Conférence de lancement de la campagne Handinamique. Discours de Roselyne Bachelot pour conclure la 2è partie. 16 novembre 2011

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

smiley merci

OUI, MERCI MADAME LE MINISTRE,

C'EST CHOUETTE CE QUE VOUS FAITES POUR LES HANDICAPES !

 

"Je suis très heureuse de me trouver ici aujourd’hui pour lancer avec vous le programme Phares – « Par-delà le Handicap, Avancer et Réussir des Etudes Supérieures ».

Comment, par-delà le handicap, avancer et réussir des études supérieures ? Il s’agit là d’un enjeu majeur, surtout lorsque l’on sait le faible niveau de formation des personnes handicapées et leurs difficultés à s’insérer professionnellement.

Avoir un emploi, ce n’est pas seulement participer à la création de richesses dans son pays.

Avoir un emploi, c’est avoir une place dans la société et se sentir utile pour soi-même comme pour les autres.

Nous le savons bien, la valeur travail est au cœur de notre pacte social.

Et ne nous y trompons pas : les personnes en situation de handicap ne veulent pas être considérées comme des personnes assistées.

Ce qu’elles réclament, ce n’est pas l’AAH au niveau du SMIC !

Ce qu’elles revendiquent, et à juste titre, c’est le droit de pouvoir travailler, comme vous, comme moi, comme chacun d’entre nous.

A cet égard, nous avons d’ores et déjà fait des progrès significatifs :

Ainsi, le taux d’emploi dans le secteur privé devrait s’établir à 2,9 % en fin d’année, contre 2,3 % en 2006. Dans le secteur public, il approche les 5%.

Le nombre des entreprises n’employant aucun travailleur handicapé a diminué de 93 % entre 2008 et 2010 et 49 % des entreprises dépassent déjà le taux de 6 %.

Pour autant, force est de le constater : ces progrès restent fragiles et constituent pour nous une puissante invitation à poursuivre nos efforts.

*****

Sur ce chantier, le Gouvernement est plus que jamais mobilisé (I).

Lors de la conférence nationale du handicap qui s’est tenue le 8 juin dernier, nous avons lancé un pacte pour l’emploi de 3 000 places dans les entreprises adaptées. Nous avons également pris un certain nombre d’autres mesures importantes :

  • l’intégration des jeunes handicapés comme public prioritaire des contrats d’objectifs et de moyens 2011-2015 relatifs à l’apprentissage entre l’Etat et les Conseils régionaux ;
  • l’inclusion, dans les conventions d’objectifs du service public de l’orientation, d’une mission spécifique en matière d’insertion professionnelle auprès des jeunes handicapés.

Par ailleurs, nous voulons faciliter l’accès des étudiants handicapés à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), afin d’encourager leur accueil en stage par les entreprises.

En la matière, l’Etat se doit d’être exemplaire. C’est pourquoi le 1er ministre a lancé par ailleurs un plan de recrutement de 7 000 travailleurs handicapés d’ici à 2013 dans la fonction publique d’Etat.

*****

Au-delà, nous le savons bien, ce n’est pas lorsque les personnes handicapées arrivent sur le marché du travail qu’il faut s’en préoccuper, c’est bien en amont (II) !

A cet égard, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais je veux le répéter : l’école joue un rôle central.

C’est l’école qui ouvre l’avenir aux enfants handicapés. C’est l’école qui leur permet une socialisation réussie et épanouissante. En un mot, c’est l’école qui fait d’eux des enfants comme les autres.

C’est pourquoi le Président de la République a pris des engagements très forts lors de la conférence nationale du handicap pour qu’aucun enfant ne soit sans solution ou encore pour professionnaliser les auxiliaires de vie scolaire.

Là aussi, nous avons fait des progrès considérables : 214 600 enfants handicapés sont scolarisés cette année, ce qui représente 13 212 enfants de plus que l’année dernière.

Ces progrès, nous les devons à l’implication exemplaire du ministère de l’Education nationale et c’est avec beaucoup de chaleur que je veux saluer ses représentants ici présents.

A la rentrée 2011, ce sont 41 584 ETP qui sont affectés à l’accompagnement des enfants handicapés, soit 10 000 de plus qu’en 2010 !

En 2012, le budget de l’Education nationale consacré aux enfants handicapés augmentera encore de 30 %. Il s’élèvera ainsi à 450 millions d’euros contre 350 millions d’euros en 2011.

*****

Pour relever les défis du handicap, au-delà de la nécessité pour l’Etat d’être exemplaire, c’est la société civile dans son ensemble qui doit se mobiliser de manière durable (III).

Je crois d’ailleurs qu’elle y est prête.

Pour s’en convaincre, il n’est qu’à observer, par exemple, le phénomène de société que constitue le film Intouchables, qui crève actuellement les écrans !

Mobiliser la société civile donc, à commencer par les entreprises et les grandes écoles.

C’est pour moi l’occasion de rendre ici un hommage appuyé à leur engagement, en présence de leurs très nombreux représentants.

Ces entreprises et ces grandes écoles font ainsi la preuve éclatante, si besoin en était, que le handicap n’interdit pas la compétence et que les personnes handicapées sont une source de richesse pour l’entreprise et ses équipes.

Faire appel aux personnes handicapées, ce n’est pas un acte de charité ; c’est un pari gagnant !

*****

Alors, très concrètement, où en sommes-nous aujourd’hui ? (IV)

Pour employer une image, je dirais que nous sommes au milieu du gué : les progrès existent et ils sont réels, mais il reste cependant encore du chemin à parcourir.

Alors, je le sais, d’aucuns ont pu exprimer des doutes ou des interrogations sur la pertinence de notre dispositif.

Dans ces conditions, faut-il renforcer les obligations des entreprises ?

Je ne le crois pas.

Je ne pense pas, en effet, que la contrainte soit la seule manière d’améliorer l’emploi des personnes handicapées.

Certes, elle a joué un rôle d’aiguillon et de catalyseur pour faire prendre conscience aux entreprises qu’elles devaient s’ouvrir à la différence.

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de cela.

Aujourd’hui, nous devons poursuivre nos efforts dans deux directions principales.

D’abord, la formation des personnes handicapées.

Alors que les recettes de l’AGEFIPH commencent à baisser – et nous avons tout lieu de nous en réjouir, puisque cela traduit une implication grandissante des entreprises –, nous devons faire preuve d’innovation pour optimiser et pérenniser les financements.

Lundi, lors du colloque d’ouverture de la semaine pour l’emploi, j’ai entendu un chef d’entreprise proposer que l’on mette en place un « 6 % formation », qui constituerait en quelque sorte le pendant à l’obligation d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés. Cela permettrait d’inciter les financeurs de la formation à consacrer 6 % de leurs budgets pour la formation des personnes handicapées. C’est une idée intéressante que nous devons creuser.

Améliorer la formation des personnes handicapées, donc, mais aussi renforcer la communication pour faire évoluer les représentations du handicap et promouvoir une vision positive des personnes handicapées – c’est sans doute l’une des raisons du film dont je vous parlais il y a un instant.

Là encore, je compte sur vous toutes et vous tous.

Car, j’en suis convaincue depuis fort longtemps, quand les chefs d’entreprises le disent aux chefs d’entreprise, quand des étudiants le disent à des étudiants, c’est beaucoup plus efficace !

Cette semaine pour l’emploi des personnes handicapées contribue activement à faire évoluer les mentalités.

Le programme PHARES participe aussi de cet enjeu et j’y suis extrêmement sensible.

Pour jouer tout son rôle, le Gouvernement a souhaité la mise en œuvre :

  • d’une journée de sensibilisation dans les écoles, chaque 3 décembre ;
  • le lancement du festival de longs métrages sur le handicap, à Saint Gilles Croix de vie, en mars prochain.

J’ajoute que je lancerai le mois prochain une campagne de communication dans la presse pour promouvoir une vision positive sur le handicap.

Enfin, le député Jean-François Chossy me remettra début décembre ses propositions pour faire évoluer notre regard sur les personnes en situation de handicap.

Je crois que c’est ainsi que nous avancerons, par la volonté de toutes et de tous.

D’autant que – et je conclurai là-dessus –, la politique du handicap n’est pas une politique catégorielle.

Faire progresser les droits des personnes handicapées, c’est faire progresser les droits de tous !

Une entreprise qui s’ouvre à la différence, une entreprise qui met en place une organisation du travail permettant d’accueillir un collaborateur handicapé, une entreprise qui raisonne en termes de « performance collective » et non seulement en termes de performance individuelle, c’est une entreprise qui donne finalement sa place à chacun pour le bénéfice de tous !

C’est aussi à cette capacité de donner une place à chacun, précisément, ne l’oublions pas, que s’apprécie le degré de civilisation d’une société."

 

Article collecté sur le site :

http://www.solidarite.gouv.fr/actualite-presse,42/discours,44/conference-de-lancement-de-la,13937.html

 

Edité par Evy,

Evy - signature animée Titi


Publié dans Législation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article