Intérêt et prescription des antiépileptiques dans la fibromyalgie.

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

L'excès de nociception, autrement dit les douleurs trop intenses, en rhumatologie, est susceptible d'être traité, dans certains cas seulement, en utilisant des antiépileptiques.

 

Élaborés au départ pour traiter les crises d'épilepsie, les médicaments antiépileptiques se sont avérés rapidement efficaces pour traiter certaines douleurs que les médecins qualifient de neuropathiques. Par la suite, ces molécules ont apporté à certains patients, au cours de la fibromyalgie, un grand soulagement durable.

Le plus souvent, au cours de la fibromyalgie, les douleurs, plus précisément le phénomène douloureux ou nociceptif, ne répondent pas aux traitements par antalgiques (antidouleurs) habituellement utilisés tels que le paracétamol, l'aspirine, la codéine et les dérivés de la morphine. Les anti-inflammatoires ne sont pas non plus efficaces. C'est la raison pour laquelle les antiépileptiques sont prescrits même si habituellement ils sont réservés aux douleurs de type neuropathique (par atteinte réelle du tissu composant les fibres nerveuses).

Récemment, le centre d'étude de la douleur en rhumatologie (le CEDR) a proposé une série de recommandations établies à partir des effets thérapeutiques concernant les antiépileptiques dans les douleurs en rhumatologie. Différentes études contrôlées permettent de démontrer l'intérêt des antiépileptiques dans certaines affections rhumatologiques telles que la lombalgie, la lambosciatique et surtout la fibromyalgie.

Il existe deux générations d'antiépileptiques. Les plus anciennes ne doivent plus être prescrites. Ce sont des médicaments qui appartiennent à la nouvelle génération d'antiépileptiques, tels que le topiramate (Epitomax), la gabapentine (Neurontin) ou prégabaline (Lyrica), qui doivent être privilégiés. Il s'agit de molécules ayant le plus souvent une bonne efficacité pour traiter la fibromyalgie (entre autres). Il est nécessaire de savoir d'autre part que les antiépileptiques n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché en ce qui concerne la fibromyalgie. Ces médicaments sont utilisés pour cette indication de manière empirique.

Néanmoins, certains patients n'observent aucune amélioration de leur symptomatologie (des signes qu'ils présentent). C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de changer d'antiépileptique. En effet, un antiépileptique effîcace chez un individu atteint de fibromyalgie n'est pas automatiquement efficace chez un autre. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de le changer de famille d'antiépileptique.
C'est le patient lui-même qui donnera des renseignements sur l'efficience du médicament. Ainsi, la quantité d'antidouleurs associés et d'autres produits susceptibles d'agir sur le sommeil, pris par le patient, doit, en toute logique, diminuer, si l'antiépileptique est efficace.

Un antiépileptique ne doit pas être prescrit de n'importe quelle manière.
Il est tout d'abord nécessaire de commencer la prescription par de petites doses puis d'augmenter les doses, progressivement et avec prudence surtout chez les personnes âgées (sachant que la fibromyalgie touche rarement les personnes âgées). Il en est de même pour le patient atteint d'insuffisance de fonctionnement du foie et des reins, pour lesquelles certaines précautions de prescription doivent être prises.
L'association d'un antiépileptique avec d'autres substances sédatives n'est pas souhaitable surtout chez la personne âgée. En effet, il existe un risque d'induction des troubles de la vigilance, de l'équilibre et du comportement du patient.

Les antiépileptiques peuvent éventuellement être associés aux antidépresseurs, mais cela n'est pas souhaitable. L'association d'antalgiques (antidouleurs) avec un antiépileptique doit être prudente surtout quand il s'agit d'un antalgique de niveau 3, c'est-à-dire contenant des dérivés morphiniques.

Il est n'est pas souhaitable, voire dangereux, de prescrire deux antiépileptiques en même temps.

Certains patients présentent des effets secondaires aux antiépileptiques : il s'agit essentiellement des signes cutanés à type d'allergie ou de rougeurs, ce qui nécessite l'arrêt du traitement.

Au début de la prise d'un antiépileptique le patient constate le plus souvent des nausées, des vertiges, une somnolence. Ceci ne doit pas empêcher de poursuivre le traitement et d'augmenter les doses,sous contrôle médical bien entendu. Ces effets secondaires, la plupart du temps, disparaissent avec le temps.

La grossesse et l'allaitement sont des contre-indications à l'utilisation de ce type de médicament.

Après plusieurs mois (généralement quatre à six mois) d'utilisation des antiépileptiques, quand le traitement s'avère efficace, il est possible de diminuer progressivement les quantités en réévaluant régulièrement la douleur. Dans tous les cas, l'arrêt ne doit jamais être brutal mais progressif. En effet, il existe une possibilité de syndrome de sevrage comme avec la majorité des médicaments.

 

 

Article collecté le 01 avril 2010 sur le site :

 

http://www.vulgaris-medical.com/dossiers/la-fibromyalgie-5/interet-et-prescription-des-antiepileptiques-dans-la-fibromyalgie-129.html

Publié dans Articles collectés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article