Tout savoir sur le sommeil

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Forme de perte de conscience au rôle encore mal connu, le sommeil occupe une part significative de nos vies. Il est unique chez chacun de nous, et étroitement lié au rythme circadien et à la régulation métabolique. 

 
Domaine en pleine exploration, le sommeil ne révèle ses secrets qu’au fur et à mesure des travaux des chercheurs et des cliniciens. Curieusement alors qu’il occupe le tiers de notre vie, l’Homme éveillé a longtemps ignoré la physiologie et les pathologies liées au sommeil.
 
Nos connaissances ne progressent que depuis les années 1950. C’est dire combien la discipline est nouvelle.
 
Le sommeil nous fascine tous, car il nous concerne intimement. Il est impliqué dans des fonctions aussi diverses que la restauration des réserves énergétiques, la croissance, la mémoire, l’efficacité intellectuelle, l’humeur, la régulation du poids, l’équilibre cardiovasculaire, et sans doute dans bien d’autres fonctions tout aussi fondamentales pour l’être humain. De ce fait, apprendre à le ménager est primordial afin de garder son efficacité et son équilibre physique ou psychique.

Le manque de sommeil peut diminuer les performances scolaires.
 
Dans ce dossier, nous allons découvrir les conséquences du manque de sommeil sur la santé. Nous aborderons ensuite les mécanismes derrière le rythme du sommeil. Ne seront pas oubliés les troubles et les maladies liés au sommeil, comme l'insomnie, l'apnée, la narcolepsie ou l'hypersomnie. Bonne lecture.
 
Peut-on dire que nous manquons de sommeil ? Voyons quelques éléments de réponse à cette question, ainsi que le rôle du sommeil pour notre organisme.

Une société en privation de sommeil ?

Selon une enquête menée par l’INPES en 2008 auprès de jeunes adultes (25-45 ans), 17 % déclarent avoir une dette de sommeil. S'ils disposaient d'une heure de plus dans la journée, 30 % des personnes interrogées en profiteraient pour dormir. En 30 ans, la durée moyenne de sommeil a diminué de plus d’une heure chez l’adulte, et de plus deux heures chez l’adolescent. Ce manque de sommeil n’est pas sans conséquence sur la santé : elle a un coût physiologique !
  
En tout premier lieu, elle est responsable d’une somnolence qui surprend la personne le lendemain en pleine activité et qui est particulièrement dangereuse au volant. Cette dernière est impliquée dans 20 % des accidents de voiture. À titre indicatif, conduire lorsqu’on est réveillé depuis plus de 17 heures amenuise les réflexes comme une alcoolémie de 0,50 g/l (limite de l’alcoolémie légale), et 24 heures sans sommeil équivalent à une alcoolémie de 1 g/l. Pourtant tous les ans des familles entières « descendent » en Espagne en voiture pour un voyage de 24 heures avec un seul conducteur au volant. Négligence ? Sans doute pas ! Méconnaissance ? Sûrement. Le respect du sommeil n’est pas valorisé comme il le devrait dans notre société où le temps, c’est de l’argent. Oubliant que la qualité de ce qu’on produit est tout aussi important, or quelqu’un qui dort bien, et suffisamment, est en meilleure forme donc plus productif…

Un sommeil qui répare

Pour comprendre à quoi sert le sommeil, les chercheurs ont utilisé des techniques de privation de sommeil. Les effets de la privation totale de sommeil chez l’homme ont toujours été observés dans des circonstances exceptionnelles, hors champ d’une vraie expérimentation scientifique pour des raisons éthiques, mais à l’occasion d’accompagnement d’une performance ou d’une expérimentation personnelle comme en 1964 celle de Randy Gardner, jeune homme de 17 ans, qui resta 11 jours complètement éveillé. Ce record de privation validé a été bien supporté, sans dérapage vers la folie ni conséquence sérieuse en terme de retentissement physique. L’expérience s’est arrêtée lorsqu’il a souhaité y mettre fin. Mais que se serait-il passé si on avait continué ?
  
L’évolution aurait probablement été dramatique car ce qu’on connaît des expériences de privation totale de sommeil chez l’animal n’est guère encourageant. Au-delà d’une certaine durée (qui dépend de l’espèce étudiée), la température ne se régule plus normalement, puis des infections apparaissent. Finalement, l’animal meurt dans un tableau de dégradation physique sévère associant infections et hyperthermie.

La privation de sommeil prolongée a de graves conséquences sur notre corps.
 
Ce sont les privations partielles de sommeil qui ont permis de cerner les fonctions plus subtiles du sommeil. Ainsi sommeil lent et sommeil paradoxal n’ont pas la même fonction.
 
Le sommeil profond est plus spécifiquement impliqué dans la croissance, la récupération des réserves énergétiques du cerveau ou des muscles, et dans certaines formes de mémoire dite déclarative (rappel de liste de mots, d’un itinéraire, etc.). Le sommeil paradoxal est quant à lui plus impliqué dans la maturation du système nerveux, son adaptation à l’environnement, et plus généralement tout ce qui touche à l’équilibre psychique. Il est également impliqué dans la mémoire dite procédurale, celle du raisonnement et du savoir faire.

Le régulateur de notre équilibre

Depuis les années 2000, les travaux de recherche apportent des preuves concrètes sur le rôle fondamental du sommeil dans l’équilibre de l’individu. Le sommeil est un moment précieux, temps de reconstruction indispensable pour éliminer tout ce qui vient nous surcharger, nous agresser au cours de la journée. Ainsi le sommeil serait impliqué dans la régulation des défenses immunitaires, la régulation cardiovasculaire, et la régulation métabolique. Cette dernière a été particulièrement démontrée dans la régulation du poids pour laquelle il a été mis en évidence qu’une réduction du temps de sommeil entraîne des modifications de la sécrétion de la ghréline et de la leptine, deux hormones régulatrices du circuit des aliments, contribuant ainsi à une prise de poids. Aux États-Unis où l’obésité prend des allures d’épidémie, les chercheurs avancent l’hypothèse du rôle concomitant de la privation de sommeil qui est importante dans ce pays, comme facteur facilitant la prise de poids.
 
Nous abordons ici la régulation du sommeil et les facteurs qui l’influencent, comme la lumière. C’est l’occasion aussi de rappeler que chacun a des besoins différents en ce qui concerne le sommeil.

La régulation du sommeil

Les mécanismes du sommeil obéissent à un système de double régulation, l’un rythmique, qui régule périodiquement l’apparition du sommeil toutes les 24 heures (on parle de rythme circadien), l’autre homéostatique qui dépend de substances peptidiques hynogènes dont l’accumulation est proportionnelle à la durée de la veille préalable. Après avoir cru dans les années 1980 qu’on allait trouver « l’hormone du sommeil », force est de constater que les candidats sont nombreux, notamment parmi les peptides également impliqués dans les processus inflammatoires ou infectieux. L’adénosine, une substance peptidique endogène semble jouer un rôle prépondérant nettement mieux connu. Les taux d'adénosine augmentent avec la durée de l’éveil finissant par entraîner une somnolence puis l'endormissement. Elle agit comme un neuromédiateur inhibiteur des structures assurant l’éveil. Après l'endormissement, et au fur et à mesure du décours du sommeil, la concentration d'adénosine diminue, en même temps que le besoin de sommeil. La caféine qui permet de rester éveillé agit en s'opposant à l'action de l'adénosine par ses propriétés antagonistes des récepteurs adénosinergiques A1.
 
Pour s’endormir une fois les systèmes d’éveil inhibés, il faut que les systèmes de sommeil se mettent en route. En fait, un seul est connu à ce jour. Situé dans l’aire préoptique de l’hypothalamus antérieur ventrolatéral, il contient des neurones sécrétant de l’acide gamma-aminobutyrique et de la galanine qui inhibent les réseaux de l’éveil.

Une histoire de rythme

S’endormir le soir obéit à une régulation interne de nos rythmes biologiques qui ne dépend pas que de notre environnement comme l’ont montré les expériences d’isolement temporel menées aux États-Unis, en Allemagne ou par Michel Siffre dans le fond de sa grotte en France. Il existe une horloge interne qui régule l’organisation de nos rythmes, le noyau supra-chiasmatique, petit groupe de cellules profondément enfouies dans le cerveau, au niveau de l’hypothalamus. 
 
Pour un individu donné, l’endormissement et le réveil se font à peu près toujours à la même heure, dans la mesure où la personne est dans un système de contrainte, notamment imposé par le travail, qui n’est pas trop éloigné de son rythme propre. Ainsi il existe des sujets du matin « couche-tôt » et « lève-tôt », et des sujets du soir « couche-tard » et « lève-tard ». Le chronotype dépend de gènes qui régulent la période endogène, mais aussi de facteurs environnementaux en particulier sociaux, de l’âge, et probablement de facteurs psychologiques. Curieusement, notre horloge biologique n’est pas strictement réglée sur 24 heures. Elle a une période légèrement supérieure, en moyenne de 24 heures et 10 minutes. Ceci a pour corollaire l’obligation pour tout individu de se remettre à l’heure tous les jours, sous peine de voir son rythme de sommeil se décaler progressivement.

La lumière du jour joue un rôle important dans la synchronisation des rythmes de l’organisme.

L’importance des synchroniseurs et de la lumière

On s’est interrogée sur l’importance de notre environnement pour réguler nos rythmes de sommeil. Pendant longtemps, on a cru que le synchroniseur social était prédominant. Effectivement, le fait de vivre dans un milieu entraînant du point de vue des rythmes est important. Ainsi une activité professionnelle structurée avec des horaires réguliers (et obligatoires) permet à nos horloges internes de s’ajuster. À contrario, la perte de tout repère comme on peut le voir chez les gens âgés, à la retraite, vivant seul, sans activité est un facteur de désynchronisation et donc de troubles du sommeil. Un autre synchroniseur est fondamental, il s’agit de la lumière du jour. Les effets de la lumière sur les rythmes biologiques sont connus depuis longtemps, mais ce n’est que depuis les années 1980 que l’on connaît le rôle primordial d’une lumière de forte intensité (supérieure à 2.000 lux) sur la synchronisation des rythmes. D’où l’importance d’être exposé à la lumière du jour, particulièrement l’hiver, pour favoriser un bon sommeil et un meilleur moral.

Des besoins différents selon les individus

La durée de sommeil est variable d’un individu à l’autre. Elle se situe en moyenne entre 7 h et 8 h par nuit selon les études. Néanmoins, les besoins de sommeil varient de 3 h 30 mn (record minimal constaté) à 11 h 30 mn (la limite avec l’hypersomnie n’est pas évidente). Il n’y a pas de « normes ». À la question inquiète des patients : « docteur, combien de temps dois-je dormir ? », on ne peut que répondre : « le temps de sommeil dont vous avez besoin pour être en forme le lendemain » ! Ce temps est habituellement constant pour une personne donnée. On distingue ainsi des « courts » dormeurs, et des « longs » dormeurs. Néanmoins, avec l’âge, le temps de sommeil a tendance à diminuer un peu
 
Sylvie Royant-Parola, Psychiatre 
 
(suite de cet article sur le site cité ci-dessous)
 
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Edité le 09 mai 2014 par,
 
 
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