OMS 1992

Vers une véritable reconnaissance de la fibromyalgie ?

Jusqu’en 2006, la HAS rappelle que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classait cet ensemble de symptôme de manière non spécifique, dans les maladies "rhumatismales non spécifiques" ou psychosomatiques. Mais depuis 2006, l’OMS reconnait la fibromyalgie comme une pathologie à part entière, en la classant parmi les maladies musculo-squelettiques et du tissu conjonctif.

En France, le rapport de l’Académie de Médecine précité de 2007 recommandait la prise en compte de ce syndrome, même s’il ne "correspond pas à une maladie" : "La Fibromyalgie correspond à une entité clinique, fonctionnelle, faite de douleurs diffuses chroniques apparemment inexpliquées. Ce syndrome ne correspond pas à une maladie mais doit être évoqué sans polémique sur sa nature, pour éviter les examens et traitements inutiles. Il ne peut être retenu qu’après avoir éliminé des pathologies organiques avec lesquelles il peut être confondu ou associé".

Toujours en France, en 2010, le rapport d’orientation de la HAS, objet de cet article, établit également une forme de reconnaissance de cette pathologie, de par son sérieux et ses objectifs d’orientation diagnostique et thérapeutique.

Autre reconnaissance de fait, les autorités de santé américaines (la Food and Drug Administration - FDA) ont donné une autorisation de mise sur le marché de plusieurs médicaments avec l’indication "fibromyalgie" : la prégabaline, la duloxétine et le milnacipran. A ce jour, les autorités européennes de santé n’ont pas accordé d’autorisation de mise sur le marché (ou de révision de l’AMM) à des traitements spécifiquement destinés à la fibromyalgie.

En conclusion, la fibromyalgie est un ensemble de symptômes dont l’origine n’est pas connue, n’est peut-être même pas tangible. Mais ce syndrome existe : l’OMS, l’Académie de médecine ou la HAS en tiennent compte, et cette dernière, après un gros travail de synthèse, propose une approche thérapeutique multiforme, au cas par cas, afin d’aider les personnes qui en souffrent à mieux vivre au quotidien avec leurs douleurs.

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