La dépression, première cause d'hospitalisation en psychiatrie

Publié le 10 Décembre 2013

 

 

Avec 3 millions de personnes touchées par la dépression en France, cette maladie psychique serait le motif d'hospitalisation le plus fréquent en psychiatrie, d'après un rapport récent publié par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Le diagnostic tardif de cette maladie et le retard de prise en charge pourraient expliquer cette forte prévalence.

La dépression, première cause d'hospitalisation en psychiatrie                                  
C'est la première fois que les données du Recueil d'informations médicalisées en psychiatrie (Rim-P) dressent un bilan sur les modalités de prise en charge dans les établissements de santé. Le Rim-P, mis en place en 2007, permet d'éclairer la prise en charge de la dépression dans les établissements de santé, jusque-là peu connue. 22,6 milliards d'euros, c'est le coût des pathologies psychiatriques, soit 16% des dépenses totales de santé en 2011 (Cnamts, 2013).

37% d'hospitalisation pour dépression sévère

Quand on sait que le taux d'hospitalisation augmente avec le degré de gravité de la dépression - soit 37% d'hospitalisation pour les dépressions sévères, 35% pour les épisodes "modérés" et 14% pour les épisodes légers - on pourrait penser que si cette maladie psychiatrique était prise en charge plus précocement, on diminuerait l'évolution vers un stade sévère et par extension, on diminuerait les hospitalisations.

En 2011, parmi les 1,5 million d'adultes suivis en psychiatrie, près d'un sur cinq l'était pour une dépression. Il s'agit du motif principal de recours en psychiatrie dans les établissements de santé en 2011.

Plusieurs mois d'attente pour une consultation

Pourquoi néglige-t-on la dépression et sa prise en charge ? Pourquoi n'agit-on pas alors avant l'hospitalisation ? De nombreux problèmes expliquent ce retard de prise en charge.

L'accessibilité aux soins en est un majeur. Prendre la décision de consulter un psychologue ou un psychiatre est pour la plupart des personnes une démarche difficile. Mais lorsqu'un patient dépressif se décide à consulter, il peut être découragé par les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez un psychiatre, un psychologue libéral ou dans un centre médico-psychologique (CMP).

Des malades en grande détresse, doivent parfois attendre plusieurs mois alors qu'ils présentent tous les critères d'une prise en charge psychiatrique en urgence. Face à cet obstacle, un grand nombre de patients baissent les bras, se renferment dans leur dépression. Certains développent des conduites addictives avec abus de drogues et d'alcool, et dans les cas extrêmes, se suicident ou tentent de le faire.

La dépression, une maladie sournoise

L'autre principal problème est l'évolution sournoise de cette maladie. La distinction entre dépression et baisse de moral n'est pas toujours simple à faire pour l'entourage et même pour le corps médical.

Comme on ne la voit pas, elle n'existe pas, contrairement à une fracture par exemple, qui est visible sur une radiographie. Quand on la suspecte chez quelqu'un, elle effraie et angoisse. La plupart des gens qui la soupçonnent chez un proche ne souhaitent pas l'évoquer et préfèrent se rassurer en disant que c'est probablement un "coup de blues" passager. Ce manque de reconnaissance de la part de l'entourage ne fait qu'aggraver l'isolement et majore la culpabilité de la personne dépressive.

Distinguer la dépression de la déprime passagère

La dépression, trouble de l'humeur, répond pourtant à une définition médicale très précise, selon les critères DSM IV. Elle résulte de l'interaction de multiples facteurs psychologiques, biologiques et socio-environnementaux. Elle se distingue de la "déprime" par la durée, l'intensité des symptômes et le retentissement sur la vie quotidienne.

Un épisode dépressif majeur correspond à la persistance pendant plus de quinze jours des symptômes suivants :

  • Humeur dépressive et triste
  • Diminution de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités
  • Troubles alimentaires avec perte ou gain de poids et perte ou gain d'appétit
  • Agitation ou ralentissement psychomoteur
  • Troubles de l'attention et de la concentration
  • Insomnie ou hypersomnie
  • Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée
  • Fatigue ou perte d'énergie
  • Troubles de la libido
  • Pensées de mort avec idées suicidaires

Devant ces signaux d'alerte, il faut consulter un médecin généraliste qui instaurera un traitement et orientera la personne vers un spécialiste pour débuter une psychothérapie. Le retard de prise en charge peut être très néfaste, conduire à des hospitalisations multiples et parfois avoir des conséquences dramatiques comme des tentatives de suicides ou des conduites addictives.

 

Par Valérie Auslender

 

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http://www.allodocteurs.fr/article.asp?idarticle=11960  

 

Edité le 10 décembre 2013 par, 

  

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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