Face aux contraintes financières, les hôpitaux publics freinent leurs investissements

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

CaducéLes investissements des hôpitaux publics sont revus à la baisse dans un contexte de raréfaction du crédit. Une situation qui n'empêche pas le secteur d'afficher une situation financière correcte, mais qui fait peser de lourdes contraintes sur une petite minorité aux budgets déjà tendus, selon une étude récente de Dexia Crédit local.


Depuis deux ans, les hôpitaux sont rattrapés par les contraintes financières : après plusieurs années consécutives de croissance soutenue, leurs investissements ont reculé en 2010 (- 5 %) pour s'élever à 6,5 milliards d'euros, constate Dexia Crédit local dans une note de conjoncture présentée le 4 avril 2012.


Un véritable retournement de tendance puisqu'il s'agit « d'un repli de l'investissement hospitalier mettant un terme à une dizaine d'années de croissance portée par le plan de relance Hôpital 2007 », développe Claire Bouinot, responsable du pôle Santé à la direction des études de Dexia Crédit Local.


Manque de liquidités
Principal facteur en cause : la raréfaction du crédit bancaire qui sévit depuis la crise financière de 2008, et qui touchait déjà d'autres acteurs publics comme les collectivités locales. Première banque du secteur public local avant son démantèlement en cours, Dexia reste bien placé pour décrypter cette tendance lourde : « trois phénomènes se conjuguent :
- réglementaire, avec les règles financières issus de Bâle III qui rendent les financements longs plus coûteux (1) ;
- économique, puisque il n'y a pas de gestion de compte [des acteurs publics], ce qui en fait une clientèle moins intéressante ;
- et politique : c'est une clientèle qui n'attire plus du fait des changements de direction tous les 5 ans », décrypte Jean-Luc Guitard, directeur France de Dexia Crédit Local.

Conséquence : les hôpitaux publics ont tendance à repousser dans le temps leurs investissements.


A cela s'ajoutent d'autres contraintes financières qui n'incitent pas les responsables hospitaliers à engager des dépenses, comme le « report de la deuxième tranche du plan Hôpital 2012 », rappelle Claire Bouinot. En 2012, « on risque d'assister à un décrochage [de l'investissement] avec des responsables hospitaliers qui disent être en position d'attentisme », précise-t-elle.


Diversité des situations financières
Globalement, la situation financière des hôpitaux publics ne s'avère pourtant pas inquiétante. 2010 apparait tout juste comme « une année de transition » pendant laquelle ces établissements ont stabilisé leur capacité d'autofinancement (CAF) à leur niveau de 2009 (3,9 milliards d'euros) et maintenu le déficit total à 200 millions d'euros, soit seulement 0,3 % du budget hospitalier.


Mais « cette stabilité masque des divergences de situations selon les établissements, avec certaines très tendues », souligne Claire Bouinot.


Ainsi, plusieurs établissements présentent des déficits cumulés élevés et « des impasses de trésorerie ». Parmi les plus touchés, les centres hospitaliers (CH), et de manière plus marquée encore l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui voient leur capacité d'autofinancement diminuer. Leurs résultats financiers globaux se dégradent tout autant, les CHU redressant pour leur part petit à petit leur situation financière.


50 hôpitaux en position délicate
En tout, près de 300 établissements, sur le millier analysés, seraient déficitaires. Ils seraient autant, toujours en référence aux statistiques 2010, à nécessiter dorénavant une autorisation préalable d'emprunt du directeur général de l'ARS du fait de leurs mauvais ratios d'endettement, selon les dispositions du décret du 14 décembre 2011 relatif aux limites et réserves de recours à l'emprunt des hôpitaux.


Une cinquantaine d'entre eux serait même « dans une situation particulièrement difficile, où l'exploitation consomme de la trésorerie au lieu d'en générer », précise Claire Bouinot.

Autant d'éléments qui renforcent « la sensibilité de ces établissements au non-renouvellement des lignes de crédit », appuie la responsable du pôle santé de Dexia, alors que la crise de liquidités devrait a minima se poursuivre cette année. « Il y a un doute sur leurs capacités à stabiliser leurs marges », conclut-elle.
 


(1) Les accords financiers internationaux de Bâle III, signés en décembre 2010, imposent notamment aux banques d'augmenter leurs fonds propres pour couvrir les risques, diminuant de fait leurs capacités de crédit, surtout à long terme. Les acteurs publics locaux sont particulièrement touchés puisqu'ils qui n'apportent pas de dépôts en contrepartie des emprunts sollicités. 

Aurélien Hélias

 

Article collecté sur le site :

http://www.gazette-sante-social.fr/actualite/a-la-une-Face-aux-contraintes-financieres-les-hopitaux-publics-freinent-leurs-investissements-32702.html

 

Edité le 14 avril 2012 par :

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Commenter cet article

mutuelle hospitalisation 25/09/2013 15:33


Bonjour, 


Si les hopitaux publics subissent des contraintes financières, ce n'est il pas à cause de la mauvaise gestion.