CONFERENCE « LA DOULEUR, PARLONS-EN »

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Mal cervicales14 AVRIL 2011
CENTRE DE PREVENTION « PIRANDELLO » - PARIS (13EME)
Le Dr Philippe Couck fait une brève présentation du Centre de Prévention « Pirandello » financé par certaines
caisses de retraites complémentaires. Ce centre propose un parcours de prévention sur l’année avec un bilan
d’évaluation initiale qui peut être tant sur le bilan mémoire que sur des ateliers nutritionnels, prévention des
chutes, remise en forme, etc. ; ce centre organise régulièrement des conférences à raison d’environ une par
mois.
Le thème de la conférence d’aujourd’hui est sur la « douleur ». La douleur affecte 46 % de la population ; sont
appelées douleurs chroniques des douleurs qui persistent au-delà de 3 mois. Ces douleurs chroniques
lorsqu’elles ne sont pas bien prises en charge au fil des années ont des conséquences sur l’activité physique,
l’humeur mais également sur la mémoire et peuvent devenir aussi un facteur de risque de chutes.
Dans les consultations de prévention dans ce centre, il s’est avéré que la douleur chronique était un sujet
important de santé publique. 40 % des personnes qui viennent dans ce centre reçoivent des recommandations
pour une meilleure prise en charge de la douleur chronique.
La douleur est subjective et parfois laissée de côté par le corps médical qui se fait une opinion sur la résistance
de chacun à la douleur. De plus, sont souvent prescrits des antalgiques, psychotropes, etc. dont l’actualité
médicale et pharmaceutique ne donne pas toujours un climat de confiance.
Cette conférence a été possible avec la collaboration de l’AFLAR (Association Française de Lutte
AntiRhumatismale), représentée par Mme Monique DUMONT, trésorière adjointe qui s’investit beaucoup pour
cette association.
Un petit rappel sur l’AFLAR créée en 1928, association reconnue d’utilité publique en 1937, tenue par des
bénévoles, des patients et des professionnels de la santé.
L’AFLAR a pour but d’améliorer la qualité de la vie des malades, les informer eux mais aussi leur entourage et
surtout être présente sur le plan national et international.
La douleur n’est pas une fatalité et remonte à la nuit des temps. Les médecins cherchent par tous les moyens à
la combattre car la douleur affaiblit et anéantit rapidement une personne. Elle a par ailleurs beaucoup de
conséquences émotionnelles, professionnelles, économiques et sociologiques. Depuis 20 ans, la douleur est
mieux prise en compte et mieux traitée mais malgré tout avec une prise en charge insuffisante tant en France
qu’ailleurs.
En 2002, la loi relative aux droits du malade et à la qualité du système de santé a obtenu le soulagement de la
douleur comme un droit fondamental de toutes les personnes.
En 2004, la loi l’a inscrit dans ses 100 objectifs de santé publique et cet engagement constitue un critère
d’évolution de notre système de santé.
Notre système sensitif nous permet par la douleur de détecter les dangers potentiels, douleur physique,
sensorielle mais aussi les pensées, les croyances, les interprétations de la douleur. Le cerveau mémorise toutes
les expériences de la douleur ainsi que leurs circonstances d’apparition.
Une enquête européenne rendue publique confirme le bouleversement de la vie des patients douloureux
chroniques tant physiquement que psychologiquement. 6 patients sur 10 rencontrent des difficultés pour
marcher, dormir …, leur vie professionnelle s’en trouve forcément affectée, près de 50 % ont dû s’adapter à une
façon de travailler d’où l’importance de bien diagnostiquer et de prendre en charge la douleur.
Il existe plusieurs groupes de douleurs :
• Douleur chronique : c’est une douleur associée à une maladie chronique (cancer, sclérose en plaque,
fibromyalgie …..).
• Douleur aigue : c’est un symptôme, une sensation déclenchée par le système nerveux pour alerter
l’ensemble de l’organisme et qui évolue depuis moins de 3 mois.
• Douleur fantôme : à la suite d’une amputation, la douleur provient des dommages causés aux nerfs.
• Douleur et souffrance de la personne âgée : douleurs souvent multiples, articulaires, musculaires,
céphalées, lombaires, escarres, gastriques, insomnies, anxiété.
FibromyalgieSOS – Conférence « La douleur, parlons-en » – Avril 2011 2
• Douleur inflammatoire qui se réveille souvent la nuit (arthrite, polyarthrite rhumatoïde, etc.).
• Douleur mécanique (arthrose etc.).
• Douleur nocturne des jambes sans repos, maladie neurologique.
• Douleur neuropathique : dysfonctionnement du nerf : anomalie au niveau du nerf (sciatique, herpès,
zona …)
En 1998, Bernard Kouchner met en place le plan triennal de lutte contre la douleur qui désigne comme objectif
principal en 2002 que la douleur ne soit plus reconnue comme une fatalité. Des moyens ont été mis en place
pour faire face à la douleur chronique rebelle. Du fait du vieillissement de la population, la prise en charge de la
douleur est incontournable en santé publique afin de préserver l’autonomie et la qualité de vie de la personne.
Comment améliorer sa qualité de vie ? Devenir acteur de sa santé, se prendre en charge mais
comment ?
A chacun d’observer, de noter le moment de la journée où les douleurs sont les plus intenses, où la prise d’un
antalgique est nécessaire et ensuite communiquer ces renseignements à son médecin ou lors de la prochaine
consultation.
Le kinésithérapeute, le médecin peuvent également apprendre différents mouvements pour apporter un
soulagement tels que se lever doucement, s’étirer pour réveiller les articulations ; les bains et douches chaudes
sont recommandés, prendre l’habitude de faire du pédalage (allongé sur un tapis afin de remuscler la sangle
abdominale pour ceux et celles qui ne peuvent faire du vélo). Dans les activités, ne pas oublier la natation mais
dans la limite du raisonnable car certaines douleurs se réveillent mais attention à l’aquagym. Marcher ½ h par
jour (même avec une canne si on éprouve des difficultés) et pour certains peut-être danser. Apprendre à
soulager les articulations dans les tâches ménagères en utilisant des ustensiles à long manche. Se reposer, lire
mais aussi recevoir pour se faire plaisir. Dormir de préférence dans un lit dur. En conclusion, il faut surtout
bouger !!
L’éducation thérapeutique est insuffisamment développée, celle-ci comprend tant l’aménagement du logement
que les activités mais aussi la structure de la prise en charge des affections douloureuses et handicapantes des
personnes.
La prise en charge de la douleur passe parfois par un suivi psychologique pour apprendre d’une part à accepter
la maladie et d’autre part à mieux vivre avec cette douleur, le ressenti mais aussi l’impact provoqué. La thérapie
cognitivo-comportementale (TCC) est une solution non médicamenteuse. Cependant, il ne faut pas nier que
certaines douleurs sont parfois d’ordre psychologique.
Pour les fibromyalgiques, la douleur psychologique est présente surtout par les difficultés rencontrées avec les
instances et le corps médical à travers les expertises et contrôles subis. Le fibromyalgique est tout de même
amené à apprendre à vivre avec cette douleur et chaque personne réagit différemment.
Comment évaluer la douleur ? 3 niveaux de douleurs sont répertoriés avec 3 catégories de médicaments :
• A Faible Médicaments palier 1 : paracétamol
• B Modéré Médicaments palier 2 : paracétamol codéiné, tramadol
• C Intense Médicaments palier 3 : morphine
Les réglettes de la douleur allant de 0 à 10 sont souvent utilisées tant à l’hôpital que dans les cabinets médicaux.
Les médecins de la nouvelle génération ont bénéficié dans leur cursus d’une formation sur la prise en charge de
la douleur contrairement aux médecins installés depuis un certain temps.
Différentes techniques existent pour compléter les traitements médicamenteux pour une meilleure gestion de
la douleur tels que des séances de kinésithérapie, relaxation, sophrologie, cures thermales, etc.
Pour toute douleur rebelle, il est nécessaire de consulter un algologue en prenant un rendez-vous dans les
espaces de la consultation de la douleur (Centres Anti-Douleur – CAD) qui existent dans beaucoup d’hôpitaux et
pour se faire diagnostiquer il faut s’orienter vers les services de médecine interne des hôpitaux ou
rhumatologues.
Echanges dans la salle entre le Dr Couck et la représentante de FibromyalgieSOS sur la prise en charge de la
fibromyalgie.
Compte-rendu établi par Ghyslaine Baron / vice-présidente

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