L’aspartame, « tueur silencieux » ou édulcorant alimentaire sans risque ?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Gérard Pascal est directeur de recherche honoraire à l’INRA, ancien président des comités scientifiques directeur (CSD) et de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission européenne, du conseil scientifique de l’AFSSA et expert de l’OMS en sécurité des aliments, membre régulier du JECFA (comité international mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs alimentaires).

Une vidéo présentée sur Internet qualifie l’aspartame de tueur silencieux accusé de tous les maux  : fibromyalgie, spasmes, élancements, engourdissements dans les jambes, crampes, vertiges, nausées, maux de tête, acouphènes, douleurs articulaires, dépressions, crises d’angoisse, discours incohérents, vision trouble ou pertes de mémoire. Il s’agirait d’un poison mortel pour les diabétiques, qui détruit le système nerveux, responsable de rétinopathies, qui fait grossir et qui serait responsable des troubles qu’ont connu les combattants américains de l’opération « tempête du désert » menée en Irak en 1991. Cela n’est qu’un épisode extrême et récent des attaques qu’a subi l’aspartame depuis des décennies.

Qu’en est-il en réalité ?

L’aspartame, avec les carraghénanes, certains colorants comme l’érythrosine et la tartrazine, fait partie des additifs alimentaires qui sont périodiquement l’objet d’attaques quant à leur innocuité. Pour cette raison, l’aspartame est l’additif qui a été l’objet du plus grand nombre de travaux de recherche expérimentale et épidémiologique. Une revue très complète des résultats disponibles dans la littérature scientifique a été publiée en 2007   et comporte 347 références à des travaux publiés dans les revues scientifiques.

Qu’est-ce que l’aspartame ?

L’aspartame est un édulcorant non nutritif, une substance qui a une saveur sucrée très supérieure à celle du saccharose (le sucre), de l’ordre de 200 fois, et qui permet donc de remplacer celui-ci dans les aliments et les boissons, sans apporter de calories en quantité appréciable.

L’aspartame est l’ester méthylique d’un dipeptide, c’est-à-dire une molécule constituée de l’association de deux acides aminés (l’acide aspartique et la phénylalanine) constituants normaux des protéines alimentaires et de nos protéines corporelles. Il a été découvert par hasard en 1965 par un scientifique de la firme Searle qui s’était involontairement mouillé les doigts avec une solution de ce qui n’était alors qu’un intermédiaire de synthèse et qui en a découvert la forte saveur sucrée ! La synthèse de l’aspartame peut être chimique ou enzymatique. C’est une molécule très stable en milieu solide et qui se dégrade lors d’une conservation de longue durée en milieu aqueux. Ses produits de dégradation en milieu acide ou en milieu neutre ou basique sont parfaitement connus, et ils n’ont plus de saveur sucrée.

L’aspartame est utilisé soit comme édulcorant de table (« sucrettes » par exemple) ou comme ingrédient ajouté aux aliments et aux boissons, sous différentes marques commerciales (Equal®, NutraSweet®, Canderel®, Sanecta™, Trisweet™). Il lui a été attribué la référence E951 dans l’Union européenne et est utilisé dans environ 6000 produits alimentaires dans plus de 90 pays dans le monde. Il est aussi employé dans de nombreuses spécialités pharmaceutiques. Difficile donc d’évaluer sa consommation qui va dépendre des différentes autorisations, des habitudes de consommation alimentaire et de médicaments, variables selon les populations. L’une des estimations les plus récentes (1) concerne la population qui est sans doute l’une des plus fortes consommatrices d’aspartame, celle des USA. Elle évalue la consommation moyenne à 330mg/jour/personne et la consommation extrême à 940 (soit respectivement 5 et 13 mg/kg de poids corporel/jour pour une personne de 70kg).

Les premières évaluations des risques sanitaires de l’aspartame

Le risque sanitaire lié à la consommation d’aspartame a été évalué par de nombreuses instances d’expertise de par le monde : par le Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additive (JECFA) le premier, en 1980, puis par la Food and Drug Administration (FDA) aux USA en 1984, en même temps que par le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) de l’Union européenne, ainsi que par le Committee of Toxicology (COT) britannique en 1992. Le CSAH s’est de nouveau penché sur le dossier de l’aspartame en 1988. Le JECFA, le CSAH et le COT ont établi la même dose journalière admissible (DJA) de 40mg/kg de poids corporel pour l’aspartame. La FDA, sur la base des mêmes données a estimée cette DJA à 50 mg/kg et a été la première agence à autoriser l’aspartame.

La dose journalière admissible (DJA) est la quantité d’un additif alimentaire qui est estimée par les experts comme pouvant être ingérée à vie durant, sans risque appréciable pour la santé du consommateur.

La réglementation qui régit l’emploi des additifs (liste des produits dans lesquels l’additif est autorisé, doses d’emploi) est adaptée de façon à ce que la DJA ne soit pas dépassée, même pour les groupes de gros consommateurs.

En 1997, le CSAH a examiné en détail une publication (Olney et al. (2)) dont les auteurs prétendaient avoir trouvé une relation entre la consommation d’aspartame et une augmentation des cancers du cerveau aux USA, ainsi qu’un avis de la FDA qui, sur la base de la banque de données du National Cancer Institute, infirmait cette conclusion. Le CSAH a alors confirmé la DJA de l’aspartame précédemment établie, estimant que les éléments apportés par Olney et al. ne justifiaient pas leurs conclusions alarmistes.

Des évaluations plus récentes

À la demande de la Commission européenne, et suite au développement d’une nouvelle campagne anti-aspartame, le CSAH a entrepris en 2002 une analyse de toutes les données disponibles. Sans prétendre passer en revue l’ensemble des travaux consacrés à l’aspartame, il est possible de rappeler les différents domaines qui ont été l’objet de l’opinion du CSAH de 2002 (1) :
- Le risque de toxicité du méthanol (et du formaldéhyde qui en résulte), l’un des produits issus du métabolisme de l’aspartame.
- Le risque lié à une élévation des concentrations plasmatiques de phénylalanine et d’acide aspartique, acides aminés constitutifs de l’aspartame, élévation qui peut se traduire par un transport accru de ces substances dans le cerveau.
- La possibilité de modifications neuroendocrines, en particulier l’augmentation des concentrations de catécholamines dérivées de la phénylalanine dans le cerveau, les ganglions synaptiques et la médulla des glandes surrénales.
- Le lien éventuel avec l’épilepsie et les tumeurs du cerveau.

Cette mise au point s’appuie sur une analyse réalisée la même année par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) (4), essentiellement centrée sur les risques de tumeurs du cerveau.

Tous ces avis récents sont facilement consultables ; ils concluent tous de la même façon, que l’on peut résumer ainsi : sur la base de toutes les données disponibles obtenues chez l’animal et chez l’homme, il n’y a aucune raison de réviser les conclusions des précédentes évaluations de risques ou la DJA précédemment établie pour l’aspartame.

Rumeurs et désinformation sur Internet

Les campagnes anti-aspartames fleurissent régulièrement sur Internet. Sites spécialisés, DVD, livres… La trame est toujours la même : « on nous cache la vérité ». Voici deux extraits, parmi bien d’autres, de ce que l’on peut trouver comme rhétorique.

Supposons que votre fils ou votre fille absorbe régulièrement – et sans le savoir ! – un poison qui peut rendre aveugle, diminuer l’intelligence, occasionner des pertes de mémoire, causer des tumeurs au cerveau et diverses autres formes de cancer, et entraîner de la fatigue chronique, des états dépressifs, des troubles du déficit de l’attention, des états de panique, des accès de rage, de la paranoïa, du diabète, des attaques d’apoplexie, le suicide et même la mort. Supposons que l’utilisation de cette toxine soit encouragée par une publicité tous azimuts et que son fabricant ait acheté la collaboration de l’American Dietetics Association, de l’American Diabetes Association, de l’American Medical Association, et de tout organisme du genre pour nous convaincre que ce poison est aussi inoffensif que la pluie. Supposons que ces mensonges aient reçu la sanction officielle de la bureaucratie fédérale américaine (responsable de l’approbation des nouveaux aliments et médicaments) même si elle sait pertinemment que ce puissant neurotoxique risque de tuer votre enfant, et que le chef de cette même bureaucratie ayant fait approuver ce produit a été récompensé par un emploi bien rémunéré, tout autant que ses successeurs. Supposons enfin que ce même organisme réglementaire gouvernemental à qui revient le rôle de « chien de garde », ignorant les milliers de plaintes reçues à l’égard de ce produit, soit devenu un « chien d’attaque » protégeant cette compagnie corrompue. Aimeriez-vous connaître la vérité ? Que ne feriez-vous pas pour protéger votre enfant contre ces crimes ?

Trêve de suppositions ! Telle est l’amère réalité en ce qui concerne l’aspartame (connu également sous le nom de NutraSweet ou Equal), le fabricant Monsanto Chemical, la Food and Drug Administration (FDA), et les compagnies Coca-Cola et Pepsi-Cola ainsi que les centaines de fabricants de produits alimentaires, de breuvages et de médicaments qui ajoutent à leurs produits un poison conçu dans la fraude en vertu du principe que seuls les profits importent !

par Gérard Pascal - SPS n° 283, octobre 2008

 

Article collecté ce jour sur le site :

Extrait de http://www.pleine-sante.com/aspar

Publié dans Articles collectés

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intéressant cet article, merci du partage