«Préférer le générique au princeps devient primordial pour les comptes sociaux»

Publié le 15 Septembre 2013

 

 

L’objectif fixé pour les pharmacies est de délivrer en moyenne 85% de génériques contre 15% de princeps.L’objectif fixé pour les pharmacies est de délivrer en moyenne 85% de génériques contre 15% de princeps.

 

INTERVIEW Jean-Luc Audhoui, de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, explique le bien-fondé des nouvelles incitations en faveur des médicaments génériques. Jean-Luc Audhoui, Membre du bureau national de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF).

 

Depuis quelques jours, une nouvelle mesure destinée à soulager les comptes de l’assurance maladie est entrée en vigueur. Celle-ci encourage encore plus les pharmaciens à délivrer aux patients des médicaments génériques. Désormais, pour obtenir un médicament dit «princeps», donc non générique, il faut présenter une ordonnance sur laquelle le caractère non-substituable du médicament est étayé de façon thérapeutique. Une réforme pas toujours bien comprise du public, un peu anxieux à l’idée de voir sa prescription modifiée.

 

Un peu de pédagogie s’impose, avec Jean-Luc Audhoui (photo DR), pharmacien, membre du bureau de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Sur le même sujetInterview «Préférer le générique au princeps devient primordial pour les comptes sociaux» Refus de génériques : la pharmacie sanctionnée est un cas isolé, selon les syndicats Par Marlène Quintard

 

Qu’est ce qui justifie cette mesure ? Le débat entre médicaments génériques et tiers-payant n’est pas nouveau. Il date de 1998. Mais préférer le générique au princeps devient de plus en plus primordial eu égard à l'état des comptes sociaux. Cette année, la délivrance de génériques représente une économie d’1,4 milliard d’euros pour l’assurance maladie. Ce n’est donc pas une babiole, et l’idéal pour l’année prochaine serait d’atteindre les 2 milliards d’euros !

 

L’objectif fixé pour les pharmacies est de délivrer en moyenne 85% de génériques contre 15% de princeps. Aujourd’hui, sans motivation spécifique du médecin, il n’y a donc plus moyen d’obtenir un princeps si on le désire ? Si ! Sauf que c’est à vous de le payer [le tiers-payant ne peut s'appliquer, ndlr] et l’assurance maladie vous rembourse ensuite sa part.

 

C’est au niveau du pharmacien qu’agit la réforme. Si lui vous délivre un princeps alors qu’il pouvait vous donner un générique à la place, il ne sera en revanche plus remboursé par l'assurance maladie [s'il avait autorisé le paiement par tiers-payant, ndlr]. On est pleinement dans l’incitatif.

 

Comment expliquer la méfiance que les patients gardent vis-à-vis des génériques ? Un patient qui prend du Tahor® depuis des années peut être dérouté lorsque, du jour au lendemain, on lui délivre un produit au nom et à l’aspect différent (Atorvastatine). Il y a tout de suite une peur de revoir apparaître des symptômes désagréables, voire dangereux.

 

Or, il faut dépasser cette simple réticence psychologique. Un générique est composé des mêmes molécules que les princeps et est soumis aux mêmes mesures de contrôle sanitaire. Moi, en tant que pharmacien, je me soigne aux génériques ! La peur n’a pas lieu d'être. Alors pourquoi les génériques coûtent-ils moins cher ?

 

Là encore, c’est simple. Lorsqu’un laboratoire met au point un nouveau médicament, il fournit une étude préliminaire qui engendre un brevet. Ce brevet lui garantit la souveraineté sur la composition du médicament pendant vingt ans

 

A la fin de cette période, d’autres laboratoires pharmaceutiques peuvent commercialiser un générique qui doit obligatoirement être vendu de 30% à 50% moins cher. Parfois, les labos font produire les génériques de leurs propres princeps par leurs filiales.

 

Ainsi, ils préfèrent se concurrencer eux-mêmes et on arrive à la situation ou le générique peut être produit par les mêmes chaînes de fabrication que le princeps. Il n’y a donc pas de souci à se faire.

 

Pourquoi continuer de payer plus cher un médicament qui est le même ? Recueilli par Willy Le Devin

 

----------------

 

Article collecté sur le site :

http://www.liberation.fr/societe/2012/09/07/preferer-le-generique-au-princeps-devient-primordial-eu-egard-a-l-etat-des-comptes-sociaux_844772

 

Edité le 15 septembre 2013 par,

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #Articles collectés

Repost 0
Commenter cet article