Des soins et des mots contre la douleur

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Prends soin de toiUne pratique innovante est testée à l’hôpital Emile Roux pour atténuer les douleurs chroniques. Faite d’ateliers et d’échanges, elle place le centre hospitalier à l’avant-garde de la prise en charge au niveau national.
Les nouvelles pratiques de lutte contre la douleur sont en France encore méconnues. Au centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay, un projet a vu le jour : traiter le syndrome fibromyalgique grâce à plusieurs soins combinés. Le projet était présenté mardi 7 février. En vue, une publication pour améliorer la compréhension et la prise en charge de ce syndrome.

80 patients sur trois ans
Le projet de prise en charge de la douleur mis en place à l’hôpital Emile Roux est innovant. Grâce à une équipe pluridisciplinaire, dirigée par le Docteur Gilbert André, des patients sont pris en charge au sein de l’hôpital pour atténuer les douleurs liées au syndrome fibromyalgique. Et ce à raison de dix demi-journées d’hospitalisation.
Avec le soutien de l’association Adol 43 qui lutte contre la douleur et l’aide financière de la Fondation Apicil, le projet a débuté en 2011. Il va continuer sur trois ans, avec en tout 80 patients pris en charge, par groupe de huit. Actuellement, le troisième groupe est soigné.

La Fondation Apicil
Créée il y a 70 ans à Lyon, l’association d’utilité publique a pour objet la "lutte contre la douleur" par la valorisation de nouvelles pratiques. La Fondation intervient sur le territoire national suite à des sollicitations et finance des travaux de recherche (sur la musicothérapie par exemple), des postes d’art-thérapeutes, de psychothérapeutes ou comme sur le Puy de psychomotricienne. Elle aide les personnels à se former en hypnose ou sophrologie, dans le but de réduire la prise médicamenteuse. Elle dispose d’un budget d’un million d’euros, distribué chaque année, surtout à des hôpitaux.


Un diagnostic de 3 ans ½ pour une douleur invisible
Les fibromyalgies concernent de nombreux patients, 650 000 en France, mais il n’existe pas de prise en charge sur la région. Les femmes sont majoritairement touchées car elles sont dotées de plus de récepteurs sensitifs douloureux que les hommes. Le Docteur Gilbert André a été témoin de patientes atteintes du syndrome, une douleur dans les muscles et les articulations, constante, diffuse, non visible qui conduit souvent à la solitude et au repli sur soi. Les douleurs induisent des troubles du sommeil, des efforts physiques problématiques, une vie professionnelle compromise. Les syndromes ne sont visibles ni par prise de sang, ni par radio, d’où un diagnostic moyen de trois ans et demi.
La "chance de l’hôpital est de disposer d’une piscine", qui a permis une prise en charge multimodale. De la balnéothérapie, de l’éducation thérapeutique avec un carnet de route, qui comprend travail sur le sommeil, gestion des activités, relation aux autres. Des séances avec une psychomotricienne pour "retrouver un équilibre entre corps et psyché", une psychologue qui souligne la "dynamique de groupe avec un cadre commun", une kinésithérapeute et une diététicienne. Le travail est innovant, il se fait par tâtonnements puisque rien n’existe sur le sujet.

Emile Roux à l’avant-garde
Par l’action conjointe du médical et du paramédical, le directeur du centre hospitalier, Olivier Servaire-Lorenzet, rappelle que le projet se place dans la logique du thème de "l’éducation thérapeutique" : là où dans d’autres cas, l’institution prend le dessus, ici "le patient est acteur de sa prise en charge". Les exercices sur le corps et le mental peuvent être reproduits chez soi, pour un accompagnement hors des murs au quotidien.
Il note que "l’étude place Emile Roux à l’avant-garde de la lutte contre la douleur". C’est un domaine avec une amélioration constante qui doit être pensé avec la "volonté d’une mise en place d’une politique territoriale de lutte contre la douleur, au travers de l’action exemplaire du travail du Docteur André". Notamment par le biais d’un travail réfléchi avec les structures alentours.

Une publication comme outil futur
En France, la prise en charge de la douleur chronique en est à ses balbutiements. Au Canada ou en Allemagne, des pratiques sont bien développées depuis des années. Au bout des trois ans de l’étude, les résultats feront l’objet d’une publication. Elle clôturera le projet à Emile Roux et sera ainsi une véritable étude sur de nombreux cas, quatre-vingt, alors que les écrits qui ont été publiés jusqu’alors dans le monde ne portent que sur quelques patients.
L’objectif est de déboucher sur un modèle, de démontrer la nécessité d’un tel dispositif pour les patients ainsi que d’apporter des clés dans l’amélioration de leur qualité de vie. En un mot, médiatiser ces pratiques pour qu’elles se généralisent.

Emilie Monnereau

Article collecté sur le site :
http://www.zoomdici.fr/actualite/Des-soins-et-des-mots-contre-la-douleur-id116827.html?PHPSESSID=583dc037f1f69a344a38b3c45fb22daa#

Edité le 14 mars 2012 par :
Evy - signature animée Titi

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