Les traitements médicaux du syndrome de fatigue chronique (extrait)

Publié le 14 Octobre 2013

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La cause de ce syndrome étant loin d’être claire, il n’existe pas de traitement spécifique au syndrome de fatigue chronique dont l’efficacité a été clairement démontrée.

 

En pratique, les traitements visent à soulager les symptômes, à donner le maximum d’autonomie au malade et à maximiser ses capacités. Selon le Consensus canadien sur l’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique1, ils doivent idéalement respecter le rythme de la personne ainsi que ses limites1. Voici un aperçu des recommandations comprises dans ce rapport.

Approches d’autothérapie

L’objectif d’une stratégie d’autothérapie est d’aider la personne atteinte à conserver son énergie, minimiser ses symptômes et améliorer ses habiletés d’adaptation et ses capacités à accomplir ses activités quotidiennes.

Apprendre à connaître la maladie et les façons de la combattre

Il est important de connaître la maladie et savoir à quoi on peut s’attendre afin d’élaborer des stratégies d’autothérapie. La personne atteinte doit apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs et s’arrêter avant d’avoir dépassé ses limites. Il est avantageux de connaître les techniques de relaxation et de réduction du stress, de conservation d’énergie (voir Approches complémentaires) et d’éviter les facteurs aggravants connus.

 

Développer sa capacité d’adaptation

  • Se fier à ses impressions et à ses expériences pour déterminer ses limites d’activité.
  • Se réserver du temps pour se reposer et s’adonner à une activité qui nous plaît.
  • Repousser graduellement ses limites, quand on est capable, sans jamais les excéder.

Améliorer son sommeil

  • Se coucher à heures régulières.
  • Prendre un bain tiède.
  • Ne pas utiliser le lit pour autre chose que dormir ou les activités sexuelles.
  • Calmer l’activité mentale par la méditation ou des techniques de relaxation, etc.
  • Voir notre dossier Avez-vous bien dormi?.

Avoir une alimentation équilibrée

  • S’assurer d’une alimentation équilibrée et nutritive (voir Comment bien manger?).
  • Manger à heures régulières.
  • Boire suffisamment.
  • Au besoin, prendre des suppléments alimentaires et un comprimé multienzyme en cas de syndrome de l’intestin irritable ou de problèmes digestifs.

Deux thérapies qui fonctionnent : vers une nouvelle approche thérapeutique?

 

Une étude menée en Angleterre, publiée dans le prestigieux journal Lancet en mars 20114, vient contredire à certains égards les conclusions du Consensus canadien1. Elle a été menée durant 52 semaines auprès de 641 personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique. Selon cette étude, la combinaison activité physique progressive et suivi médical a mené à une amélioration du niveau d’énergie et des capacités physiques pour 61 % des sujets. La combinaison thérapie cognitivo-comportementale et suivi médical a entraîné une diminution des symptômes avec une efficacité comparable (pour 59 % des sujets). Par contre, le groupe de patients ayant suivi la stratégie de l’autothérapie (telle que décrite dans cette fiche : s’adapter à la maladie, réduire les activités en conséquence, etc.) ont vu leurs symptômes diminuer de seulement 42 %, un résultat à peu près équivalent à celui d’un suivi médical seul. L’approche préconisée dans cette étude part du principe qu’il est possible de récupérer de ce syndrome, au lieu de devoir constamment s’y adapter. (Voir notre nouvelle Syndrome de fatigue chronique: 2 thérapies qui fonctionnent, pour plus de détails.)

 

Activité physique

 

Une évaluation initiale devrait précéder l’élaboration d’un programme d’activité sous la supervision d’une personne qualifiée en physiologie de l’exercice et ayant une connaissance approfondie du syndrome de fatigue chronique. L’objectif de ce programme est d’améliorer la capacité à bien fonctionner au quotidien, en respectant les capacités cardiovasculaires mises en lumière lors de l’évaluation. Cependant, il est impératif de décider soi-même de l’intensité et de la cadence des exercices.

Un malaise ou une fatigue physique disproportionnée après un effort est une caractéristique distinctive et un critère du syndrome de fatigue chronique. Un programme d’exercice physique doit donc être adapté à chaque patient pour éviter de provoquer des rechutes ou d’aggraver les symptômes. Il peut être indiqué de commencer par des périodes d’activité aussi brèves que 2 minutes, 3 fois par semaine.

Thérapie cognitivo-comportementale

Les lignes directrices de traitement présentées par le Consensus canadien1ne recommandent pas particulièrement cette approche, qui s’est révélée inefficace pour guérir des symptômes physiologiques comme l’incapacité de rester debout, le mal de gorge, le syndrome de l’intestin irritable, etc. Selon les auteurs du rapport, il est faux de croire qu’en modifiant sa façon de penser, les symptômes vont s’atténuer ou disparaître. Ainsi, on disposerait aujourd’hui de suffisamment de connaissances pour écarter l’hypothèse selon laquelle « le syndrome de fatigue chronique comporte des symptômes qui ne sont qu’imaginés ou amplifiés par une détresse psychiatrique sous-jacente »6.

Médicaments

Beaucoup de médicaments ont été proposés pour traiter le syndrome de fatigue chronique et aucun n’a fait preuve d’une grande efficacité pour soulager ce syndrome dans son ensemble. De nombreuses personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique sont hypersensibles aux médicaments. Souvent, la médication proposée commencera par des doses inférieures à la posologie courante.

 

Troubles du sommeil

 

Douleurs
Analgésiques. Comme traitement de base : acétaminophène. À court terme, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), des antidépresseurs tricycliques à faibles doses, la gabapentine ou le baclofène peuvent être utiles.

 

Fatigue
Méthylphénidate, cyanocobalamine (vitamine B12) par voie orale, modafinil, amantadine, dextroamphétamine. La plupart de ces médicaments n’ont qu’un effet à court terme. Des injections de vitamine B12 à forte dose ont bénéficié à certaines personnes même si elles avaient un hémogramme (formule sanguine) normal1.

 

Problèmes cognitifs
Méthylphénidate, modafinil, nimodipine, dextroamphétamine, cyanocobalamine (vitamine B12) donnent parfois des résultats.

 

Étourdissement et problèmes orthostatiques (qui se rapportent à la station debout)
Augmentation de la consommation de sel s’il n’y a pas d’hypertension. Ensuite, au besoin, le médecin pourra prescrire un bêtabloquant, un alpha-1-agoniste, de la fludrocortisone, de la paroxétine ou un antinauséeux comme la méclozine.

 

Dépression, anxiété
Contre la dépression les médecins peuvent prescrire des inhibiteurs de recapture de la sérotonine (ISRS), des antidépresseurs tricycliques à faible dose (qui réduisent aussi les douleurs musculaires) et des anxiolytiques afin de traiter les symptômes associés à la dépression.

 

 

Attention. Vaccination : on déconseille généralement l’immunisation par vaccin vivant parce qu’elle risque d’aggraver les symptômes et de déclencher des rechutes. Si un vaccin doit être donné, on recommande que ce soit le médecin traitant qui procède à l’injection. La dose devrait être divisée en 3 ou 4 minidoses, données chacune à au moins 1 mois d’intervalle pour s’assurer de l’absence de réaction ultérieure1. Cependant, la littérature médicale ne rapporte pas de cas où la vaccination aurait provoqué un syndrome de fatigue chronique.

 

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Article collecté sur le site :

http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=syndrome-fatigue-chronique-pm-traitements-medicaux-du-syndrome-de-fatigue-chronique  

   

Edité le 14 octobre 2013 par,  

  

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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