FATIGUE chronique - Efficacité prouvée de la thérapie comportementale

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

                                

Certaines thérapies, en association avec des soins médicaux spécialisés, dont la thérapie comportementale, peuvent soulager, mais modérément, le syndrome de fatigue chronique (SFC), selon cette étude publiée dans l’édition du 17 février du Lancet. Des conclusions qui pourraient amener les autorités sanitaires britanniques (NHS) à revoir les lignes directrices de prise en charge du SFC.

La thérapie comportementale avait ici pour objectif "de modifier les facteurs comportementaux et cognitifs responsables de la permanence des symptômes et du handicap engendré". Cette thérapie visait l'établissement d’habitudes de périodes régulières de sommeil-activité-repos, un meilleur contrôle de l’anxiété, la résolution des préoccupations, un travail avec le thérapeute pour augmenter graduellement l'activité physique et mentale.

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) n’est pas une maladie rare. Il touche 1 personne sur 600 à 1 sur 200 dans les pays industrialisés et se caractérise par un état de fatigue persistant extrêmement intense, soudain chez une personne jusque là en bonne santé et sans cause particulière.

Cette étude a été menée par des scientifiques de la London School of Medicine, de l’Université de Londres, de l’Institute of Psychiatry du King's College et de l’Université de Cambridge, sur 641 personnes atteintes de SFC mais sans troubles mentaux, réparties en 4 groupes randomisés: un groupe “soins médicaux spécialisés”, un groupe “soins médicaux spécialisés en association avec une thérapie cognitivo-comportementale, un groupe “soins médicaux spécialisés en association avec de l’exercice physique” et un groupe “soins médicaux spécialisés en association avec une thérapie de stimulation à l’adaptation”.

Après un an de suivi, les niveaux de fatigue ont été évalués avec l’échelle de Chalder (Chalder fatigue scale). A l’issue de l’étude, la thérapie cognitivo-comportementale en association avec des soins spécialisés est associée à la plus forte amélioration de la condition physique et diminution de la fatigue mais les auteurs considèrent que ces améliorations restent modestes. L'ajout d’une thérapie de stimulation d'adaptation au traitement standard, ne s’avère pas efficace. D'autres études sont maintenant nécessaires pour déterminer comment ces thérapies peuvent être encore plus efficacement utilisées en combinaison avec les soins médicaux.

Résultats : Au début de l'étude, les groupes avaient les mêmes capacités physiques et des scores de fatigue identiques (le score moyen de tous les participants était d'environ 28 pour la fatigue et 38 pour la fonction physique). Après 12 mois, le groupe “thérapie comportementale” obtient des scores de fatigue en moyenne de 3,4 points inférieurs à ceux du groupe témoin (soins médicaux seuls). Le groupe “Exercice physique” montre également une amélioration des scores de la fonction physique.

Les chercheurs concluent que ces deux thérapies peuvent/doivent être ajoutées, sans risque, à des soins médicaux spécialisés et peuvent soulager modérément les symptômes du SFC. Les lignes directrices de la prise en charge de la fatigue chronique, au moins au Royaume Uni, où l’étude a été réalisée, pourraient donc être prochainement revues en ce sens ( par le National Health Institute).

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Sources: The Lancet 2011, February 18 doi:10.1016/S0140-6736(11)60096-2 Comparison of adaptive pacing therapy, cognitive behaviour therapy, graded exercise therapy, and specialist medical care for chronic fatigue syndrome (PACE): a randomised trial. , traduction, adaptation, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 22 février 2011 (Vignette NHS, visuel NIH)

Publié dans Fatigue

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