« Le scandale des dépassements d'honoraires à l'hôpital »

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

bd945990d1d87635ae44dd1971071298-w243C’est ce que titre Le Parisien, qui explique sur sa Une et une double page qu’« à l’hôpital public, certains mandarins facturent les actes médicaux au prix fort ». Le journal publie un entretien avec le directeur général de la Cnam, Frédéric Van Roekeghem, qui « s’insurge contre les dépassements d’honoraires pratiqués par des chirurgiens de l’hôpital public. Il vient de leur adresser un ferme rappel à l’ordre ».


Le Parisien relaie ainsi une étude parue dans « 60 Millions de consommateurs », qui note que « certains chirurgiens, autorisés à exercer une activité libérale au sein même d’un hôpital public, en profitent pour pratiquer des tarifs indécents ». Le quotidien évoque de « nombreux dérapages » : « Exemple : une opération d’un genou payée 6 000 € par le patient et remboursée 555 € par la Sécurité sociale ! Grands pontes, mandarins ou chefs de service, les plus gourmands améliorent ainsi leurs revenus de l’ordre de 70.000 € par an ».


Le Parisien continue : « Censée, à l’origine, permettre à l’hôpital de conserver les meilleurs de ses docteurs, cette pratique dérive à la fois à Paris et dans de grandes villes de province. Ainsi la même opération de la cataracte coûtera au malade 567 € en moyenne au CHU de Toulouse contre 750 € au CHU de Strasbourg et jusqu’à 1.490 € à l’Hôtel-Dieu à Paris. Ce, alors que la Sécu ne la remboursera qu’à hauteur de 272 €. Pourquoi de tels écarts ? C’est ce qu’aimerait savoir le directeur général de l’assurance maladie ».


Le journal indique que « Frédéric Van Roekeghem a écrit aux praticiens hospitaliers dont les tarifs sont «excessifs» en leur demandant de s’expliquer. Le patron de la Sécu se dit même prêt à les sanctionner si le Conseil national de l’Ordre ne fait pas le ménage ». Le quotidien observe que « les complémentaires santé obligées de régler tout ou partie de ces dépassements applaudissent. Mais en attendant une normalisation des pratiques, nombre de patients payent encore de leur poche des milliers d’euros pour une opération ».


Frédéric Van Roekeghem déclare qu’« il y a de plus en plus d’excès. Et au bout du compte, c’est le patient qui paie. L’assurance maladie a écrit à 249 médecins libéraux et à 28 praticiens hospitaliers qui, selon nous, ne respectent pas le code de déontologie en ne pratiquant pas le «tact et la mesure» ». Le responsable ajoute que le Conseil de l’Ordre « est trop passif. [….] Nous allons continuer à lui signaler les excès, et s’il ne fait rien, nous demanderons d’avoir la possibilité de déconventionner temporairement ces médecins sur leur activité libérale ».


Le Parisien interroge également Philippe Cuq, président de l’Union des chirurgiens de France, qui note que « les tarifs abusifs sont très marginaux. Cette pratique concerne surtout de grands professeurs reconnus au niveau international. […] Si un patient veut traverser la France pour se faire opérer par tel ou tel professeur, libre à lui. Mais il a la possibilité, partout ailleurs sur le territoire, de trouver des chirurgiens de qualité à des tarifs abordables ».


Le journal ajoute que « si ces dépassements existent - à l’hôpital comme dans le privé -, c’est qu’il y a un problème de rémunération des médecins. Selon ce praticien, les tarifs de la Sécurité sociale en matière de chirurgie n’ont presque pas augmenté : entre 1980 et aujourd’hui, les hausses consenties atteignent à peine 6,5% à 10%, selon les pathologies. Mais les charges des médecins ont flambé ».


Le Figaro aborde également ces « dépassements d'honoraires épinglés » et livre la réaction du Dr Norbert Skurnik, président de la Coordination médicale hospitalière, qui déclare que « la question de savoir s'il faut autoriser des plages d'activité libérale à l'hôpital public […] a été rendue obsolète par la crise de la démographie médicale. Le manque de praticiens hospitaliers est tel qu'un hôpital ne peut plus se permettre de perdre un chirurgien compétent et expérimenté. […] L'urgence, c'est de revoir les conditions matérielles, le statut et la reconnaissance des praticiens hospitaliers pour rendre l'hôpital plus attrayant ».


Le Parisien, Le Figaro, L’Humanité

 

Article récolté sur le site :

http://www.mediscoop.net/index.php?pageID=newsletter_mediscoop&id_newsletter=4470&liste=0&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=d93bfd3608b7ba9b41bd2dff979ec50a&midn=4470#dabeb910faf120475584807b34999da0

 

Edité le 08 avril 2012 par :

Evy - signature animée Titi

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