La prise en charge de la fibromyalgie

Publié le 17 Mai 2013

Favoriser une prise en charge précoce et graduée

 

Anne-Françoise Pauchet-Traversat
Chef de projet du service des maladies chroniques et des dispositifs d’accompagnement des malades – HAS

Un rapport d’orientation de la HAS dresse un état des connaissances sur la fibromyalgie. Que sait-on aujourd’hui de ce syndrome ?


La fibromyalgie est de description relativement récente. Elle touche une femme dans 8 à 9 cas sur 10. Près de 90 % des patients ont moins de 60 ans. Sa prévalence serait de 1,4 à 2,2 % dans la population générale. En moyenne, les médecins

généralistes voient moins de trois patients atteints de ce syndrome par an, les rhumatologues davantage.


 

guillemet_hautL’absence de prise en charge scientifiquement validée et consensuelle du syndrome fibromyalgique ne doit pas conduire à laisser les patients sans réponse, 
et les professionnels sans solutions à proposer  

Il n’existe pas, à ce jour, de traitement spécifique, ni de prise en charge bien établie. Le rapport d’orientation de la HAS propose des pistes de prise en charge, à partir des recommandations internationales existantes, d’enquêtes et de l’expérience de professionnels impliqués. Le médecin s’attache tout d’abord à reconnaître et à évaluer la souffrance, physique comme morale, du patient. Il peut aussi rechercher une dépression associée, préexistante ou secondaire. Il peut apprécier le retentissement des symptômes sur la vie quotidienne du patient et lui proposer une prise en charge graduée (voir infographie), en fonction des symptômes les plus gênants pour le patient : douleur, troubles du sommeil ou de l’humeur, etc. Il peut enfin informer le patient sur les incertitudes qui entourent l’origine du syndrome fibromyalgique. Dans la plupart des cas, il est impossible de faire disparaître les symptômes, mais ceux-ci ne conduiront pas à l’invalidité s’ils sont pris en charge de façon précoce et si des solutions sont proposées et évaluées avec le patient.

Le maître mot de la prise en charge, c’est l’activité. Il faut promouvoir la reprise progressive ou la poursuite de l’activité physique chez ces patients, au plus près des recommandations pour la population française : au moins une demi-heure d’activité physique, adaptée, chaque jour. Le patient doit faire selon ses moyens, mais faire quand même. En effet, le déconditionnement à l’effort peut générer encore davantage de douleur.


Si le patient estime qu’il est trop difficile de se reconditionner seul à l’effort, on peut lui proposer des séances de balnéothérapie. Par ailleurs, les antalgiques peuvent être utiles. L’analyse des prescriptions montre cependant que les médicaments qui sont utilisés dans la fibromyalgie ont souvent des effets secondaires assez importants. Il faut s’efforcer de bien peser la balance bénéfice/risque avec le patient. Le médicament n’est pas forcément la première réponse à apporter. C’est au médecin généraliste d’en décider, selon les symptômes et leur retentissement sur la vie quotidienne. Dernier point, quelle que soit la prise en charge proposée, il est nécessaire d’évaluer de façon régulière l’utilité de chaque traitement délivré, au regard de ses bénéfices, de ses effets indésirables et de son coût.

 

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Article collecté sur le site :

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/fc_1098138

 

Edité le 17 mai 2013 par,

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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