Quel est le rôle du récepteur métabotropique du glutamate 4 dans la régulation de la douleur ?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

(UN PEU TECHNIQUE MAIS TRES INTERESSANT !!!)

 

 

IE181-061C'est Bruno Vilar qui va tenter de répondre à cette interrogation dans le cadre de son projet de recherche qui a été récompensé par le prix 2011 Institut UPSA de la Douleur/SFETD.


Conformément à sa mission d'aider la recherche clinique et fondamentale dans le domaine de la Douleur, l'Institut UPSA de la douleur (IUD) en partenariat avec la Société Française d'Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD) attribue annuellement une bourse de recherche à un jeune chercheur, choisi par le Comité Scientifique de la SFETD, et dont les travaux portent sur la douleur.

Cette année la bourse a été remise à Bruno Vilar, le 18 novembre dernier, pour son projet de recherche sur «Etude du rôle du récepteur métabotropique du glutamate 4 dans la régulation de la douleur »

Dans le résumé de son projet, Bruno Vilar explique que « Les traitements disponibles contre les douleurs neuropathiques restant inefficaces sur plus de la moitié des patients [1], la découverte et l'exploitation de nouveaux concepts antalgiques sont particulièrement intéressants. »

Parmi les différentes pistes possibles, le système glutamatergique semble particulièrement intéressant puisque le glutamate est le principal neurotransmetteur propageant l'information douloureuse. Au niveau synaptique, le glutamate active deux grands types de récepteurs :

i) des récepteurs canaux appelés récepteurs ionotropiques du glutamate
ii) des récepteurs couplés aux protéines G, les récepteurs métabotropiques du glutamate (mGluRs). Les mGluRs sont impliqués dans la modulation de l'activité synaptique tout au long des voies de transmission de la douleur. Cette famille est composée de 8 membres, classés en 3 groupes en fonction de leur similarité et de leur profil pharmacologique. Les récepteurs du groupe I (mGlu1 et 5) ont un rôle neuromodulateur positif sur la transmission glutamatergique tandis que les groupe II (mGlu2 et 3) et III (mGlu4, 6, 7 et 8) ont un rôle inhibiteur.

Récemment, une étude réalisée dans son laboratoire a identifié les mGluRs du groupe III comme cibles thérapeutiques potentielles pour le traitement des douleurs chroniques. En effet, alors que l'activation de ces récepteurs ne modifie pas la perception de la douleur chez les animaux sains, elle abolit l'excès de douleur perçu dans des conditions d'inflammation ou de neuropathie [2].
Une des clés pour la compréhension du rôle des mGluRs du groupe III dans la douleur, et en physiologie en général, est d'améliorer leur pharmacologie. « Au cours de ma thèse, j'ai dans un premier temps participé à la caractérisation du premier agoniste orthostérique sélectif pour le récepteur mGlu4, en collaboration avec l'équipe de chimie médicinale du Dr. Francine Acher.» explique Bruno Vilar.

Ainsi, poursuit Bruno Vilar « L'utilisation de cet outil pharmacologique a été un élément clé qui nous a permis d'étudier le rôle de mGlu4 dans la régulation de l'information douloureuse. D'un point de vue comportemental, nous observons que l'activation sélective de mGlu4, abolit l'hyperalgie dans différents modèles animaux de douleur inflammatoire ou neuropathique, mais est sans effet sur la perception de la douleur chez l'animal sain. De façon intéressante, nos études d'immunofluorescence montrent que mGlu4 est présent dans une sous-population particulière de neurones sensoriels exprimant le transporteur vGlut3, protéine impliquée dans la régulation de l'hypersensibilité à la douleur [3]. Par des études électrophysiologiques sur des tranches de moelle épinière, nous avons montré que l'activation du récepteur mGlu4 entraîne une inhibition de la transmission synaptique glutamatergique au niveau de la lamina II, via un mécanisme impliquant la modulation de l'activité des canaux calciques de types N, et que cette inhibition est renforcée dans des conditions inflammatoires. Pris ensemble, nos résultats suggèrent un rôle crucial de mGlu4 au sein des mGluRs du groupe III dans la modulation des douleurs chroniques. »


« Le renforcement de nos résultats, notamment, par l'utilisation des souris mGlu4KO devrait nous permettre d'améliorer notre compréhension du rôle de mGlu4 dans la régulation de la douleur et idéalement le valider comme cible thérapeutique potentielle dans le traitement des douleurs chroniques. » conclue-t-il.


L'Institut UPSA de la Douleur tient à féliciter une nouvelle fois Bruno Vilar pour ce projet et lui souhaite une pleine réussite dans sa réalisation.


[1] International Association for the Study of Pain (IAPS)
[2] Goudet et al., Pain (2008)
[3] Seal et al., Nature (2009)

 

Source : http://www.institut-upsa-douleur.org/fr-FR/id-2785/

 

Edité le 12 janvier 2012 par,

Evy - signature animée Titi

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