Fatigue chronique, douleurs chroniques, fibromyalgie

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Copie de EFO - imagesUne maladie qui inquiète… une maladie inquiétante ? doit-elle continuer à inquiéter ?

Il y a quelques années, ce diagnostic était le plus souvent posé après un véritable parcours du combattant. Les éléments diagnostiques étaient peu clairs pour la plupart des médecins, dont les médecins conseils des caisses d’assurance maladie. Aucun examen « objectif » n’était positif, prise de sang et radiographie par exemple alors, que le patient réclamait un statut de maladie lourde et chronique, souffrant de douleurs invalidantes de plus en plus généralisées et de coups de fatigue de plus en plus longs et fréquents. Ce rejet par les structures médicales classiques activait l’angoisse de ces patients, grands émotifs dès le départ. Or l’inquiétude, le stress et l’émotion sont de gros facteurs d’aggravation de la pathologie. Ils sont même à la base de son apparition et de son développement.

La réputation médicale et grand public de la maladie était :

  • pathologie peu connue,
  • pathologie peu reconnue,
  • pathologie peu ou non maîtrisable.

En fait, nous sommes (ou devrions être !) aujourd’hui loin du sombre tableau ci-dessus.

Nous pouvons en effet maintenant comprendre et orienter efficacement ces patients … en commençant par casser de gros a priori

La première phase du traitement commence pour nous par la description au patient de sa véritable problématique. Nous le rassurons ensuite sur la gravité réelle de son état tout en comprenant l’importance des symptômes vécus. Si ces derniers deviennent souvent fort handicapants pour leur quotidien professionnel, familial et autre, ils ne devraient jamais se terminer par « la chaise roulante ». 

L’axe central de notre prise en charge thérapeutique est la Sophrologie Caycédienne ® (à dissocier de trop nombreuses « sophro.-n’importe quoi » !). Nous traitons en parallèle l’état de spasmophilie, que présentent quasi tous ces patients et expliquons l’importance d’une bonne hygiène de vie.
Une de nos patientes, après 1 an de traitement, une réinsertion professionnelle et sociale réussie, nous disait dernièrement que « la fibromyalgie ne devait plus être une fatalité ».

Maladie inquiétante ?

Oui … mais qui aurait dû la plupart du temps rester bénigne. 
Inquiétante car de plus en plus fréquente et apparaissant de plus en plus tôt. Hier, pathologie avant tout de l’adulte moyen ou en fin de carrière. Aujourd’hui, elle apparaît chez des personnes de plus en plus jeunes à tel point, que les sites internet et les associations de « jeunes fibromyalgiques » ont le vent en poupe. 
Maladie inquiétante car lourde pour la société qui doit assumer des mises en invalidité souvent longues, même pour les jeunes fibromyalgiques. Inquiétante aussi par le développement exponentiel d’associations, de forums, de « thérapeutes » à l’accueil et au rôle pouvant être fort utiles … à condition d’être compétents dans leurs démarches et d’éviter d’inquiéter encore plus le patient par des articles pseudoscientifiques « romantico-ésotérico-cocorico-cosmiques » parfois bien écrits … ce qui attire le patient … pour encore plus le troubler.

Un exemple : une de ces publications intitulée : « la véritable cause de la fibromyalgie », établissait un lien entre la poliomyélite et la fibromyalgie tirant argument notamment que l’on retrouve la même racine linguistique dans les deux termes. Or pour le premier, …myé… vient du grec muelos, la mœlle et pour le 2éme, …my… vient de mus, le muscle. L’un est une infection virale aigue atteignant essentiellement les cellules nerveuses (les neurones) de la mœlle épinière et l’autre, la fibromyalgie, une atteinte inflammatoire chronique et essentiellement mécanique des muscles et de leurs tendons d’insertion. L’auteur, Dr. en psychologie, mais peu psychologue et qui concluait son article de la façon suivante : « … Comme nous l’avons écrit plus haut, à propos de l’introduction de sels d’aluminium dans les vaccins, nous sommes convaincus que la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique, le syndrome de Guillain-Barré, celui de Gilles de la Tourette, celui de la guerre du Golfe, les syndromes du déficit de l’attention ou de l’hyperactivité, l’épilepsie idiopathique et bon nombre d’autres pathologies neurologiques sont très certainement des formes modernes, pour adultes (sans que pour autant les enfants en soient protégés !), de polios induites par les vaccins anti-poliomyélitiques » … remarquable « soupe » pseudoscientifique ! 

 La fibromyalgie doit-elle continuer à inquièter ?  Par ce genre d’article oui. Mais une bonne éducation à la santé, à l’émotionnel et au stress, une bonne connaissance et hygiène existentielle, devrait infléchir rapidement l’épidémie qui résulte pour nous directement de notre analphabétisme culturel dans le domaine des émotions et du stress, un QE (Quotient Emotionnel) totalement négligé dans notre éducation.

Maladie peu reconnue ?

Reconnue dès 1992 par l’organisation mondiale de la santé !

Maladie peu connue ? 

Données rhumatologiques classiques :

La fibromyalgie est bien décrite depuis le début des années 90 dans différents articles ou livres de référence en rhumatologie par exemple. Dans une des « bibles » de la rhumatologie éditée en 1995, un gros « livre rouge » intitulé Thérapeutique rhumatologique de Thomas Bardin et Daniel Kuntz (Flammarion 1995), un chapitre complet est consacré à ce syndrome. Toutes les grandes lignes diagnostiques et thérapeutiques y étaient déjà bien décrites.

Quelques extraits de cet ouvrage :

1) dans les rappels physiopathologiques les auteurs citent de façon chronologique : 

  • Un profil psychologique particulier :« il existe une hyper-réactivité au stress extrêmement marquée, souvent auto-entretenue par un syndrome d’hyperventilation.Le syndrome douloureux dépend de facteurs psycho-affectifs : « c’est une forme douloureuse d’être au monde », un mal d’existence ? Toute technique de « mieux-être existentiel », comme la Sophrologie Caycédienne ® dans ses degrés 2 et 4 puis 9 à 12, peut jouer dans ce cadre un rôle thérapeutique de premier plan,
  • « un sommeil lent et profondément altéré alors qu’il joue un rôle capital dans les processus de récupération physique mais aussi et surtout psychique. Cela entraîne une altération des possibilités de résistance au stress avec perturbation de la résistance émotionnelle, 
  • les anomalies musculaires : les patients qui vivent en «tension musculaire permanente", ne parviennent plus à «souffler», ce qui entraîne un effet boule de neige négatif au niveau somatopsychique. En effet les tensions musculaires du système locomoteur mais aussi du système viscéral activent les tensions mentales et les troubles du sommeil, qui à leur tour amplifient les tensions musculaires. A noter ici que les auteurs parlent de somatopsychique, terme beaucoup plus exact et tellement moins péjoratif que le « psychosomatique » qui actuellement a totalement perdu son sens dans le monde médical, où il ne semble plus signifier que « c’est dans la tête » !   

2) dans les moyens thérapeutiques :     

  • expliquer la nature chronique mais bénigne de la maladie.
  • traitement : psychotropes / kinésithérapie / relaxation. Ces auteurs insistaient particulièrement sur les exercices musculaires progressifs et les relaxations dont la sophrologie encore appelée Relaxation Dynamique de Caycedo qui répond bien à cette orientation, couplant la relaxation aux contractions musculaires et aux mouvements dans un dialogue à effet « boule de neige ».

Le diagnostic de cette « polytendinopathie » :se fait notamment par la pression des 18 points gâchettes répertoriés par l’Association Américaine de Rhumatologie (dès 1990 ???). Si plus de 11 sont douloureux et que tous les autres tests cliniques restent négatifs (prise de sang et radiographies normales par ex. Consultez à ce sujet votre médecin traitant). Un état de fatigue chronique + un passé de spasmophile et d’hyperventilation confirmeront le diagnostic. 


 

Nos observations de terrain et notre concept psychopathogénique

La fibromyalgie est pour nous et depuis de nombreuses années le résultat d’un important dérapage au niveau du dialogue corps/esprit/corps, donc un tout bel exemple de maladie « somato-psychique ». Les patients ont basculé et se sont enfermés dans un dialogue corps-esprit-corps négatif, avec effet boule de neige. Nous parlons ici volontairement de « somato-psychique », le terme « psychosomatique » ayant pris aux yeux du grand public et des médecins la coloration péjorative et inexacte de « c’est dans la tête », voilant ainsi le dialogue permanent, étroit et complice qui existe entre le corps et l’esprit. Le corps sensoriel et affectif nourrit la conscience … dont la pensée s’imprime dans le corps! En décompensation pathologique, le négatif du dialogue s’emballe vite dans une spirale « cercle vicieux », « boule de neige » et s’installe à chronicité, l’esprit … et le corps ne broyant finalement plus que du noir ! 

Dans ce contexte, l’intérêt de la Sophrologie Caycédienne ® est d’apprendre à découvrir puis à entraîner et à renforcer nos dialogues corps-esprit-corps positifs !

 
Fibromyalgie = Fibro : tendon - Myo : muscle - Algie : douleur, donc douleurs musculo-tendineuses chroniques … mais bénignes au départ. La fibromyalgie a été reconnue en tant que pathologie en 1992 par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

 

(Sophrologie : suite sur le site nommé ci-dessous)

 

Article collecté sur le site :

http://www.ecole-sophrologie-artois.fr/publications/44-fatigue-chronique-douleurs-chroniques-fibromyalgie-et-spasm

 

Edité le 23 août 2012 par :

 

signature 2

Publié dans Articles collectés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

annie 25/08/2012 16:03


Bonjour à tous,


Merci Evy pour cet article interessant qui remet, un peu, les pendules à l'heure sur la banalisation  et la vulgaristion inadéquate du terme psychosomatique.