L’hypnose pour traiter les douleurs chroniques

Publié le 17 Septembre 2013

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Depuis 1996, la consultation pluridisciplinaire de la douleur accueille des patients au centre hospitalier de Roubaix. Pour soulager les personnes atteintes de douleurs chroniques et rebelles aux traitements habituels, plusieurs techniques sont employées, prise en charge psychologique, relaxation, rééducation, acuponcture… Depuis le début de l’année, parmi les nouveautés, le traitement par l’hypnose fait une entrée en force.

 

 

« Aie confiance, n’aie pas peur »… On imagine déjà les yeux du médecin rouler, tels ceux du serpent Kaa du Livre de la jungle, afin de soumettre le patient à sa volonté. Pas du tout, rétorque le responsable de la consultation de la douleur, le docteur Bernard Leroy, « ça n’a rien à voir avec l’hypnose de foire ». Dans l’hypnose thérapeutique, il n’est question ni d’inconscient, ni de refoulement et encore moins de tour de magie, mais de technique de relaxation, de conscience modifiée et de veille paradoxale.

« Le but est que l’esprit du patient se déconnecte de la douleur, avance le médecin anesthésiste. C’est comme lorsque vous conduisez une voiture sur une route que vous connaissez par cœur, il vous arrive de ne pas vous rappeler comment vous êtes arrivé jusque-là. Il s’agit d’apprendre à reproduire ça à la demande, aux moments d’accès douloureux. » L’objectif est, en effet, qu’au bout de cinq à six séances, le patient sache pratiquer l’auto-hypnose afin de détourner son attention de la douleur.

L’irruption de l’hypnose à la consultation de l’hôpital de Roubaix est affaire d’opportunité. La technique était déjà employée depuis plusieurs mois, mais de façon ponctuelle. « Nous avons réussi à rattacher à nous le docteur Maizel , formateur au diplôme universitaire hypnose de l’université de Lille 2, affiche son confrère. C’est une chance de l’avoir avec nous. »

Le médecin, également anesthésiste, vient à Roubaix une fois par semaine effectuer une vacation d’une demi-journée. L’occasion fait donc le larron, et les émules aussi puisque plusieurs membres de la consultation, dont Bernard Leroy, suivent les cours universitaires et qu’une infirmière de l’équipe s’est, elle, formée à Paris.

Déplacer la douleur

« Le premier mécanisme naturel de traitement de la douleur, celui qu’on connaît tous, c’est la distraction », note Gilbert Maizel. La pratique de l’hypnose va dans le même sens. « Il s’agit d’amener le patient à fixer son attention sur autre chose », explique le spécialiste. L’objectif à atteindre n’est donc pas de soigner la douleur ou de la faire disparaître, mais d’en atténuer les effets. « On travaille avec des patients qui ont mal depuis des mois ou des années et qui ont tout essayé, avance le Dr Maizel. On les aide à mieux vivre et à avoir un moyen sur la douleur. Elle est certes biologique, mais elle est aussi pour partie psychique. » Par l’hypnose, puis l’auto-hypnose, le patient est ainsi capable de déplacer sa douleur ou de la modifier, assure le praticien. « Une sensation de brûlure peut devenir un fourmillement », affirme-t-il. Plus rarement, la technique peut faire disparaître la douleur. « Mais si on permet au patient de vivre avec sa douleur, on a déjà gagné beaucoup de points », estime Gilbert Maizel.

«Il n’y a pas de technique spéctaculaire»

La consultation de la douleur n’a pas pour ambition de guérir toutes les douleurs, mais d’aider les patients par le biais de différentes techniques à bien vivre malgré la douleur. Le plus souvent, le patient se rend à la consultation lorsque le tour des solutions médicamenteuses a été réalisé sans succès. « On nous voit un peu comme la consultation de la dernière chance », note le docteur Bernard Leroy, coordinateur de la consultation à l’hôpital Victor-Provo. « Le miracle, ça n’est pas normal. Il n’y a pas de technique spectaculaire mais des moyens pour améliorer la vie du patient. »

Une dizaine de praticiens (médecins généraliste, anesthésistes, psychiatres, rééducateur, acuponcteur, psychologues, infirmières) reçoivent en consultation, sur indication du médecin traitant. « Chaque patient est un cas individuel et est souvent vu par plusieurs praticiens de la consultation », explique Bernard Leroy. La première fois, le patient est reçu durant une heure, les rendez-vous suivants pouvant durer entre une demi-heure et trois-quarts d’heure. Les disciplines pratiquées sont la relaxation, la prise en charge psychologique, la rééducation, l’acuponcture ou, nous l’avons vu, l’hypnose. Mais d’autres techniques sont aussi utilisées dans la lutte contre la douleur chronique, comme l’infiltration, la stimulation électrique transcutanée ou, depuis peu, le patch Qutenza (la molécule « épicée » du piment).

« Dès que possible, la finalité est de renvoyer vers le médecin traitant », note le Dr Leroy, précisant que les praticiens de la consultation ne prescrivent pas. En 2012, 1 300 consultations ont été effectuées à victor-Provo.<

 

Source :

http://www.lavoixdunord.fr/region

 

 

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Article collecté sur le site : http://unelouvecombat.canalblog.com/archives/2013/07/30/27747475.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=unelouvecombat      

 

Edité le 17 septembre 2013 par 

 

  

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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