Objectif baisse des prix dans les pharmacies

Publié le 19 Septembre 2013

Il existe des disparités de 1 à 4 dans le prix des médicaments non remboursables.

 

 

L’Autorité de la concurrence veut ouvrir en partie le monopole des officines. L’un des points qu’elle a identifiés comme un obstacle à des économies sur les médicaments.

Il existe des disparités de 1 à 4 dans le prix des médicaments non remboursables. (archives « sud ouest »)

L’Autorité de la concurrence devrait rendre un avis définitif sur la vente des médicaments en France d’ici à la fin de l’année. Lundi s’est achevée la consultation publique qui devait permettre aux citoyens de déposer leurs observations sur ce sujet. Reste que le gendarme de la concurrence a déjà tracé les grands contours de son projet visant à l’ouverture partielle des monopoles officinaux. Autrement dit, la possibilité de vendre certains médicaments non remboursables en dehors des pharmacies.

« Il existe une disparité très forte du prix des médicaments non remboursables, pouvant aller de 1 à 4, note l’autorité administrative. L’ouverture partielle du monopole officinal permettrait aux consommateurs de bénéficier de tarifs plus attractifs, comme en Italie, pays qui a enregistré des baisses de 25 % des prix. »

 

Au ministère de la Santé, où on insiste sur le fait que « la ministre Marisol Touraine est attentive à un circuit sécurisé et à une consommation maîtrisée », il n’est pas envisagé que la vente des médicaments puisse se faire à l’avenir en grandes surfaces.

 

L’économie des surmarges

Ce qui n’empêche pas Michel-Édouard Leclerc, patron du groupe du même nom qui détient nombre de parapharmacies dans ses magasins, de proclamer : « L’idée de l’Autorité de la concurrence est une avancée considérable. La France est le dernier pays avec la Belgique et l’Espagne à refuser l’ouverture du monopole des officines. C’est obsolète. En ces temps de faible pouvoir d’achat, on pourrait faire l’économie des surmarges de certaines officines. »

 

Du côté des pharmaciens, l’écho est un peu différent. « L’économie serait de moins de 1 euro par an, tempère Lucien Bennatan, président du groupement de pharmaciens PHR, les Français ne dépensant que 58 euros par an en automédication. »

 

François Martial, président de la commission protection sociale de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et pharmacien au Bouscat dans la banlieue de Bordeaux, remarque que « dans les centres Leclerc, il n’y aura pas un pharmacien en permanence » alors que le monopole de compétence est un des piliers de la profession.

 

Les professionnels de la pharmacie reprochent aussi au gouvernement, sous couvert de faire baisser les prix, de vouloir réduire le nombre d’officines (près de 23 000 actuellement). La France est l’un des pays qui en comptent le plus. Derrière la Finlande et l’Islande, elle affiche un taux de 1,13 pharmacien en activité pour 1 000 habitants. 4 000 médicaments peuvent être délivrés sans ordonnance. Ils représentent 500 millions de boîtes par an. Alors que les tarifs des médicaments remboursables sont fixés par le Comité économique des produits de santé (CEPS), le prix des non remboursables est libre.

 

Les freins des fabricants

Parmi les Français qui avouent avoir recours à l’automédication, 87 % d’entre eux le font pour des douleurs, des fièvres, des maux de tête, 83 % pour des rhumes, des toux, des maux de gorge, 53 % pour des maux d’estomac ou des problèmes de digestion, 52 % pour des problèmes de fatigue ou de manque de vitamines, 37 % pour des problèmes de bouche, 33 % pour des problèmes de circulation. Selon Cétipharm, l’automédication permettrait une réduction des dépenses de santé pour l’État, une augmentation de l’automédication de 10 % représentant 17 consultations hebdomadaires en moins par médecin et une réduction du flux des urgences.

 

L’Autorité de la concurrence a commencé à agir. Elle enquête sur les points de blocage qui empêchent une véritable baisse des prix. Elle dénonce les techniques de freinage des fabricants pour les génériques, avec notamment le « pay for delay ». Une technique qui vient des États-Unis et consiste, pour un laboratoire, à payer un concurrent pour retarder la fabrication d’un médicament générique. L’autorité de la concurrence a infligé récemment une amende de 40 millions d’euros à Sanofi pour avoir dénigré les génériques de Plavix. Ce médicament a été un des plus vendus au monde : plus de 92 millions de patients dans 115 pays, dont 1 million en France. Selon le rapport de septembre 2011 de la Sécurité sociale, « le Plavix a rapporté 540 millions d’euros de chiffre d’affaires à Sanofi-Aventis rien qu’en France ». L’Autorité de la concurrence a été saisie par Teva Santé, troisième fabricant de génériques en France. Le brevet du Plavix, utilisé pour la prévention des récidives des maladies cardio-vasculaires graves ayant expiré en juillet 2008, Sanofi avait voulu « enrayer le processus de substitution », en obtenant des médecins qu’ils apposent sur l’ordonnance la mention « non substituable » et en les incitant à remplacer Plavix par son propre générique.

 

103 produits sous surveillance accrue

Les patients ont déjà pu le découvrir. Depuis le 1er septembre dernier, en effet, un triangle noir inversé sur la notice d’un médicament indique que celui-ci est soumis par les autorités sanitaires à une surveillance renforcée. Utilisé dans tous les États de l’Union européenne, ce symbole figurera également sur le résumé des caractéristiques du produit destiné aux professionnels de la santé.

 

Cette surveillance plus étroite visant à accroître la sécurité des patients concerne aujourd’hui 103 médicaments.

 

Parmi eux figure notamment le vaccin contre la grippe H1N1, Pandemrix, qui n’est plus commercialisé en France.

 

Cette liste sera actualisée et publiée tous les mois par l’Agence européenne du médicament (EMA) et les autorités sanitaires de chaque pays. « En aucun cas il ne s’agit d’une liste de médicaments dangereux », précise l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), « ni même de médicaments présentant un problème particulier de santé. Il ne faut donc pas interrompre un traitement quand le médicament fait l’objet d’une surveillance renforcée. En cas de doute, il est indispensable de demander l’avis du médecin ou du pharmacien. »

 

La mise sous surveillance renforcée est systématiquement appliquée si un médicament contient une nouvelle substance active autorisée dans l’Union depuis le 1er janvier 2011. C’est également le cas lorsqu’il s’agit d’un médicament biologique (vaccin, dérivé du sang) dont l’expérience depuis sa commercialisation est limitée.

 

Le laboratoire est aussi tenu de fournir des données complémentaires sur « l’utilisation prolongée ou sur un effet indésirable rare ayant été observé durant les essais cliniques ».

 

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Article collecté sur le site :

http://www.sudouest.fr/2013/09/19/objectif-baisse-des-prix-dans-les-pharmacies-1172999-4696.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20130919-[sondage_du_jour]

 

Edité le 19 septembre 2013 par,

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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