Douleur et sommeil

Publié le 29 Janvier 2014

 

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Il existe une relation forte entre douleur et perturbation du sommeil : à titre d'exemples, 67 à 88% des sujets douloureux chroniques se plaignent d'avoir un sommeil perturbé et 50% des insomniaques souffrent de douleurs chroniques. Il est à la fois difficile de dégager une direction de causalité entre les deux et d'identifier les mécanismes impliqués dans cette relation.

 

Jusqu'ici on noyait le poisson (scientifiquement tout de même!) en parlant de relation bidirectionnelle ; vous connaissez le dilemme de l’œuf et de la poule... Est-ce la douleur qui engendre des perturbations du sommeil ou l'inverse ? Mais çà … eh bien çà c'était avant ! Car désormais Finan et ses collaborateurs sont passés par là et pour une fois, ils ne donnent pas dans la réponse de Normand ! Cette récente revue systématique balaye la littérature entre 2005 et 2012 et montre qu'il existe plus de preuves en faveur de perturbations du sommeil engendrant la douleur que l'inverse.       

Relation douleur/sommeil       
     
La revue est assez détaillée : il faut retenir que les perturbations du sommeil :

- Augmentent le risque de développer de nouvelles douleurs chroniques chez des sujets sains ;      
 
- Aggravent le pronostic à long terme des migraines et des douleurs musculo-squelettiques ;      
 
- Influent sur les douleurs cliniques du quotidien ;      
 
- Constituent un prédicateur fort et fiable de nouveaux incidents et/ou d'exacerbation douloureux.      

Mécanismes biologiques en jeu        
     
L'interruption de la continuité du sommeil semble perturber la fonction d'inhibition endogène de la douleur. Quatre pistes sont actuellement à l'étude pour expliquer comment sommeil et douleur pourraient être liés :

- La piste dopaminergique : la dopamine est intimement liée à la régulation de l'état de veille et du sommeil ; chez les sujets chroniques, il a, par exemple, été démontré une baisse des concentrations en dopamine dans le LCR ;      
 
- La piste opioïde : la privation de sommeil semble perturber le système opioïde endogène ;      
 
- La piste des affects dits négatifs ou positifs : ces « médiateurs » (ex : dépression, catastrophisme) doivent être intégrés à l'équation pour pouvoir comprendre le rapport sommeil/douleur. Ils requièrent de futures études pour délimiter avec précision leur rôle ;      
- L'impact des facteurs sociodémographiques (âge, genre, ethnie, etc …).

Vite au dodo pour ne plus avoir de bobo ?
 
Rédigé par le Dimanche 26 Janvier 2014

Références

Finan PH, Goodin BR, Smith MT. The association of sleep and pain: an update and a path forward.
J Pain. 2013 Dec;14(12):1539-52. 
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Article collecté sur le site : 
Edité le 29 janvier 2014 par,

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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