douleur signal d'alarme

La première précaution tient au caractère de signal d'alerte de la douleur, qui peut révéler une maladie ou une lésion grave. Certaines caractéristiques de la douleur doivent conduire à consulter rapidement un médecin. C'est le cas si celle-ci est brutale et intense, si elle paraît inquiétante, profonde (le point de côté d'une pneumonie, la douleur d'une appendicite), si elle revient régulièrement toujours à la même place, ou s'accompagne d'autres symptômes comme une forte fièvre, une impression de malaise général, un gonflement. Dans ces cas, un diagnostic précis est nécessaire pour mettre en oeuvre un traitement spécifique. 

Trois familles de médicaments antalgiques

Sous réserve d'appliquer ces précautions, de nombreuses douleurs peuvent être traitées en automédication, qu'il s'agisse de maux de tête, de douleurs arthrosiques ou de règles douloureuses. Cependant si les douleurs se répètent, il est préférable de consulter un médecin pour appliquer un traitement plus efficace.

Trois types de médicaments, dits de palier 1, parce qu'ils sont moins puissants, peuvent être utilisés en automédication :

  • Le paracétamol est recommandé par l'Afssaps pour la majorité des douleurs, car il comporte moins de précautions d'emploi et d'effets secondaires que les autres antalgiques. Il existe sous des formes variées (comprimés effervescents, gélules poudre suppositoires...) et à différents dosages (500 mg, 600 mg, 1000 mg). La posologie chez l'adulte est de 500 à 1000 mg par prise, à renouveler en cas de besoin au bout de 4 heures au minimum, sans dépasser 3 g/j. Eventuellement la dose peut être augmentée à 4 g/j.
    A noter : le paracétamol est peu efficace sur les migraines. Il est contre-indiqué en cas d'allergie au paracétamol et de maladie grave du foie. En revanche c'est le seul antalgique de palier 1 qui peut être pris durant la grossesse et l'allaitement. Attention : si le paracétamol est bien toléré, en revanche un surdosage peut être grave et il faut faire attention à la présence possible de paracétamol dans différentes spécialités.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être pris en traitement de courte durée (pas plus de 5 jours). Ils sont contre-indiqué en cas d'allergie aux AINS et à l'aspirine, d'ulcère gastrique ou duodénal, de maladie grave du rein, du foie et du coeur, et à partir du sixième mois de grossesse. Ces médicaments sont déconseillés en cas de varicelle et durant l'allaitement. En cas de traitement anticoagulant, ils ne doivent être pris qu'après avis médical, car ils augmentent le risque d'hémorragie.
    Les AINS disponibles en automédication sont l'ibuprofène (200 mg ou 400 mg par prise, à ne pas renouveler avant 6 heures, sans dépasser 1 200 mg/j, chez l'adulte), le kétoprofène (25 mg par prise, sans dépasser 75 mg/j) et le naproxène (220 mg par prise, sans dépasser 660 mg/j).
  • L'aspirine (acide acétyl-salycilique) a les mêmes contre-indications que les AINS, auxquelles s'ajoutent les maladies hémorragiques puisqu'elle augmente les saignements. De ce fait, elle n'est pas recommandée pour les règles douloureuses et doit être évitée en cas de rage de dents ou si une intervention chirurgicale est prévue. Une prise, même unique, doit être signalée au chirurgien ou au dentiste. Enfin, l'aspirine, comme les AINS, peut entraîner des troubles digestifs. Ces traitements doivent être arrêtés et un médecin consulté rapidement en cas de rejet de sang par la bouche, de sang dans les selles ou de selles noires. Il en est de même en cas de crise d'asthme ou d'éruption cutanée, qui peuvent être le signe d'une allergie. La posologie de l'aspirine est de 500 mg à 1 g par prise, à renouveler éventuellement après 4 heures, sans dépasser 3 g/j (2 g/j chez les personnes âgées).

Certaines spécialités disponibles sans ordonnance associent paracétamol et codéine à faible dose. Elles ne doivent être utilisées qu'en seconde intention, si les autres médicaments ne sont pas suffisamment efficaces. La codéine a l'inconvénient de pouvoir entraîner une somnolence (attention à la conduite) et doit faire éviter l'alcool. Elle est contre-indiquée en cas d'asthme et de maladies respiratoires, d'allergie à la codéine et d'allaitement.
D'autres médicaments prescrits sur ordonnance peuvent être consommés à la demande, selon les indications du médecin. Les médicaments de la migraine sont un des exemples les plus courants de cette automédication sous contrôle. Lorsque certaines douleurs sont coutumières (règles douloureuses, douleurs arthrosiques, côlon irritable), il est préférable d'établir ainsi avec son médecin les médicaments à prendre au moment des crises.

Automédication de la douleur : mode d'emploi

Dans tous les cas, il faut lire attentivement la notice avant de prendre un médicament et ne pas hésiter à demander conseil au pharmacien ou au médecin au moindre doute. Des erreurs peuvent venir du fait que les antalgiques sont commercialisés sous de nombreuses appellations différentes et font parfois partie d'associations. Attention à ne pas prendre deux fois le même médicament sans le savoir et de ne pas associer AINS et aspirine. Le mieux est de montrer au pharmacien ses traitements en cours pour être sûr de ne pas dépasser les doses recommandées et d'éviter des associations dangereuses.
La plupart des médicaments n'atteignent pas leur pleine efficacité avant une heure. Il faut donc savoir être patient et ne pas multiplier les prises de diverses spécialités. Enfin, il est tout à fait déconseillé de se soigner en automédication avec un médicament vendu sur ordonnance, prescrit à une autre personne ou à une autre occasion. Ces médicaments peuvent entraîner des effets secondaires ou avoir des contre-indications qui imposent une prescription médicale.

Dr Chantal Guéniot - Créé le 15 septembre 2008 
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Article collecté sur le site :
http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/douleur/articles/12594-douleur-automedication.htm   
Edité le 15 octobre 2013 par, 
       
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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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