Les douleurs de coxarthrose montent au cerveau !

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Plusieurs études ont mis en évidence des altérations morphologiques au niveau cérébral dans les états douloureux chroniques (fibromyalgie, migraines, lombalgies). Les régions cérébrales le plus constamment impliquées sont le thalamus et les régions pré-frontales.
Par ailleurs, le concept de plasticité neurologique permet d’expliquer l’autonomisation de la douleur : cette dernière peut persister alors que la cause a disparu. Enfin, quelques travaux suggèrent une réversibilité des modifications cérébrales après la guérison de la cause de la douleur.

La coxarthrose, en tant que douleur chronique, pourrait aussi entraîner des modifications cérébrales. C’est ce qu’ont cherché à mettre en évidence les auteurs de cette étude prospective, en utilisant une technique IRM permettant de mesurer le volume de la substance grise cérébrale (Voxel-based morphometry VBM)).

Seize cerveaux de sujets souffrant de coxarthrose unilatérale droite ont été comparés à ceux de contrôles indemnes de pathologie douloureuse, appariés pour le sexe et l’âge.
Deux imageries ont été réalisées dans le mois précédant et à 9 mois de la pose d’une prothèse totale de hanche (PTH). Parallèlement, la douleur, la fonction, et les scores d’anxiété/ dépression ont été évalués.

Sans surprise, les scores fonctionnels et de douleur se sont améliorés après PTH (p.

Plus étonnant, les auteurs on constaté une atrophie de la substance grise du thalamus, prédominante à gauche (controlatérale à la coxarthrose) par rapport aux contrôles. Cette atrophie avait significativement régressé (psur les images à 9 mois de la pose de la PTH et il n’y avait plus guère de différence avec les contrôles, laissant espérer une restitution ad integrum. Les auteurs n’ont observé aucun effet de la coxarthrose au niveau des régions préfrontales.

Ainsi, cette étude confirme que des douleurs chroniques ayant un support anatomique aussi clairement défini que la coxarthrose, entraînent une modification profonde du cerveau, détectable par l’imagerie moderne. La réversibilité de ces modifications associée à la diminution de la douleur et l’amélioration fonctionnelle après PTH conduit à s’interroger :  combien de temps attendre avant d’en venir à un traitement chirurgical ?

Dr Laurent Laloux

Gwilym SE et coll : Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum., 2010; 62: 2930-2940

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Source : http://www.jim.fr/

Article édité par Evy

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