Les génériques en quête d'un nouveau souffle

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Un sondage a révélé que ces médicaments plongent dans l'estime des Français. Le récent rapport de l'Igas apporte des éléments en leur faveur.


Les génériques ont moins la cote aujourd'hui en France.

Les génériques ont moins la cote aujourd'hui en France.

Moins 5 points en un an. La cote d'amour desmédicaments génériques vient de baisser auprès des Français. D'après le sondage Ifop commandé par le groupe GPR (qui représente 11 % des pharmaciens), les Français ne sont plus désormais que 72 % à penser qu'un générique a la même efficacité qu'un médicament princeps. Pourtant, depuis 2006, la Sécurité sociale rembourse deux fois plus de boîtes de génériques - 700 millions par an -, pour une économie estimée à 1,3 milliard d'euros par an.

  • Des doutes sur la sécurité

Cette soudaine allergie a peut-être des origines économiques, les patients restant conscients que la pression de plus en plus grande exercée par les pouvoirs publics en faveur des génériques n'est pas d'origine sanitaire. L'obligation imposée aux patients de choisir le générique pour bénéficier du tiers payant rebute, selon l'étude de l'Ifop, 46 % des Français. Plus de un Français sur deux estime que cette disposition porte atteinte à sa liberté. Parmi ceux-là, les 35-49 ans sont les plus déterminés. Ce qui n'empêche pas 82 % des personnes interrogées de trouver les génériques moins chers.


Autre aspect mis en cause par les Français : la sécurité du générique. Ils ne sont plus que 61 % à estimer les génériques aussi sûrs que les princeps, alors qu'ils étaient 71 % il y a dix ans. En 2009, 54 % des génériques mis sur le marché étaient fabriqués en France, 41 % dans le reste de l'Europe et seulement 5 % dans le reste du monde.


Ce n'est pas la fabrication du générique qui est délocalisée en Chine ou en Inde, mais celle des matières premières qui le composent. La plupart des principes actifs (API) qui concourent à la fabrication des médicaments sont désormais produits en Inde ou en Chine, des pays qui détiennent 60 % du marché européen des principes actifs.


Comme le constate Laurence Weber, chez Ethypharm, « le marché des principes actifs s'est retourné en trente ans. 80 % des substances actives utilisées en Europe sont fabriquées hors de l'espace économique européen. » De plus, les sous-traitants se multiplient, ce qui ne laisse pas d'inquiéter l'ANSM.

  • Suspension pour 29 sites

On sait, d'après ce qu'elle a elle-même indiqué, que la direction européenne de la qualité du médicament a mené en 2011 18 inspections en Asie et abouti à la suspension d'autorisation de 29 sites. L'Igas (Inspection générale des affaires sociales) a proposé récemment d'indiquer, sur les boîtes de médicaments, la provenance des matières premières et le pays de fabrication du générique.


L'Académie de médecine, qui avait publié en février dernier un rapport très défavorable au sujet des génériques, ne cache pas non plus que ses réticences sont partagées par des études étrangères de haut vol. D'après l'une d'entre elles, menée par les pharmacologues de l'université de Harvard, 23 % des 506 médecins interrogés émettent des opinions négatives quant à l'efficacité des génériques, tandis que 50 % formulent des doutes sur la qualité des produits.


Le développement du générique en France est une longue histoire. À partir de 1999, les chiffres ont été très vite encourageants. La consommation avait presque doublé en trois ans, permettant d'économiser 380 millions d'euros en 2004. Et le fait que, sur la liste des 270 médicaments indispensables établie par l'organisation mondiale de la santé (OMS), 265 soient « généricables » ouvrait de vastes perspectives.


Depuis, le développement des médicaments génériques s'essouffle,leur vente ayant reculé en 2011 de 3 % pour la première fois.

  • L'Igas conseille une relocalisation de la fabrication

C'est dans ce contexte que l'Igas vient de rendre public un rapport prêt depuis septembre, mais qui aujourd'hui a l'avantage de servir à relancer un nouveau souffle. L'Inspection générale des affaires sociales constate que la France est très en retard par rapport à l'Allemagne et à l'Angleterre, des pays où le taux de vente des génériques s'élève respectivement à 80 et 60 %.


Un certain nombre de leviers sont donc suggérés. Tout en insistant sur le fait que « les études démontrent globalement une absence de supériorité des princeps par rapport aux médicaments génériques »,l'Igas conseille une relocalisation de la fabrication - une mesure de nature à pouvoir rassurer les patients -, ainsi qu'une baisse de 10 % du prix des génériques, ceux-ci étant de cinq à quatorze fois plus élevés qu'aux Pays-Bas, en Espagne, en Angleterre, et une lutte contre « les fausses innovations » des laboratoires.

Il s'agit des « me-too » (moi aussi en anglais), une molécule un peu modifiée, bon marché à fabriquer, qui se prétend porteuse de quelque chose de plus.


Ce qui n'est pas forcément vrai, mais contribue à encombrer l'armoire à pharmacie.

 

 

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Article collecté sur le site :

http://www.sudouest.fr/

 

Edité le 29 mars 2013 par,

 

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