Compte rendu de la conférence du jeudi 11 avril 2013 à Nantes

Publié le 27 Avril 2013

 

 

 

C'est dans le cadre des conférences sur la douleur jusqu'en juin 2013, que le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) a organisé, le jeudi 11 avril 2013 une conférence sur la douleur chronique afférente à la fibromyalgie.


Le CNAM dispense des formations en personnel de santé depuis 1995.


Cette conférence était animée par le Dr SUAREZ Alcira,  médecin algologue à la clinique Brétéché de NANTES.


Le centre de la douleur de la clinique Brétéché existe depuis 1996 (labellisé en 1999) et regroupe une équipe médicale ainsi qu'une équipe para-médicale multidisciplinaire.


La fibromyalgie est reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 1992 comme pathologie réelle et reconnue sous la codification M. 79.7.


La fibromyalgie est la maladie du "mal partout".


La prévalence de la maladie, en France,  concerne 2 % de la population avec une grande prédominance féminine : 3 femmes pour 1 homme.


L'existence d'états douloureux chroniques et sans explication plausible est connue de longue date, car c'est en 1901 que le Neurologue anglais William GOWER propose le terme de fibrosite à un ensemble de symptomes.


Le terme de fibromyalgie (sur le plan international) est utilisé depuis 1976 et le professeur Marcel Francis KAHN, rhumatologue,  a contribué à faire connaître en France ce syndrome depuis les années 80 : voir le site www.rhumatonet.fr. :


"Initialement d'allure psychosomatique, la fibromyalgie est définie comme pathologie de dysfonctionnement des voies de la douleur nociceptives et neuropathiques (ce n'est donc pas dans la tête... !)"


Anomalies des neuromédiateurs : faibles taux de sérotonine, dopamine, noradrénaline, substance P. Les neuromédiateurs agissent sur le sommeil et mettent le muscle au repos.


PRESENTATION CLINIQUE 


- Une triade de symptomes :

  • Douleurs diffuses
  • Fatigue chronique
  • Troubles du sommeil

à laquelle sont associés des symptomes secondaires dont notamment :


- le colon irritable, la vessie irritable, le syndrome des jambes sans repos, les douleurs de l'articulation temporo mandibulaire, les dysménorrhées, les céphalées et migraines, troubles de la mémoire et  difficulté de concentration, les troubles également de l'anxiété,

ou la dépression : la fibromyalgie peut entraîner une dépression réactionnelle eu égard aux douleurs persistantes ; mais une authentique dépression ne doit pas être confondue avec une  fibromyalgie


 l'on constate également des anomalies des neuromédiateurs (taux très faibles) : sérotonine, dopamine, noradrénaline (les neuromédfiateurs agissent sur le sommeil et mettent le muscle au repos).


Douleurs diffuses :

  • D'une durée de plus de 3 mois 
  • Il s'agit de douleurs diffuses bilatérales, haut et bas du corps et rachis
  • Il existe une hyperalgésie (perception anormale de l'intensité de la douleur)
  • Ou allodynie (perception anormale de la douleur qui fait qu'un stimuli normalement indolore peut être perçu comme douloureux)
  • Ressenties différemment selon chaque personne (il n'y a pas une fibromyalgie, il y a des fibromyalgies)
  • S'aggravent à l'effort et pendant les périodes de stress, rendant les activités quotidiennes fastidieuses

La mémoire de la douleur :


Le Dr SUAREZ nous a expliqué que notre corps avait une mémoire de la douleur qu'elle a comparée à une "bibliothèque" dans laquelle sont emmagasinées certaines périodes pénibles, se traduisant par des douleurs et qu'à un moment donné notre corps n'arrive plus à gérer toutes ces douleurs.


Fatigue chronique :

  • Avec la douleur, c'est le symptome le plus constant, dont les causes sont également très diverses
  • Elle est souvent intense le matin et peut survenir au moindre effort et variable d'un jour à l'autre
  • Il s'agit d'une "sentation de perte totale des forces" et de fatigabilité ayant un retentissement social et professionnnel

Troubles du sommeil :

  • Sommeil  peu ou pas réparateur,  l'on se réveille aussi fatigué voire davantage qu'au moment du coucher
  • Sommeil souvent agité avec périodes d'insomnie

FACTEURS DECLENCHANTS 

  • Traumatismes physiques (accident, chirurgie, etc...)
  • Maladies graves
  • Infections virales (VIH - hépatites) ou bactériennes (maladie de Lyme)
  • Traumatismes psychologiques (stress, deuils, déception, etc...)
  • Syndromes douloureux périphériques (maladies inflammatoires et auto-immunes, agodystrophie, etc...)

GENETIQUE

  • A ce jour, il n'y a pas de composantes génétiques connues

DIAGNOSTIC 

  • Il est clinique et établi par l'élimination d'autres pathologies ; les examens biologiques et radiologiques ne permettant pas de détecter la fibromyalgie, il n'y y notamment aucun signe inflammatoire
  • Les causes précises ne sont toujours pas identifiées

- Examens complémentaires :

  • L'IRM fonctionnelle qui permet de déceler des anomalies fonctionnelles du cerveau et démontre les anomalies de la transmission, de la perception, de la modulation et de l'intégration de la douleur
  • Ponction lombaire

PRISE EN CHARGE


- L'origine de la douleur n'étant pas connue aujourd'hui il n'y a donc pas de traitement spécifique.

- Le médecin traitant est apte à faire un bilan, établir un projet et choisir le traitement selon les symptomes de son patient, en collaboration avec les différents spécialistes.

- Un accompagnement psychologique doit être envisagé car le patient souffre d'anxiété :

 * Il a une apréhension de l'avenir et des craintes concernant les répercussions de ce syndrome douloureux au quotidien et doit également affronter le regard de l'entourage car la fibromyalgie a également la caractéristique d'être "invisible"

Les recommandations de l'EULAR (Ligue Européenne de Lutte contre le Rhumatisme - cet Organisme rédige des recommandations pour aider les praticiens et malades dans la prise en charge de la maladie) sont les suivantes :

- Une évaluation de la douleur en prenant en compte le contexte psycho-social avec une approche multidisciplinaire :

- Traitements non médicamenteux :

  • La balnéothérapie (bains, exercices)
  • La kinésithéraphie (réadaptation à l'effort, exercices, étirements, massages légers, etc...)
  • Les thérapies cognitives et comportementales (sophrologie, relaxation, hypnose)
  • L'exercice physique : il ne s'agit nullement de sport, il peut s'agir de la marche notamment, mais toujours au rytme du patient et en fonction de son état de santé

 - Traitements médicamenteux :

  • Anti-douleurs (paracétamol, tramadol)
  • Les antidépresseurs à dose faible améliorent la qualité du sommeil et diminuent la douleur
  • Les inhibiteurs de recaptage de la sérotonine et noradrénaline (Cymbalta, Effexor)
  • Les anti-épileptiques (Lyrica, Neurontin)
  •  La morphine (opioide fort) doit être prise ponctuellemlent et à faible dose
  • La kétamine (anesthésiant) en perfusion : ne peut être dispensée qu'en centre hospitalier et dans le cadre d'un protocole
  •  (les anti-inflammatoires sont inefficaces)

 CONCLUSION 


- La fibromyalgie est une réalité clinique une fois éliminées les autres affections, avec des causes multiples.

- Elle a des répercussions sur la qualité de vie du patient (tant sociale que familiale ou professionnelle).

- Elle nécessite une prise en charge globale avec une approche multidisciplinaire dans un projet thérapeuthique individualisé (le patient doit pouvoir mettre un nom sur ses symptomes de façon à s'investir dans un  projet de vie adapté à la fibromyalgie).

  

Prochaine conférence au CNAM le jeudi 16 mai 2013 de 18 H 30 à 20 H


la douleur : méthodes non conventionnelles : hypnose, sophrologie, acupuncture, et...


 

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Article collecté sur le site de mon amie Fleur14 que je remercie infiniment :

http://fleur14.canalblog.com/

 

Edité le 27 avril 2013 par,

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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