Respiration abdominale : le souffle sacré

Publié le 9 Septembre 2013

 

 

 

 

 

“Le souffle est guidé par la pensée, et la pensée est guidée par le souffle”, dit “Le Secret de la fleur d’or”, ancien texte taoïste (1) introduit en Occident en 1929 par Wilhelm et Jung.


 Ce n’est pas d’oxygène qu’il s’agit, mais du contrôle de la respiration, fondamental pour la médecine chinoise depuis trois mille ans. Agitée, inégale, saccadée, tout l’organisme basculerait dans l’anxiété. Posée, délibérée, régulière, elle entraînerait paix et repos de l’esprit. La réguler est l’une des clés du qi gong et du prana yoga, dont la médecine occidentale commence à reconnaître la sagesse.


La physiologie moderne décrit deux systèmes nerveux « autonomes » – ainsi qualifiés parce qu’ils ne peuvent être consciemment dirigés.

  • Le système nerveux sympathique dirige l’attention de l’organisme vers l’extérieur et le met en état d’alerte : décharge d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, hausse de la tension artérielle et musculaire.
  • Le système nerveux parasympathique détourne l’attention de l’organisme vers l’intérieur et fait baisser les défenses : flot d’acétylcholine, ralentissement des pulsations du cœur, baisse de la tension artérielle, relaxation des muscles, entraînant un état de calme, portail de la paix intérieure.

Il se trouve que notre façon de respirer peut aider l’un de ces systèmes à dominer l’autre à un moment donné. Ainsi, quand l’inspiration et l’expiration sont superficielles et ne font intervenir que la cage thoracique (comme si l’on respirait dans un corset trop serré à la taille), le système sympathique prend les commandes. Rapide, haletante (même sans effort physique), cette respiration réduit à néant ou presque la contribution du système parasympathique. Au pire, elle peut déclencher une violente attaque d’anxiété ; au mieux, nous rendre plus sensibles aux agressions et tentations extérieures (d’où irritabilité excessive, peur et fuite devant un incident mineur, désir machinal pour le premier tranquillisant venu – chocolat, cigarette, bière, etc.).


A l’inverse, une respiration lente et profonde fera jouer le diaphragme qui fait sortir et rentrer l’abdomen avec le va-et-vient du souffle jusqu’au fond des poumons (mains à plat sur vos hanches, vous sentez vos pouces s’écarter de vos doigts à chaque inspiration). Le système parasympathique domine et bloque les effets anxiogènes du système sympathique : la tension du corps se relâche un peu plus à chaque expiration, comme si elle n’attendait que l’ouverture de cette voie pour s’échapper. C’est l’une des portes d’entrée de la méditation et de tous les états transcendantaux. Peur, colère et désirs inutiles s’évanouissent sous la douceur de ce souffle que beaucoup disent sacré.

 

TOUT PETIT DEJA…
Bébés, nous avons tous commencé par respirer par l’abdomen, pratiquant ainsi spontanément la méthode enseignée dans les grandes traditions spirituelles méditatives et yogiques. A l’âge adulte, en revanche, nous respirons presque tous par le thorax plutôt que par l’abdomen, ce qui provoque tensions et anxiété.

1. Traduit en français par Lu Dingbin et Liu Huayang (Médicis-entrelacs, 1998).

 

David Servan-Schreiber

Professeur de psychiatrie clinique, David Servan-Schreiber a fondé et dirigé un centre de médecine complémentaire à l’université de Pittsburgh, aux Etats-Unis. Il est l’auteur de Guérir (Pocket, 2005) et Anticancer (Robert Laffont, 2007) 

  

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Article collecté sur le site :

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Edité le 09 septembre 2013 par  

 

 

 

 

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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