Suite, Quelles solutions pour combattre le mal de dos?

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Acupuncture: un bon complément


L'implantation d'aiguilles améliore l'état du patient de manière "moyenne à importante" dans 80% des cas.

L'implantation d'aiguilles améliore l'état du patient de manière "moyenne à importante" dans 80% des cas.


 

Après des années d'ostracisme, l'acupuncture est reconnue à l'hôpital public, y compris au sein de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), ce temple de l'allopathie... Une étude, menée auprès du personnel paramédical atteint de lombalgie chronique dans trois établissements de l'AP-HP, a montré une amélioration "moyenne à importante" dans 80% des cas. Le taux de satisfaction dépasse les 70 % chez la centaine d'infirmières qui a bénéficié d'une prise en charge à base de séances d'acupuncture, pour ses effets antalgiques, anti-inflammatoires et décontracturants. Cette prise en charge ne "coûte pas cher et ne nécessite pas de médicaments", souligne le Dr Olivier Duhamel, du centre intégré de médecine chinoise à l'hôpital de la Pitié, à Paris. A condition d'accompagner ces séances d'exercices quotidiens de quelques minutes - des étirements au lever, par exemple. Et, au-delà de six rendez-vous sans progrès notable, il est impératif de retourner voir son médecin traitant. 



Les cures thermales: une bonne solution à court terme

Chaque année, des milliers de personnes partent se faire câliner en cure thermale ou dans un centre de thalassothérapie. Au programme: effleurements, massages, activité physique et... repos. Pour le plus grand bonheur des participants, à en croire Marianne Estève, kinésithérapeute à Aix-les-Bains, station qui propose une semaine "spécial dos", avec cours de gym, séances de piscine et consultation de nutrition: "Une eau riche en minéraux comme celle d'Aix a de nombreuses vertus décontractantes et apaisantes", assure-t-elle, tout en rappelant que seules les cures de trois semaines peuvent être, le cas échéant, remboursées en partie par la Sécurité sociale.  


Une eau riche en minéraux comme celle d'Aix-les-Bains a de nombreuses vertus apaisantes" 

Quelle que soit leur durée, ces cures ont un effet antalgique à court terme, reconnu par la Haute Autorité de santé (HAS), qui avait rendu un avis sur cette question en 2000. En revanche, cet effet n'est pas démontré "à long terme", précisait la HAS. Pour lever ce doute, une étude, appelée "Itilio", est actuellement en cours. Coordonnée par l'hôpital Cochin, à Paris, elle devrait rendre ses conclusions d'ici à la fin de l'année. 


Les écoles du dos: pour apprivoiser la douleur

Leur nom officiel est "centre de reconditionnement à l'effort". Les patients, eux, parlent plus volontiers d'"école du dos" à propos de ce lieu d'accueil pour un petit nombre de personnes (de cinq à huit) où se côtoient rhumatologues, infirmières, psychologues et kinésithérapeutes. La prise en charge dure en principe quatre semaines, à raison d'une séance hebdomadaire. On y apprend à apprivoiser sa douleur et à reprendre progressivement une activité physique. Mais on découvre aussi comment éviter les risques et la chronicisation du mal : pratiquer des exercices de déverrouillage le matin avant de sortir du lit, porter des charges de façon équilibrée, s'asseoir dans une voiture correctement... Autant de petits gestes quotidiens susceptibles de prévenir en amont. 

Apprentissage:
En un mois, les patients découvrent les gestes à faire au quotidien pour reprendre une activité et prévenir la retour de la douleur. 

Ces écoles ont éclos dans les pays d'Europe du Nord il y a une cinquantaine d'années et se sont beaucoup développées depuis. En Finlande notamment, qui connaît toutefois aujourd'hui le même pourcentage de lombalgiques dans la population que dans les années 1960. "Si ces écoles s'avérent intéressantes, elles ne constituent pas une panacée à long terme", nuance le Pr Vautravers. A ses yeux, mieux vaudrait que les salariés en entreprise consacrent dix minutes de leur journée à des exercices d'étirement. "Et que ces mêmes entreprises réfléchissent en amont à une meilleure ergonomie", ajoute-t-il. Tant que les ouvriers de la SNCF, par exemple, seront obligés de se casser en deux pour réparer des machines, "ils continueront à avoir mal au dos, école ou pas école". 

L'électricité: contre les douleurs rebelles

L'opération est réussie, mais le malade a toujours mal, et sa douleur résiste à tous les traitements médicamenteux. Pourquoi? Les spécialistes eux-mêmes s'avouent démunis devant ces cas particuliers d'autant que, parfois, rien dans les examens pratiqués (IRM, scanner...) ne permet d'objectiver la souffrance exprimée. D'où cette solution de dernier recours, réservée aux situations les plus dramatiques et dont le principe repose sur le mécanisme du leurre.  

Fourmillement:
Une électrode entre deux vertèbres et reliée à un boitier envoie des impulsions électriques qui "brouillent" le message douloureux. 

L'idée consiste à envoyer un signal électrique continu pour "brouiller", en quelque sorte, le message douloureux - exactement comme, par réflexe, on se frotte le coude avec vigueur après l'avoir cogné à un meuble. Cette technique, appelée Tens (acronyme anglais pour "stimulation électrique nerveuse transcutanée"), utilise des électrodes collées sur la peau qui produisent des "fourmis bienfaisantes" dans les jambes. Dans près de la moitié des cas, les patients déclarent être soulagés. 

Pratiquée depuis une trentaine d'années, la Tens s'est peu à peu améliorée au fil du temps. Aujourd'hui, les médecins préfèrent placer une électrode entre deux vertèbres et à la relier à un boîtier envoyant un signal électrique de faible intensité. Seule limite, mais d'importance: cette stimulation "mono-colonne" traite uniquement les douleurs consécutives à une sciatique au niveau des jambes; elle ne modifie pas les perceptions dorsales douloureuses. 

D'où l'intérêt de la stimulation appelée "multi-colonne". Seize petits plots, au lieu de quatre, implantés les uns à côté des autres le long de la colonne vertébrale, assurent de nombreuses combinaisons de champs électriques qui "endorment" les douleurs. Ne reste plus qu'à implanter sous la peau du ventre un petit boîtier, "de la taille d'une Carte bleue et de l'épaisseur d'un smartphone", précise le Dr Rigoard, neurochirurgien au CHU de Poitiers. Ce boîtier enverra alors, en continu, un courant électrique de quelques volts. Résultat: des douleurs bien moindres, voire inexistantes, dans le dos comme dans les jambes. 

A ce jour, le Dr Rigoard a opéré 75 patients sur les 85 qui ont déjà bénéficié de cette technique en France. Prochaine étape: une grande étude nationale, lancée en juin prochain dans 15 CHU, dont il sera le coordinateur. Avec l'espoir que, demain, "un chirurgien ne soit plus démuni devant la douleur de son patient". 

 

Source:http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/quelles-solutions-pour-combattre-le-mal-de-dos_1120478.html

 

Phil

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