Les Français plus prompts que les Britanniques à soulager la douleur

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

La perception de la douleur et sa prise en charge varient assez sensiblement d'un pays à l'autre, si l'on croit les résultats d'un sondage sur les Européens et la douleur, réalisé par l'institut Ifop pour la division Upsa de Bristol-Myers Squibb et rendus publics le 18 octobre à l'occasion de la Journée mondiale de la douleur.

Plus de 3000 personnes ont été interrogées (dont 1009 Français, 503 Allemands, 502 Espagnols, 511 Italiens et 505 Britanniques) sur les douleurs dont ils sont victimes au quotidien et la façon dont ils les gèrent.

Les résultats montrent d'emblée des divergences en matière de perception de l'importance de la prise en charge de la douleur, qui apparaît comme une démarche normale pour 94 % des Français mais qui n'a rien d'évident pour 69 % des Britanniques. Globalement, seule une petite majorité des Européens (54 %) trouvent normal de soulager la douleur.

Mal de dos, mal du siècle

L'adage se confirme dans chacun des pays ayant participé au sondage, puisque le mal de dos touche quasiment les deux tiers des personnes interrogées et qu'il arrive en tête des douleurs mentionnées. Les Allemands sont les plus nombreux à s'en plaindre (68 %), tandis que les Italiens sont les moins concernés (55 %). Les inégalités hommes-femmes sont particulièrement vraies dans ce domaine, notamment en Espagne où l'écart est de 23 points (73 % contre 50 %). Les personnes âgées sont également plus souvent victimes de lombalgie, particulièrement en France où les seniors sont 67 % à s'en plaindre contre 52 % des 18-24 ans.

Le mal de tête constitue le deuxième type de douleur en termes de fréquence, puisqu'il affecte plus de la moitié des Européens "souvent" ou "de temps en temps". Là encore, les femmes sont plus touchées que les hommes (63 % d'Européennes contre 41 % d'Européens). La migraine, quant à elle, touche plus d'un quart des personnes interrogées : certaines populations sont toutefois plus sujettes à cette douleur, notamment les Françaises (34 %), les Italiennes et les Espagnoles (33 %), tandis que les Britanniques et les Allemands en souffrent moins (respectivement 25 et 21 %). Arrivent ensuite les douleurs articulaires et les courbatures, qui touchent préférentiellement les personnes de plus de 65 ans. Les Espagnoles sont par ailleurs les plus nombreuses à se plaindre de douleurs liées aux règles (à l'inverse des Françaises qui en souffrent moins souvent), tandis que les Allemands sont très peu sujets aux douleurs dentaires, comparés aux Italiens notamment (15 % contre 24 %).

L'impact de la douleur varie d'un pays à l'autre

La souffrance impacte le quotidien d'un Européen sur deux en moyenne, mais les réponses font apparaître de larges disparités entre les pays : les Britanniques sont en effet les moins gênés par la douleur dans leurs activités quotidiennes (1/3), quand plus de la moitié des Espagnols et des Allemands considèrent qu'elle affecte beaucoup leurs loisirs, leur vie intime, leur vie de famille et leur vie professionnelle.

De la même façon, le comportement de chacun face à la douleur va être différent : plus de la moitié des Espagnols attendent moins d'une heure pour prendre en charge leur douleur, tandis que 40 % des Allemands patientent plus de 2 heures. Les réponses font également apparaître quelques disparités entre les hommes et les femmes, notamment au Royaume-Uni où les premiers sont moins prompts que les secondes à se soigner (36 % contre 45 %).

Les antalgiques, première solution pour traiter la douleur

Les médicaments anti-douleur font l'unanimité (86 % des personnes interrogées) et arrivent en tête (73 %) des solutions auxquelles recourent les Européens pour soulager leurs douleurs. Si le paracétamol apparaît comme l'une des molécules les plus utilisées, les pays affichent des préférences très marquées : extrêmement populaire en France (65 %) et au Royaume-Uni (49%), cette molécule est en effet détrônée par l'ibuprofène en Espagne (43 % contre 35 % pour le paracétamol) et par l'aspirine en Italie (33 % contre 27 %). Les Allemands, quant à eux, ont une légère préférence pour le paracétamol, mais utilisent de manière à peu près égale chacune de ces trois molécules majeures dans le traitement de la douleur.

Les solutions alternatives aux antalgiques ne sont toutefois pas en reste, un tiers de la population déclarant recourir aux expositions au chaud et au froid (dont sont particulièrement friands les Allemands, avec la moitié d'entre eux qui utilisent cette méthode), 29 % aux massages (qui séduisent 38 % des Espagnols) et 27 % aux méthodes de relaxation (plébiscitées par 34 % des italiens).

Enfin, le médecin généraliste reste d'une façon générale la référence en matière de conseil sur le traitement de la douleur, mais là encore, avec des disparités entre les pays : les Britanniques accordent ainsi plus volontiers leur confiance à leur pharmacien (20 %) et ou à leurs proches (19 %) qu'à leur médecin généraliste, qui a en revanche la faveur de plus des deux tiers des Allemands. Les uns et les autres sont en outre les plus nombreux à consulter Internet (22 %), par rapport à leurs concitoyens européens (15 %).

Amélie Pelletier

Sources :
Enquête Ifop-division UPSA de Bristol-Myers Squibb - La douleur au quotidien (résultats disponibles sur le site de l'Institut UPSA de la douleur)

Publié dans Douleurs

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