Un marqueur pour la fibromyalgie ?

Publié le 13 Juillet 2013

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La douleur que ressentent les patients atteint de fibromyalgie serait liée à la présence en excès d’une molécule dans certaines zones du cerveau. Cette molécule pourrait servir de marqueur pour évaluer la gravité de la maladie.

 
La fibromyalgie est une maladie encore bien mystérieuse qui n’a été officiellement reconnue par l’OMS qu’en 1992. Elle provoque des douleurs musculaires et articulaires chroniques associées à des troubles du sommeil ainsi qu’à une fatigue chronique. Elle touche principalement les femmes autour de la cinquantaine, sa reconnaissance tardive, surtout en Europe, fait que le nombre de cas recensés est sans doute en deçà de la réalité mais cette pathologie concernerait entre 2 et 5% de la population. La difficulté du diagnostic, qui repose essentiellement sur les compétences cliniques du médecin, retarde la prise en charge des patients trop souvent confrontés à la méconnaissance de la maladie même au sein du corps médical.

Outre cet aspect diagnostic, c’est l’origine de la maladie qui suscite bien des polémiques. De nombreuses hypothèses ont été avancées : trouble psychologique, virus, anomalie du système immunitaire….jusqu’à présent aucune n’a résisté très longtemps. Aujourd’hui les médecins semble s’accorder pour situer l’origine de ce trouble dans le cerveau, il serait lié à un déséquilibre entre les neurones du système nerveux sensoriel et ceux du système moteur associé à une hyperactivité de certaines zones cérébrales comme l’insula.

Dans un article publié dans la revue Arthritis and Rheumatism, une équipe de scientifiques de l’université du Michigan signale avoir découvert une molécule présente dans le cerveau dont le niveau est corrélé à l’intensité de la douleur. Si leurs résultats se confirment, la communauté médicale disposera alors d’un marqueur biologique permettant d’évaluer la maladie et ainsi de mesurer l’efficacité des traitements à l’essai. La molécule en question est le glutamate, un neurotransmetteur bien connu pour ses propriétés excitatrices du système nerveux central. En utilisant des méthodes d’imagerie, la spectrométrie par résonance magnétique du proton, les chercheurs ont constaté que la diminution de la douleur chez des patients traités par acupuncture était associée à une baisse des niveaux de glutamate dans l’insula. Plus la douleur avait diminué et plus les niveaux de glutamate étaient bas ce qui suggère que ce neurotransmetteur pourrait jouer un rôle dans la maladie et également être un bon indicateur pour évaluer le niveau de gravité de celle-ci.

L’étude portant sur un nombre trop réduit de patients, elle ne permet pas de tirer des conclusions définitives mais elle offre une nouvelle voie pour étudier la fibromyalgie qui reste encore un mystère.


Joël IGNASSE
Sciences et Avenir.com
13/03/2008
 
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Edité le 13 juillet 2013 par,
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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

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