Pensée positive et santé : la relation passerait par l'exercice physique

Publié le 25 Septembre 2013

 

Tilburg, Pays-Bas -Le lien bien connu entre pensées positives et santé pourrait, au moins partiellement, passer par la quantité d'exercice physique qu'un esprit optimiste est à même d'accomplir. Ce résultat, publié dans Circulation Cardiovascular Quality and Outcomes, est issue d'une étude néerlandaise et danoise, menée chez des patients porteurs d'une cardiopathie ischémique [1].

Après évaluation, ces patients ont été suivis 5 ans, au terme desquels la corrélation attendue entre humeur et survie a bien été observée, mais - c'est le fait important - perd sa significativité après ajustement pour l'exercice.

« Les associations entre pensées positives et mortalité, pensées positives et exercice, et exercice et mortalité ont fréquemment été étudiées séparément », rappellent les auteurs. « Mais l'effet médiateur de l'exercice sur la relation entre pensées positives et mortalité, en un seul modèle, reste sous-étudiée ».

Selon le papier de Circulation Cardiovascular Quality and Outcomes, une seule autre étude aurait été menée sur cette triangulation pensée positive-exercice-pronostic, et publiée, elle, dans une revue de psychiatrie [2]. Les résultats étaient au demeurant les mêmes.

« Des interventions visant à la fois à consolider les pensées positives et à favoriser l'exercice pourraient donner de meilleurs résultats sur le pronostic et le bien-être des patients, que des interventions se focalisant sur un seul de ces deux aspects », concluent les cardiologues, après les psychiatres.

607 coronariens suivis durant 5 ans


L'étude, observationnelle, a été menée chez 607 patients porteurs d'une cardiopathie ischémique, suivis dans un hôpital danois (Holbaek) en 2005. Sur le plan démographique, cette population, âgée de 65 ans en moyenne, comptait 75% d'hommes, 22% de personnes vivants seules, et 32% de personnes en activité professionnelle. Sur le plan clinique, on compte 58% d'antécédents d'infarctus du myocarde, 47% d'angor, 32% d'insuffisance cardiaque et 20% d'arythmies, ainsi que 45% d'angioplasties et 21% de pontages.

Les patients qui ont refusé de participer à l'étude présentaient globalement un profil plus sévère, confirmé par une mortalité significativement plus élevée à 5 ans. Le recrutement est donc un peu décalé vers les profils les moins graves.

En 2005, ces patients ont complété la Global Mood Scale (GMS), développée au début des années 90 spécifiquement pour les patients cardiaques, ainsi qu'un questionnaire portant sur leur activité physique conçu pour cette étude. La GMS permet de tester distinctement les pensées positives et négatives. L'évaluation de l'impact des pensées positives peut ainsi être ajustée sur la présence, par ailleurs, de pensées négatives. En d'autres termes, c'est bien l'impact des pensées positives en elles-mêmes qui a été testé.

Le suivi moyen a été de 4,7 ans, durant lesquels 80 patients sont décédés (13,2%) : 29 décès CV, 14 décès par cancer, 6 décès par maladie respiratoire, 2 décès dus au diabète, 1 décès par insuffisance rénale, 1 décès par suicide, et 30 pour autres causes ou causes inconnues.

Les trois côtés du triangle : pensées positives, exercice physique, mortalité


Parmi les patients avec un score de pensées positives élevé, 30 sont décédés (9,9%), contre 50 (16,5%) parmi ceux dont le score était faible (p=0,018).

  • Décès et pensées positives

En analyse non ajustée, le risque relatif (RR) de décès à 5 ans associé à de solides pensées positives est de 0,58 ([0,37-0,93] ; p=0,02), soit une réduction de plus de la moitié. Bien qu'allant dans le même, la réduction du RR devient non significative après ajustement sur : âge, sexe, IMC, index de comorbités, recours à un psychotrope, pensées négatives (0,687 ; p=0,09).

  • Pensées positives et exercice

S'agissant de l'association entre pensées positives et exercice, on retrouve également l'association positive attendue, les sujets à hauts niveaux de pensées positives étant aussi les plus enclins à faire de l'exercice. Le risque relatif non ajusté est de 1,99 ([1,44-2,76] ; p<0,001) et le risque ajusté de 1,48 ([1,03-2,13] ; p=0,036).

  • Exercice et mortalité

L'association négative entre exercice et mortalité à 5 ans est retrouvée avec un RR de 0,39 en analyse non ajustée ([0,24-0,62] ; p<0,001) et de 0,41 en analyse ajustée ([0,26-0,66] ; p<0,001).

Enfin, en introduisant un ajustement pour l'exercice physique dans la relation entre pensées positives et mortalité, cette relation disparait (p=0,09), ce qui fait de l'exercice un facteur confondant ou « médiateur de l'effet des pensées positives » comme l'écrivent les auteurs

En revanche dans ce travail, l'association entre pensées positives et incidence des hospitalisations pour infarctus du myocarde, angor, insuffisance cardiaque, ou symptômes ischémiques n'est pas significative.

L'œuf ou la poule ? Seul le résultat importe


L'exercice comme médiateur de l'effet de l'humeur sur la santé est un résultat logique, quasi de bon sens. Il ne s'agit pas nécessairement du seul médiateur : nombre de travaux ont également évoqués des effets neuro-hormonaux.

« Comme les pensées positives et l'exercice étaient tous deux mesurés initialement, l'étude ne permet pas de conclure quant à l'orientation de la causalité », notent les auteurs. « La conclusion la plus probable est qu'il s'agit d'une relation bidirectionnelle ».

 

Auteur : Vincent Bargoin

 

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Article collecté sur le site :

http://www.medscape.fr/humeur/articles/1585493/;jsessionid=164FEA10D069CC83F55DBA1D6F57CA7A

 

Edité le 25 septembre 2013 par,

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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