Le syndrome fibromyalgique (extrait)

Publié le 17 Juillet 2013

 

La fibromyalgie est un syndrome complexe aux frontières mal délimitées, principalement caractérisé par des douleurs diffuses se localisant aux muscles, aux articulations, aux zones d'insertion tendineuse, avec une prédominance axiale et rhizomélique 1. Cette topographie évoque un relais incontournable spinal segmentaire. Elle prédomine chez la femme, s'exagérant lors des épisodes de stress, des situations conflictuelles, des périodes menstruelles et ovulatoires, se référant avec prédilection sur la sphère pelvi-périnéale. Le terme de fibromyalgie a remplacé celui de fibrosite qui évoquait une participation inflammatoire qui n'existe pas. MF Kahn l'intitule " Syndrome Polyalgique Idiopathique Diffus " (SPID) 2.

La douleur fibromyalgique

Il s'agit de douleurs référées au niveau de zones normalement innervées, renfermant un contingent normal de récepteurs nociceptifs, dont le seuil synaptique spinal paraît abaissé. Il faut faire entrer dans ce contexte la labilité émotionnelle de ces patientes, leur sensibilité particulière aux stress qui provoque une élévation de leur tonus musculaire de base et un abaissement du seuil rythmogène neuromusculaire tel qu'on l'observe au cours de la spasmophilie. Il faut signaler que les stress répétés et les états spasmophiles abaissent le seuil algogène.

Nous estimons que la douleur fibromyalgique doit être différenciée de la douleur myofasciale, contrairement à l'opinion de certains qui considèrent les douleurs de la fibromyalgie comme une superposition topographique de douleurs myofasciales. Un certain nombre de caractères la différencient :
La douleur fibromyalgique est douloureuse à la palpation et non seulement sensible, il n'existe pas d'altérations organiques ou électriques au-dessous des zones algiques, elle est mal calmée par les antalgiques, insensible aux anti-inflammatoires non stéroïdiens et à la corticothérapie, aggravée par les efforts. La douleur myofasciale est caractérisée par la présence de points gâchettes (trigger points) dans les structures donnant naissance à la douleur, mais parfois en dehors de la zone d'extension de celle-ci. Elle est exacerbée à la pression avec sursaut (jump sign). Il existe au niveau algique des spasmes fasciculaires dont nous avons réussi à enregistrer l'activité électrique. L'anesthésie locale du trigger point provoque une abolition de la symptomatologie.

Les critères algiques

De nombreuses discussions ont eu lieu concernant la localisation et le nombre des points douloureux dont 18 ont été retenus. Pour affirmer le diagnostic, la présence d'au moins 11 points est considérée comme nécessaire. Toutefois, nous estimons que la constatation de 6 zones algiques à la pression est suffisante [Fig. 1]. Il s'agit de douleurs diffuses, rhizoméliques, se manifestant par rapport à l'axe rachidien, intéressant les côtés droit et gauche, les moitiés supérieures et inférieures.

fibromyalgie

Fig. 1 Schéma imagé des principaux points sensibles à la palpation dans la fibromyalgie

Principaux points sensibles à la palpation
Infra-occipitaux Cervicaux bas  
Cervicaux bas Face antérieure des espaces intertransversaires C5-C7
Trapèzes Au milieu du bord supérieur
Supra-épineux Au-dessus de l'épine de la scapula près de son bord médial
Deuxième côte A la jonction chondrocostale, au bord supérieur, un peu latéralement
Epicondyle 2 cm au-dessous
Fessiers Quadrant supéro-latéral de la fesse
Grand trochanter A son bord postérieur
Genou Sur le coussinet adipeux de la face médiale, au-dessus de la fosse intercondylaire

Signes associés

L'étude des patientes présentant des manifestations fibromyalgiques peut extérioriser certaines anomalies associées3 :
- Asthénie prédominant au réveil.
- Troubles du sommeil avec dysfonctions EEG portant sur les phases NREM.
- Anxiété.
- Etat de tension musculaire au repos.
- Paresthésies sans localisation spécifique.
- Impressions subjectives d'œdème tissulaire.
- Fatigabilité anormale.
- Céphalées
- Colopathies spasmodiques.
- Instabilité vésicale et dysménorrhée
Ces signes sont améliorés par l'exercice physique et aggravés par le surmenage et les stress, ainsi qu'en période menstruelle et d'ovulation.
De plus, d'autres atteintes ont été rapportées :
- Engourdissements
- Syndrome de Raynaud.
- Prolapsus de la valve mitrale.
- Syndrome de l'articulation temporomandibulaire.
- Anormalités visuelles, auditives et vestibulaires.

La participation musculaire

Du point de vue musculaire, on constate une fatigabilité anormale, une diminution de la force, une certaine raideur et une réduction de la capacité de relaxation. Les points sensibles à la pression peuvent présenter une certaine tension musculaire.

Nous n'avons observé aucune lésion électromyographique au niveau des zones algiques. Par contre nous avons constaté un allongement du temps de relaxation qui pourrait évoquer des troubles de la relaxation musculaire ayant une incidence négative sur la performance à l'effort.

Nous avons retrouvé chez la plupart des fibromyalgiques un allongement du temps de demi-décontraction du réflexogramme achilléen, fait que nous avions constaté chez les sujets en baisse de forme et sur la plupart de ceux qui présentent des signes électriques de spasmophilie. Cela confirme les constatations de J. Elert et al 4 et reflète non seulement une hypertonie musculaire de repos, mais peut être en faveur d'une hypothyroïdie, confirmant les travaux de J. Eisinger 5 et JC. Lowe 6.

Toutefois, il nous faut signaler que nous constatons la plupart du temps des signes électriques étagés de souffrance radiculaire infra-clinique.

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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