Les maladies musculosquelettiques, poids lourd du handicap !

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

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Certaines estimations suggèrent que, en 2060, l’espérance de vie à la naissance dans l’Union européenne atteindra 84,5 ans pour les hommes et 89 ans pour les femmes (1). Cependant, vivre longtemps ne signifie pas forcément vivre bien ; il semble donc important de comprendre si ces années de vie gagnées seront des années en bonne santé ou si ce seront des années à vivre avec des maladies, un handicap, ou en situation de dépendance, ne serait-ce que pour mieux prévoir les besoins en matière de soins et d’assistance. Par ailleurs, dans un contexte d’attentes grandissantes de vie sociale des plus âgés, cette question est devenue un enjeu socio-économique important.

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié les résultats de sa dernière Global Burden of Disease Study (2010) [2, 3], projet collaboratif international ayant pour objectif de comparer le poids des maladies, à la fois en termes de mortalité et de morbidité. En 2010, 3 maladies musculosquelettiques figuraient parmi les 10 premières causes du nombre d’années vécues avec incapacité (Years Lived with Disability [YSL]) dans le monde : la lombalgie se situait, comme en 1990, en tête de liste, devant la dépression et l’anémie par carence martiale ; la cervicalgie conservait sa 4e place, et les “autres maladies musculosquelettiques” (incluant, entre autres, les rhumatismes inflammatoires) passaient de la 5e à la 6e place. L’arthrose montait, quant à elle, de la 15e à la 11e place (2), devenant la maladie dont le nombre d’années vécues avec incapacité avait le plus augmenté au cours des 20 dernières années (devant la coronaropathie et la maladie d’Alzheimer).

 

Ces données varient bien sûr en fonction de la région d’intérêt. Ainsi l’arthrose occupait-elle une place plus importante dans les zones de haut niveau socio-économique comme l’Amérique du Nord (10e place), l’Europe de l’Est (7e place) ou l’Asie (6e place).

 

En France, une enquête en population générale a montré que les maladies musculo squelettiques avaient une influence considérable sur le sentiment d’être handicapé (4) et sur les restrictions légères des activités de la vie quotidienne, devant les maladies neurologiques, psychiatriques et cardiovasculaires. Ce poids était plus lourd dans la population active, en particulier chez les personnes âgées de 40 à 60 ans, et chez les femmes.

 

L’ensemble de ces données devrait convaincre les plus sceptiques du poids des maladies musculosquelettiques, en France ou dans le monde. Si les rhumatologues en sont certainement persuadés, il n’en est pas de même des politiques, pour qui la lutte contre la mortalité et l’augmentation de l’espérance de vie globale restent les principaux objectifs. Cependant, les priorités ont aujourd’hui changé, et l’espérance de vie sans incapacité vient progressivement remplacer l’espérance de vie “classique”. Il semble donc urgent de mettre en oeuvre les mesures nécessaires à la diminution du handicap lié aux maladies musculosquelettiques (entre autres subventions pour la recherche, campagnes de sensibilisation du grand public, adaptations de l’environnement).

 

C. Palazzo*, S. Poiraudeau*
* Service de rééducation et réadaptation de l’appareil locomoteur et des pathologies du rachis, hôpital Cochin, AP-HP ;
pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Sorbonne Paris Cité, université Paris-Descartes ;
Inserm/CNRS Institut fédératif de recherche Handicap, Paris.

 

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Edité le 23 avril 2013 par,

 

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