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Publié le 23 Juin 2017

 

Nape Douleur photo libre de droits

http://media.istockphoto.com/photos/nape-pain-picture-id498610206

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La douleur serait à l’origine de près de deux tiers des consultations médicales, c’est pourquoi elle est l’objet de nombreuses études, aussi bien fondamentales que cliniques. Particulièrement active, cette recherche est indispensable pour comprendre plus précisément les mécanismes en jeu dans la douleur et, ainsi, permettre l’élaboration de nouveaux traitements. Pour que la douleur ne soit plus vécue comme une fatalité.

Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes".

La douleur reposant donc avant tout sur le ressenti du patient, cela la rend difficile à quantifier et à qualifier. De plus, elle n’est pas systématiquement liée à une lésion, une caractéristique qui complexifie encore son étude.

De la main au cerveau, le parcours de l’information douloureuse

Il est néanmoins possible de décrire le parcours de l’information douloureuse dans l’organisme, avec l’exemple de la douleur aiguë provoquée par une main posée par inadvertance sur une plaque brûlante : la brûlure va stimuler des terminaisons nerveuses, localisées au niveau de la peau dans ce cas, mais que l’on retrouve dans d’autres tissus (muscles, articulations, viscères…). De là, l’information va se propager le long des nerfs nocicepteurs pour être transmise à la moelle épinière, puis au cerveau.

(*) si vous n'arrivez pas à lire cette vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous :

Ce n’est qu’une fois arrivé au cerveau que le signal est identifié comme une douleur, et que nous avons mal. Cependant, avant même ce décryptage du signal douloureux, la main a été dégagée de la source de chaleur grâce à un arc réflexe situé au sein de la moelle épinière. C’est également à ce niveau qu’interviennent les premiers systèmes de modulation de la douleur. Impliquant le neurotransmetteur GABA ou les endomorphines, ils diminuent la douleur ressentie. Malheureusement, dans certaines conditions, d’autres systèmes endogènes peuvent au contraire exacerber l’information douloureuse.

La douleur aiguë joue donc un rôle d’alarme qui va permettre à l’organisme de réagir et de se protéger face à un stimulus mécanique, chimique ou thermique. Mais quand la douleur est chronique, ce mécanisme d’alarme n’est plus justifié : la douleur devient dans ce cas une maladie à part entière.

Le syndrome d’insensibilité congénital à la douleur (ICD) 
Très rare, le syndrome d’insensibilité à la douleur (ICD) se caractérise par une absence, ou une diminution très forte de la sensation douloureuse, depuis la naissance. Cette maladie d’origine génétique provoque la plupart du temps une atteinte des fibres nerveuses transmettant l’information douloureuse. L’étude des rares cas de patients atteints par cette maladie permet aux chercheurs – en élucidant les mécanismes d’absence de douleur – d’améliorer la compréhension de la douleur normale.

Douleur inflammatoire, neuropathique ou mixte ?

On distingue habituellement deux catégories de douleur, aiguë et chronique, en fonction de leur durée. La douleur aiguë est intense, mais souvent brève. C’est celle que l’on ressent en se coupant le doigt, par exemple. La douleur est dite chronique (ou pathologique), lorsque la sensation douloureuse excède trois mois et devient récurrente. Entrent dans cette catégorie certaines douleurs musculaires, les migraines ou encore des douleurs associées à des lésions nerveuses.

Etude pour le traitement des neuropathies sensitives périphériques -  Coupe de ganglion rachidien dorsal après une lésion du nerf sciatique: en bleu (DAPI) noyaux de cellules non neuronales et en plus clair neuronales, en rouge marquage neuronal avec un anticorps anti-phospho-NKCC1. Modèle in vitro de neuropathie post-traumatique par lésion du nerf sciatique. Les neurones lésés conservent in vitro les modifications fonctionnelles (pousse régénérative et hyperexcitabilité) observées chez les neurones axotomisés in vivo. © Inserm, F. Scamps

Etude pour le traitement des neuropathies sensitives périphériques

Différentes formes de douleurs peuvent en outre être distinguées selon les mécanismes physiologiques en jeu :

  • les douleurs inflammatoires, qui recouvrent toutes les douleurs associées aux phénomènes d’inflammation (il s’agit souvent de douleurs articulaires),
  • les douleurs neuropathiques, associées à des atteintes du système nerveux central et périphérique (lésion de la moelle épinière, du nerf sciatique…),
  • les douleurs mixtes, qui associent une composante inflammatoire et une composante neuropathique, comme dans les lombo-sciatiques. Ces douleurs sont souvent rencontrées dans le cadre de cancers ou après une chirurgie.

Dans certains cas, comme la fibromyalgie, les troubles fonctionnels intestinaux, aucune lésion (inflammatoire ou neurologique) ne peut être identifiée : les mécanismes de ces douleurs sont encore mal connus. Le terme de douleurs dysfonctionnelles a été proposé pour les nommer, car ces douleurs pourraient être liées à des dysfonctions des systèmes endogènes de modulation de la douleur.

La douleur et son contexte 
La douleur est subjective : elle peut être ressentie de façon extrêmement différente selon les individus, mais aussi chez une même personne, selon son environnement. Ces variations s’expliquent par le lien étroit entre la douleur et le contexte psycho-social. L’imagerie cérébrale a permis de montrer que les centres cérébraux responsables de la perception de la douleur sont étroitement liés aux centres des émotionsCe lien a également été mis en évidence par des études montrant qu’un individu dont l’attention est sollicitée ressentira moins la douleur qu’un individu focalisé sur l’événement douloureux.

Près de 30% de la population victime de douleurs chroniques
D’après une vaste étude française menée auprès de 30 155 personnes représentatives de la population générale, les douleurs chroniques affectent environ 30% des adultes. Cette incidence augmente avec l'âge. Dans les deux tiers des cas, les douleurs sont d’intensité modérée à sévère. Elles affectent davantage les femmes et les catégories socio-professionnelles les moins favorisées. Les douleurs neuropathiques concernent quant à elles près de 7% des Français, avec un pic entre 50 et 64 ans. Ces douleurs touchent davantage des personnes ayant des professions manuelles et vivant en milieu rural.

Les douleurs répertoriées affectent principalement le dos, le cou et les épaules, les membres, la tête, l’abdomen. Elles sont souvent associées à des dépressions, une anxiété, des troubles du sommeil et une altération de la qualité de vie. De par cet impact et les recours au système de soins induits, la douleur a un coût socio-économique élevé.

La migraine, cas typique de douleur 
En France, près de 11 millions de personnes souffrent de migraines, environ 15% des femmes et 7% des hommes. Cette affection entraîne des crises récurrentes, souvent insupportables, dont la durée varie de quelques heures à plusieurs jours. 
Les chercheurs ont mis en évidence des facteurs de risque, notamment génétiques, et connaissent mieux les mécanismes en cause. Si les motifs de déclenchement des crises restent encore mal identifiés, des médicaments efficaces ont été découverts pour leur prise en charge : les triptans.
 Pour en savoir plus sur les migraines

Soulager la douleur

Les médicaments

Les douleurs inflammatoires sont aujourd’hui bien prises en charge grâce aux antalgiques de référence : le paracétamol, l’aspirine, ou encore la morphine et ses dérivés pour les douleurs les plus rebelles. Efficaces contre des douleurs aiguës, ces médicaments présentent des effets secondaires non négligeables (troubles gastriques et rénaux, tolérance et dépendance à la morphine …), s’ils sont utilisés de façon prolongée, voire chronique.

Les douleurs neuropathiques, le plus souvent liées à une lésion du système nerveux, répondent très mal aux antalgiques précédents, à part à certains opioïdes. Mais, les effets secondaires à long terme de ces derniers ne permettent pas de les utiliser en cas de douleurs chroniques. De ce fait, les principaux traitements aujourd’hui utilisés sont des antidépresseurs, ainsi que des antiépileptiques. Ces deux types de médicaments présentent moins d’effets indésirables. Toutefois, ils n’ont qu’une efficacité modérée, et observable chez seulement environ 50% des patients. D’où la nécessité de trouver d’autres pistes thérapeutiques.

Les traitements non pharmacologiques

Fauteuil de Musicothérapie -  Soulager la douleur grâce à la musique, c’est le credo de MUSIC CARE, fondée par Stéphane Guétin en 2008. Suivant un protocole établi avec l’unité Inserm 1061 qui étudie les troubles neuropsychiatriques, à Montpellier, la société innovante propose aux patients toute une bibliothèque de séquences musicales de différents styles pour mieux lutter contre la souffrance, l’anxiété, le stress, etc. © Inserm, F. Guénet

Fauteuil de Musicothérapie

Acupuncturerelaxationsophrologie ou encore hypnose de nombreuses approches non médicamenteuses ont pris une place importante dans les centres antidouleur. Chez certains patients, elles permettent parfois de diminuer les prises médicamenteuses.

La stimulation électrique médullaire est par ailleurs utilisée depuis de nombreuses années chez des patients atteints de radiculopathies, notamment des lombosciatiques chroniques. La technique consiste à implanter des électrodes le long de la duremère, une membrane qui entoure la moelle épinière. Celles-ci sont reliées à un stimulateur, lui-même implanté sous la peau du patient au niveau de l’abdomen. Le système est contrôlé par une télécommande externe qui permet au patient de déclencher des stimulations quand la douleur augmente. Ces stimulations brouillent le message douloureux et réduisent son intensité.

La mesure de la douleur

Bien que la douleur soit subjective puisqu’elle repose sur un ressenti personnel, il existe des outils pour la caractériser et l’évaluer. Des questionnaires et des échelles de douleur permettent d’en décrire les symptômes, d’en mesurer l’intensité et l’impact sur la qualité de vie. Pour les adultes, l’échelle la plus utilisée est l’échelle numérique, graduée de 0 pour une absence de douleur, à 10 pour la douleur maximale imaginable. Pour les enfants, les médecins utilisent souvent une échelle avec des visages. Concernant les douleurs neuropathiques, deux échelles - développées en France mais utilisées à l’international - permettent respectivement de diagnostiquer ce type de douleurs (DN4) et d’évaluer leur intensité (NPSI).
Ces outils aident les équipes médicales à adapter le traitement.

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La recherche très active dans le champ de la douleur

La recherche sur la douleur est très active. En France, le Réseau Inserm de recherches sur la douleur regroupe une trentaine d’équipes autour de thématiques de recherche tant fondamentales que cliniques.

Mieux comprendre

De grandes avancées dans la compréhension de la douleur ont été accomplies ces dernières années, en particulier concernant les mécanismes en jeu dans la douleur chronique.

Ainsi, il a été montré que la douleur n’est pas uniquement neuronale : les cellules gliales du système nerveux central et certaines cellules immunitaires sont aussi impliquées dans l’apparition des douleurs, en particulier dans celle des douleurs neuropathiques. Si certaines fonctions gliales sont altérées, ces cellules sécrètent des substances (glio-transmetteurs) qui stimulent les neurones sensoriels et exacerbent la douleur.

La découverte du phénomène de sensibilisation périphérique et centrale a par ailleurs permis de comprendre qu’après une intervention chirurgicale ou une lésion nerveuse, il existe une hypersensibilité à la douleur, qui persiste parfois durablement. Cela explique en partie pourquoi des événements douloureux postérieurs peuvent être ressentis de façon exacerbée chez certains patients.

Voir la douleur 


Les techniques d’imagerie cérébrale, et notamment lIRM fonctionnelle (IRM-f), ont indéniablement permis à la recherche sur la douleur de franchir une étape importante. Grâce à elles, la douleur peut être identifiée, visualisée, voire quantifiée au niveau cérébral. Elles permettent en particulier de traduire en images les liens étroits entre douleur et émotion.

Elargir l’arsenal thérapeutique

D’autres équipes tentent d’améliorer l’arsenal thérapeutique médicamenteux :

A Clermont-Ferrand, l’équipe d’Alain Eschalier (unité Inserm 1107) a analysé les mécanismes d’action de traitements existants, pour identifier de nouveaux mécanismes et de nouvelles cibles. L’objectif : développer des antalgiques plus puissants et/ou mieux tolérés. Ces chercheurs ont notamment mis en évidence l'action du paracétamol, suractivant d'abord des récepteurs TRPV1 puis inhibant des canaux calciques Cav3.2 au niveau central. Bloquer ces canaux serait intéressant pour renforcer l’effet antalgique du médicament. L’équipe a également étudié la morphine : ces travaux ont montré que son effet antalgique et ses effets indésirables (nausées, vomissements, risque de dépendance…) sont découplés et passent par des voies biologiques différentes. En activant uniquement la voie associée à l’effet antalgique (impliquant un canal TREK-1), les chercheurs tentent de développer un antalgique aussi puissant que la morphine, mais dénuée de ses effets indésirables.

A l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (Sophia-Antipolis), une autre équipe s’inspire de molécules naturelles : En criblant des toxines secrétées par des plantes ou des animaux, les chercheurs ont découvert deux toxines dans le venin du serpent Mamba capables d’inhiber fortement des récepteurs impliqués dans la sensation douloureuse (récepteurs ASICs). Ces molécules seraient aussi puissantes que la morphine, mais dénuées de ses effets indésirables. Ils ont baptisé ces toxines les mambalgines et travaillent actuellement à la synthèse de dérivés, aussi efficaces et non toxiques.

D’autres équipes encore travaillent sur les morphines endogènes : les enképhalines. Ces molécules naturellement secrétées par l’organisme en cas de douleur ont un effet antalgique. Des chercheurs ont montré qu’en inhibant leur dégradation, on obtenait une diminution de la douleur. Leur stratégie repose donc sur l’administration d’inhibiteurs mixtes d’enképhalinases (DENKIs), chargés de dégrader les enképhalines. Un médicament administrable par voie orale se fondant sur cette approche est en cours de développement, pour le traitement de douleurs neuropathiques chroniques d’origine diabétique. Une start-up (Pharmaleads) mène actuellement un essai clinique de phase II en France, au Royaume-Uni et en Bulgarie, pour évaluer son efficacité et sa sécurité.

La toxine botulique commence également à se faire une place dans l’arsenal des molécules utilisées pour lutter contre les douleurs périphériques. En plus de son effet myorelaxant, des travaux ont en effet montré qu’elle soulageait la douleur, en agissant sur les fibres nerveuses sensorielles. Son injection sous-cutanée, au niveau de sites douloureux bien localisés, soulage efficacement certains patients. En outre, des chercheurs ont montré que des injections répétées de la toxine pérennisent l’effet antalgique pendant six mois, sans effet indésirable notoire. Les chercheurs tentent maintenant d’identifier les patients répondeurs à ce traitement.

Vers une prise en charge sur mesure 
Beaucoup de travaux visent à personnaliser le traitement de la douleur, en identifiant les patients qui répondent bien à un traitement donné, que ce soit pour les médicaments existants ou ceux en développement. Dans ce but, des marqueurs de réponse biologiques, génétiques, cliniques sont recherchés : ils permettront d’éviter, non seulement de traiter inutilement certaines personnes avec une molécule inefficace chez eux, mais aussi de passer à côté de sous-groupes de patients répondeurs à une nouvelle approche thérapeutique.  
A ce jour, les marqueurs identifiés, plutôt cliniques, sont par exemple utilisés pour savoir si un patient souffrant de douleurs neuropathiques doit bénéficier d’un traitement par antidépresseurs ou par antiépileptiques. Ces marqueurs sont issus de résultats de tests psychophysiques qui permettent une évaluation très fine des symptômes, pour distinguer des sous-types de patients présentant a priori un même type de douleur. Dans cette veine, le projet européen DOLORisk a pour objectif d’identifier les facteurs de risques et les déterminants des douleurs neuropathiques, afin de repérer les patients les plus vulnérables et de développer de nouveaux traitements personnalisés. 

Centre d'évaluation et de traitement de la douleur de l'hôpital Ambroise Paré - Stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) sur le long terme. Sur l’écran, la mire rouge indique, dans le cerveau du patient, la région ciblée par le champ magnétique. © Inserm, E. Begouen

Centre d'évaluation et de traitement de la douleur de l'hôpital Ambroise Paré

D’autres équipes encore travaillent au développement de stratégies non médicamenteuses, notamment à celui de la stimulation magnétique transcrânienne, utilisée contre des douleurs sévères et résistantes aux traitements. Cette technique est développée en alternative aux stimulations électriques centrales, parfois efficaces mais nécessitant l’implantation d’électrodes dans le cerveau. La stimulation magnétique est quant à elle non invasive et dénuée d’effets indésirables : une bobine placée sur le cuir chevelu du patient émet un champ magnétique ciblé, qui permet de modifier les transmissions nerveuses dans les zones de contrôle de la douleur. L’idée est d’améliorer ainsi le fonctionnement de ce contrôle.

Cette technique est utilisée en routine au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), depuis 2014. Des chercheurs des hôpitaux Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) et Henri-Mondor (Créteil) ont montré que cette approche permet d’obtenir un effet antalgique, durable sur six mois, chez des patientes atteintes de fibromyalgie. Le protocole utilisé a compris une phase d’induction reposant sur dix séances en deux semaines, puis une phase d’entretien à raison d’une séance par mois. Elle soulage la douleur chez environ un tiers des patients éligibles. La stimulation magnétique transcrânienne fait également l’objet d’une vaste étude clinique, TRANSNEP, dans le traitement des douleurs neuropathiques. L’objectif de cette étude est de comparer l’effet de la stimulation de deux zones du cerveau, le cortex préfrontal et le cortex moteur. Quatre CHU y participent : Boulogne-Billancourt, Créteil, Nantes et Saint-Étienne. Les premiers résultats sont attendus fin 2017.

Dossier réalisé en collaboration avec le Pr Didier Bouhassira, unité Inserm 987 "Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur", Centre d’évaluation et de traitement de la douleur, hôpital Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt - mai 2016

Source : https://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/douleur

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A T T E N T I O N !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer.Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable, avant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité.Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension.

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest - Evy, la blogueuse

Publié dans #INSERM, #Dossier, #Douleur

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Publié le 2 Juin 2017

Résultat de recherche d'images pour "images vitamine D"

https://www.prendre-soin-de-sa-peau.com/wp-content/uploads/2014/11/vitamine_d.jpg

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Cet examen de la littérature publiée sur la relation entre la vitamine D, le sommeil et la douleur mène ici les chercheurs à proposer, en particulier dans la prise en charge de la fibromyalgie, une supplémentation en vitamine D associée à une intervention favorisant une bonne hygiène du sommeil. Deux mesures, a priori « abordables » qui peuvent permettre de réduire considérablement les niveaux de douleurs, à la fois dans la fibromyalgie mais aussi d’autres maladies rhumatismales dont l'arthrite, les maux de dos chroniques et même…les douleurs menstruelles. Des conclusions à lire dans le Journal of Endocrinology, qui révèlent l’action de la vitamine D dans les mécanismes de régulation du sommeil et de la douleur.

Le rôle de la vitamine D dans le métabolisme osseux est bien connu, ainsi que son action sur différents mécanismes biologiques, dont la sensibilité nociceptive et la modulation du cycle sommeil-réveil. Le sommeil lui-même est un processus biologique régulé par différentes zones du système nerveux central, principalement l'hypothalamus, en association avec plusieurs neurotransmetteurs. La douleur, qui peut être nociceptive, neuropathique ou encore psychologique ou émotionnelle, est régulée par les systèmes nerveux central et périphérique. Dans le système nerveux périphérique, le système immunitaire participe au processus inflammatoire qui contribue à l'hyperalgésie. La privation de sommeil est une condition elle-même liée à l'hyperalgésie et récemment associée à la vitamine D : l’insuffisance ou les troubles du sommeil jouent un rôle clé dans la douleur et sont également associés à différentes valeurs de vitamine D. La vitamine D est, enfin, inversement corrélée avec la sévérité des symptômes de douleur en particulier dans la fibromyalgie et des maladies rhumatismales. Enfin, la fibromyalgie a été décrite comme une hypersensibilité centrale et des petites fibres nerveuses, des symptômes de douleur neuropathique et nociceptive et fréquemment associée aux troubles du sommeil. Cette étude nous éclaire sur ces multiples liens entre douleur, sommeil et vitamine D, en particulier dans la fibromyalgie.

Ces chercheurs en psychobiologie de l'Université fédérale de São Paulo ont mené cet examen de la littérature et confirment en effet le lien entre une supplémentation en vitamine D, l'hygiène du sommeil et la gestion de la douleur.

 

  • La vitamine D intervient dans de multiples processus biologiques : ainsi, si les auteurs rappellent les preuves du rôle bien connu de la vitamine D dans le métabolisme osseux, ils citent des preuves de son rôle dans d'autres processus biologiques, tels que le traitement des signaux sensoriels et la régulation du sommeil.
  • La douleur perturbe le sommeil : les auteurs documentent également le lien, bien établi, qui relie la douleur à la perturbation du sommeil.
  • Faibles niveaux de vitamine D et troubles du sommeil : les chercheurs apportent enfin des preuves, moins connues, de l’association entre une mauvaise qualité de sommeil et de faibles niveaux de vitamine D : ils font référence à 19 études, publiées entre 2011 et 2017 et présentées comme les plus pertinentes ayant examiné le rôle de la vitamine D dans les troubles du sommeil. Ces études associent ainsi les niveaux de vitamine D et des conditions telles que le syndrome des jambes sans repos, l'apnée obstructive du sommeil et la narcolepsie, ou plus généralement à la qualité et la durée du sommeil.
  • La vitamine D exacerbe par 2 voies différentes la  sensibilité à la douleur : Finalement, les auteurs décrivent les 2 voies par lesquelles la vitamine D influe sur la sensibilité à la douleur : l'une par son influence évidente sur le sommeil et l'autre, moins connue, par son influence sur l'inflammation : la douleur étant régulée par le système nerveux central et le système nerveux périphérique, l'interaction entre le système immunitaire et le système nerveux périphérique, par exemple, dans l'inflammation, peut augmenter la sensibilité à la douleur – ou favoriser « l’hyperalgésie ». Ici, ils citent 16 autres études, publiées entre 2008 et 2017, considérées également comme les plus pertinentes suggérant ce lien entre la vitamine D et les affections caractérisées par la douleur chronique (dont les TMS, la fibromyalgie, la polyarthrite rhumatoïde, la drépanocytose, le cancer et les lombalgies).

Vitamine D, réponse anti-inflammatoire,

réduction de la douleur et récupération du sommeil !

 

En effet, sur la base de ces études, les chercheurs avancent l’hypothèse qu’une supplémentation en vitamine D combinée à une intervention sur l'hygiène du sommeil pourraient concomitamment optimiser la prise en charge thérapeutique des maladies caractérisées par la douleur, dont la fibromyalgie.

 

L'hypothèse propose que la vitamine D, sous sa forme biologiquement active, fonctionne en stimulant la réponse anti-inflammatoire produite par les cellules immunitaires. Ce qui réduit la sensibilité à la douleur, ce qui améliore la qualité du sommeil.

 

La supplémentation en vitamine D associée à une bonne hygiène du sommeil pourrait donc avoir une grande efficacité thérapeutique, non seulement dans les troubles du sommeil, mais aussi dans la prévention et le traitement des affections douloureuses.

 

Les chercheurs appellent enfin les professionnels de santé à ne pas perdre de vue cette combinaison sommeil, vitamine D, douleur lors de l’évaluation des patients qui souffrent de tous types de conditions douloureuses, de la fibromyalgie à la dysménorrhée.

 

De nouvelles recherches sont également prévues sur cette relation bidirectionnelle entre douleur chronique et troubles du sommeil au sein de laquelle la carence en vitamine D peut donc jouer un rôle clé.

Source: Journal of Endocrinology 23 May 2017 doi: 10.1530/JOE-16-0514  The interfaces between vitamin D, sleep and pain

 

Journal of Endocrinology

 

Article collecté sur le site https://www.santelog.com/news/rhumatologie/fibromyalgie-de-la-vitamine-d-et-du-sommeil-pour-mieux-gerer-la-douleur_17389_lirelasuite.htm

 

 

 

 

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest - Evy, la blogueuse

Publié dans #Vitamine D, #Sommeil, #Douleur

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Publié le 21 Mars 2017

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Cette étude menée chez l’animal qui révèle les différences entre les sexes dans la réponse et la gestion de la douleur a des implications certaines dans le choix des thérapies analgésiques, en particulier dans les conditions comme la fibromyalgie, caractérisées par des symptômes douloureux. L’équipe de la Georgia State University (Atlant) décrypte ainsi, dans le Journal of Neuroscience décryptent comment les cerveaux des hommes et des femmes traitent la douleur, suggérant des traitements bien distincts selon le sexe.

La recherche sur la fibromyalgie progresse avec la prise de conscience de sa prévalence élevée, soit 2 à 6% de la population générale et en majorité des femmes. Décrite comme un syndrome de douleur généralisée et des symptômes caractéristiques, dont des troubles du sommeil, la fatigue, la raideur, des troubles de l'humeur…la pathologie est aujourd’hui reconnue comme multimodale, et systémique touchant à la fois le système nerveux central et les « petites fibres nerveuses ». La fibromyalgie est donc une maladie qui peut influer gravement sur la qualité de vie des patients, avec des résultats réels à long terme sur la santé encore imprévisibles et très divers selon les patients. Plusieurs études ont confirmé que la douleur est bien le symptôme majeur et à prendre en charge en priorité chez ces patients.

De précédentes recherches précliniques et cliniques ont montré que les femmes ont besoin de 2 à 3 fois plus de morphine que les hommes pour obtenir des niveaux comparables d'analgésie. Ces différences s’expliquent par des seuils d'activation différents du système immunitaire, conduisant le cerveau féminin à être moins sensible aux analgésiques, explique Hillary Doyle, étudiant diplômé à l'Institut de Neuroscience et auteur principal de l'étude : son équipe a cherché une explication possible de ce phénomène.

 

Les différences selon le sexe dans la microglie du cerveau : la recherche a été effectuée à partir de la morphine. Celle-ci exerce son action de contrôle de la douleur en se liant à un groupe de récepteurs opioïdes. Cependant, la morphine affecte également la microglie, un type de cellules du système immunitaire qui protègent le cerveau contre les agents pathogènes. En se liant aux récepteurs de protéine à la surface de la microglie, la morphine est interprétée par ces cellules comme un pathogène, déclenchant une réponse inflammatoire contre elle-même. Les chercheurs constatent que chez les rats, bien qu'il n'y ait pas de différences entre les sexes dans les niveaux de microglie, les femelles présentent une activation de la microglie plus importante que les mâles. Cette différence de seuil d'activation de la microglie explique pourquoi les femelles ont besoin de plus de morphine pour obtenir le même effet analgésique que les mâles. Et lorsque les chercheurs donnent aux rats une molécule qui bloque la liaison de la morphine à la microglie, les mâles et les femelles connaissent un soulagement de la douleur comparable à la même concentration de morphine. Pris ensemble, ces données permettent aussi d’expliquer pourquoi les maladies chroniques comme la fibromyalgie se produisent plus fréquemment chez les femmes.

 

Des implications importantes pour le traitement de la douleur : la microglie se confirme en effet comme une cible majeure pour améliorer le soulagement de la douleur chez les femmes, concluent les auteurs. Des donnes qui vont permettre d’aller vers une gestion mieux personnalisée de la douleur, en particulier chez les femmes, plus susceptibles de souffrir de douleurs chroniques et inflammatoires, caractéristiques de la fibromyalgie.

 

Journal of Neuroscience

 

Source : https://www.santelog.com/news/diagnostic/fibromyalgie-pourquoi-hommes-et-femmes-gerent-la-douleur-differemment_17070_lirelasuite.htm

 

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A T T E N T I O N !

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest - Evy

Publié dans #Hommes,, #Femmes,, #Douleur, #Morphine, #Microglie

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Publié le 11 Juin 2015

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Le Québec se mobilise pour faire échec à la douleur chronique. Souffrir en silence ? Non merci !

Une personne sur cinq et trois aînés sur quatre en souffrent. Souvent dure pour le moral, la douleur chronique force à renoncer à ses loisirs, à son métier ou à ses projets de retraite. Elle pousse à l’isolement, parfois au suicide. De plus en plus fréquente, elle coûterait la bagatelle de deux milliards de dollars par an au Québec en traitements et perte de productivité. Et si elle est beaucoup plus ordinaire que le cancer ou la dépression, elle est en voie de devenir une bombe à retardement pour le système de santé. Car tous ces maux de dos, de tête, de ventre ou de jambes qui ne lâchent pas peuvent rendre complètement dingue !

« On n’en parle jamais comme d’une grande priorité en santé », se désole le Dr David Lussier, spécialiste de la douleur à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. « C’est bien moins sexy que le cancer et au moins aussi tabou que la maladie mentale. On manque de porte-paroles, de traitements efficaces, d’argent pour les rendre accessibles… Et les journalistes préfèrent parler du trafic des narcotiques plutôt que des raisons pour lesquelles on en prescrit autant ! »

Pourtant, la douleur chronique peut être un vrai cauchemar. Suzanne Deutsch, Longueuilloise de 51 ans, peut en témoigner. Après avoir dégringolé l’escalier avec son bébé dans les bras il y a 18 ans, puis subi quelques autres chutes toutes bêtes, cette réalisatrice télé très active s’est retrouvée prisonnière de ses maux de dos et quasi incapable de marcher. « Un jour, au centre commercial, j’ai ressenti comme un coup de couteau dans le dos, raconte-t-elle. Je suis devenue blême, je suis rentrée me coucher… et il m’a fallu des années pour m’en relever. » Les médecins lui font essayer toutes sortes de médicaments, dont certains la rendent malade, mais rien n’y fait. La douleur prend toute la place dans sa vie. « J’ai renoncé à mon métier, et je me suis mise à tout calculer, les petites promenades, les soirées entre amis ou les activités avec les enfants, en fonction de cette douleur que personne ne voit et qui provoque une gêne atroce dans les relations sociales », explique-t-elle.

Pour se libérer de cet enfer, Suzanne Deutsch finit par trouver un médecin qui accepte de l’opérer, malgré les risques. Huit heures sur le billard et 44 agrafes plus tard, le neurochirurgien est satisfait, car la douleur devrait diminuer. Mais le calvaire continue. « Quand tu te fais dire que tu n’as plus le droit de tomber, tu restes avec la peur au ventre. Moi qui étais plutôt sportive, je n’ai pas réussi à me remettre en forme. Résultat, j’ai continué à avoir mal et à me sentir mal. C’est un cercle vicieux dont personne ne vous aide à sortir ! » regrette-t-elle.

À tout petits pas, pourtant, les choses changent. Sous l’impulsion de malades, de chercheurs et de spécialistes de la douleur, le Québec s’attaque sérieusement aux maux insupportables qui transforment le quotidien en enfer. Il était temps ! En 2006, un rapport dévastateur de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé montrait que le Québec faisait piètre figure dans le soulagement de la douleur chronique, un problème majeur, selon cet organisme gouvernemental, qui a fusionné en 2010 avec le Conseil du médicament pour former l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux. Sous-investissement dans les soins, temps d’attente beaucoup trop longs, diagnostics et traitements non fondés sur des bases scientifiques solides, manque de formation des professionnels de la santé… Un vrai bazar !

Depuis les années 1960, le Québec est pourtant un champion mondial de la recherche sur la douleur, phénomène ultra-complexe qu’on ne sait toujours mesurer que sur une échelle subjective de 1 à 10. Marchant sur les traces de Ronald Melzack, de l’Université McGill, qui a publié en 1965 la première théorie scientifique expliquant la douleur, une centaine d’universitaires regroupés au sein du Réseau québécois de recherche sur la douleur sont aux avant-postes. « On progresse dans les connaissances, mais les malades ne profitent pas assez de ce que l’on sait déjà », dit Philippe Sarret, directeur de ce regroupement et professeur à l’Université de Sherbrooke.

Élancements, douleur sourde, sensation de brûlure, tout cela joue un rôle vital pour signaler au cerveau que quelque chose ne tourne pas rond dans notre organisme. Si se taper sur un doigt avec un marteau n’arrachait pas un hurlement retentissant, on risquerait de recommencer jusqu’à ce que l’os soit réduit en miettes ! Mais parfois, la souffrance persiste bien après que le problème qui l’a causée a disparu. Des années après un accident, une maladie ou une opération, certaines personnes souffrent toujours, alors que leur blessure est guérie. Et on ne sait pas pourquoi. Cette douleur inutile n’indique aucune menace. Elle n’est plus un symptôme, mais une vraie maladie, tout comme les migraines ou la fibromyalgie, dont on ne sait pas non plus d’où elles viennent.

*   *   *

Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes se plaignant de douleur chronique augmente, car des maladies courantes comme l’arthrose, le diabète ou les cancers font aussi souffrir. Plus des deux tiers des diabétiques, par exemple, ressentent souvent dans les bras ou les jambes un genre de brûlure à vif qui peut transformer un simple contact avec les draps en véritable torture. Très peu de médicaments parviennent — et pas toujours — à diminuer ces douleurs, qu’on dit neuropathiques, parce qu’elles résultent d’un mauvais fonctionnement du système nerveux.

« On est peut-être aussi moins tolérant qu’avant devant les incapacités qu’entraîne la douleur chronique », croit le Dr Lussier. Bien des baby-boomers ne sont pas prêts à finir leur vie perclus de rhumatismes, dans une berceuse, comme les générations qui les ont précédés !

Les spécialistes de la douleur sont unanimes : ceux qui souffrent sont aussi victimes de multiples préjugés. Bien des gens — même parmi les professionnels de la santé — croient à tort qu’avoir mal en permanence, ou de manière récurrente, n’est pas vraiment une maladie, surtout quand les examens médicaux ne révèlent aucune cause. Des patients se font dire qu’ils sont des petites natures, ou que le problème est entre leurs deux oreilles. On les soupçonne parfois de faire semblant pour prolonger leurs indemnités après un accident d’auto ou de travail, ou dans le but qu’on leur prescrive des narcotiques pour se droguer ou pour les revendre. Rien pour remonter le moral !

« On entend des histoires d’horreur dans nos groupes d’entraide, des gens tellement incompris qu’ils finissent par endurer sans rien dire, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables et s’effondrent », raconte Céline Charbonneau, bénévole à l’Association québécoise de la douleur chronique (AQDC). Ancienne conseillère syndicale à la CSN, elle a pu constater que, même dans un milieu de travail sensible à la souffrance humaine, les préjugés ont la vie dure, et ceux qui ont mal sont sou­vent ostracisés.

Fondée il y a 11 ans par des médecins et des malades, l’AQDC compte aujourd’hui plus de 8 000 membres. Depuis trois ans, elle organise de 8 à 10 rencontres d’entraide par mois dans plusieurs régions du Québec pour briser l’isolement, aider ses membres à mieux gérer leur douleur et à s’orienter dans le système de santé. « On peine à satisfaire à la demande. De 10 à 40 personnes participent à chacune de nos réunions, mais on voudrait en organiser beaucoup plus ! » dit Céline Charbonneau. L’Association finance aussi de la recherche clinique et sensibilise la population.

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Ceux qui souffrent en permanence ou de manière récurrente sont souvent victimes de préjugés, surtout quand les examens ne révèlent pas de cause à leur mal. – Photo : BSIP/UIG/Getty Images

De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux a lancé, en 2010, un vaste plan pour revoir de fond en comble l’accès aux soins. Québec en a confié les rênes au Dr Pierre Fréchette, ex-urgentologue à qui on doit la réorganisation réussie des soins en traumatologie — les cas de mortalité dans ces services ont été divisés par quatre. Sa stratégie, conçue en collaboration avec des chercheurs, des médecins spécialistes de la douleur et l’AQDC, commence à porter ses fruits.

Elle vise d’abord à faire un grand ménage dans la façon dont les gens qui souffrent sont suivis dans le système de santé. « Les médecins dirigeaient souvent les malades à tort et à travers vers d’autres professionnels de la santé, parce qu’ils se sentaient démunis ou simplement parce qu’ils ne savaient pas à qui s’adresser », explique le Dr Fréchette.

Le Ministère a donc désigné quatre Centres d’expertise en gestion de la douleur chronique, qui regroupent chacun un hôpital, un centre de réadaptation et une des quatre facultés de médecine du Québec (universités de Montréal, de Sherbrooke, McGill et Laval). Chacun a été chargé d’organiser, pour le territoire qui lui a été assigné, un « plan de hiérarchisation des soins » indiquant aux médecins les ressources vers lesquelles diriger les patients au besoin.

Ces centres comptent chacun une clinique sur­spécialisée en douleur, réunissant chercheurs, méde­cins et spécialistes en réadaptation, qui ne devrait recevoir que les cas les plus complexes à traiter. Ils ont aussi été chargés de superviser des cliniques de la douleur régionales. Cinq sont déjà ouvertes — à Sept-Îles, Amos, Jonquière, Trois-Rivières et Rimouski —, auxquelles sept autres devraient s’ajouter d’ici la fin 2016, selon le Dr Fréchette.

Cette réorganisation a déjà fait diminuer les temps d’attente dans les cliniques surspécialisées. À l’Unité de gestion de la douleur du Centre Alan-Edwards, de l’Hôpital général de Montréal, rattaché à l’Université McGill, le délai est passé, depuis 2013, de plus de deux ans à environ huit mois. « On pourrait faire beaucoup mieux si on ne voyait que les personnes qui ont vraiment besoin de soins surspécialisés », dit l’anesthésiste Aline Boulanger, directrice du Centre d’expertise de la douleur chronique du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), où 14 médecins et d’autres professionnels de la santé voient quelque 10 000 personnes par an. « Environ 80 % des patients qui nous sont recommandés auraient pu être soulagés par un médecin de famille ! Certains n’ont même pas essayé sérieusement le Tylenol ! » dit-elle.

En 2009, une étude de l’Université de Toronto a montré qu’au Canada, en moyenne, les futurs médecins recevaient 15 heures de cours sur la douleur pendant tout leur cursus universitaire, les futurs pharmaciens, 13 heures, et les apprentis vétérinaires… 87 heures !

Savoir qu’on apprend mieux à soulager les animaux que les humains a eu l’effet d’un électrochoc dans les facultés de médecine. Depuis deux ans, celles du Québec ont toutes revu leur offre de cours et de formation continue. Chaque Centre d’expertise a aussi conçu un algorithme de soins, publié depuis peu sur le site Web du ministère de la Santé, qui indique aux médecins comment s’occuper de quatre types de douleur chronique très répandus — les douleurs lombaires, la fibromyalgie, les douleurs neuropathiques et le syndrome de douleur régionale complexe (un mal anormalement persistant après une blessure ou une intervention chirurgicale). Votre médecin vous dit qu’il ne peut rien faire pour vous ? Vérifiez !

La clinique du CHUM a ouvert l’an dernier un centre de référence, où n’importe quel médecin aux prises avec un cas difficile peut téléphoner à un spécialiste de la douleur pour obtenir des conseils. « Les appels sont encore peu nombreux », regrette la Dre Aline Boulanger. Car encore faudrait-il que les médecins de première ligne veuillent vrai­ment s’occuper de ces malades… « C’est très difficile d’aider ces patients et il faut faire preuve de compassion à leur égard. Tout cela prend du temps, que le gouvernement ne reconnaît pas à sa juste valeur. Alors, bien des omnipraticiens n’en veulent pas ! » critique la Dre Céline Gaudet, 63 ans.

Médecin de famille à Saint-Calixte, au nord de Montréal, elle a pris le taureau par les cornes quand, en 2007, elle a constaté qu’elle ne parvenait pas à soulager certains patients : elle est allée frapper à la porte d’Aline Boulanger, au CHUM, puis a multiplié les formations. « Je ne me sentais pas à l’aise de prescrire des narcotiques, d’autant plus que j’exerce dans un milieu défavorisé où il y a déjà des problèmes de drogue », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle a même obtenu l’autorisation de prescrire de la méthadone à ceux que cela peut vraiment aider.

Les médicaments ne suffisent toutefois pas toujours, d’autant que la plupart des antidouleurs causent des effets indésirables parfois pires que le mal lui-même. Et aucune nouvelle classe de médicaments n’a été découverte depuis 20 ans ! En revanche, les chercheurs ont démontré que la souf­france est non seulement physique, mais aussi très liée aux émotions. « La douleur chronique suscite souvent la honte, la peur, la colère et la culpabilité, qui ne font que renforcer cette sensation. Les gens ne se reconnaissent plus ! Avoir mal empêche aussi de dormir, et la fatigue diminue la résistance. C’est un cercle vicieux qu’il faut arriver à briser », explique Marie-Josée Rivard, une des rares psychologues spécialistes de la douleur. Parmi les patients qu’elle suit au Centre d’expertise de l’Université McGill, 6 sur 10 ont déjà pensé au suicide.

Le traitement idéal combine donc médicaments, réadaptation physique et soutien psychologique pour apprendre à vivre malgré sa douleur et à la gérer plutôt que de s’épuiser à la combattre à tout prix. « Souvent, toute la vie des malades tourne autour de leur douleur. On doit les amener à penser autrement, à réfléchir sur eux-mêmes, malgré la douleur, à faire le deuil de ce qu’ils ne peuvent plus faire et à se recentrer sur ce qui les rend vraiment heureux », explique Marie-Josée Rivard.

Dans le système public de santé, il faut cependant s’armer de patience si on souhaite bénéficier de ces approches, et la réforme en cours à Québec n’améliorera pas les choses. À la clinique de la douleur du CHUM, par exemple, la psychologue en poste a 121 patients sur sa liste d’attente ! « On veut limiter l’accès aux opioïdes pour éviter les abus et le trafic. Mais si les médecins prescrivent autant d’antidouleurs, c’est aussi parce que les patients n’ont pas accès à la psychothérapie ou à la physiothérapie, qui ne présentent pourtant aucun risque ! » s’insurge le Dr David Lussier, de l’Institut de gériatrie de Montréal.

Suzanne Deutsch, elle, a commencé à se sentir mieux quand elle s’est payé, de sa poche, des séances d’ergothérapie et de kinésithérapie. Elle a aussi fini par être orientée vers un atelier d’autogestion de la douleur chronique donné au Centre universitaire de santé McGill. Et sa vie a changé. « De participante, je suis devenue animatrice, puis j’ai fait un retour aux études et me suis inscrite à la maîtrise en travail social », raconte l’ancienne réalisatrice télé, très active également à l’AQDC. Après des années de martyre, elle a fini par se libérer de l’emprise de la douleur… même si ses maux de dos sont toujours là.

meditation

Même quand la souffrance semble insupportable, il existe des moyens de se défaire de son emprise : bonne hygiène de sommeil, exercice, médication, autohypnose… – Photo : 123RF/Stefano Lunardi

*   *   *

Parfois, il suffit d’un petit rien pour changer la donne. Quand Ertha Élysée a accepté de s’inscrire au cours de yoga sur chaise mis sur pied par l’équipe du Dr Lussier, c’était pour faire plaisir au médecin. « J’étais désespérée, en lambeaux tellement j’avais mal tout le temps », raconte cette Montréalaise qu’un accident d’auto, en 2009, a laissée avec des douleurs constantes du cou jusqu’aux jambes. Le « coup du lapin » qu’elle a subi, une blessure aux vertèbres cervicales due à un choc violent, l’empêche de voyager, elle qui faisait du conseil juridique en Haïti, et l’a obligée à cesser la peinture sur porcelaine, qu’elle aimait tant. La septuagénaire se demandait sérieusement si sa vie valait encore la peine d’être vécue. « Ç’a été incroyable, raconte-t-elle. Après quelques semaines de yoga, j’ai pu réduire mes doses de médicaments et remplacer une partie de la morphine par des exercices de respiration. J’ai rencontré des gens qui m’ont motivée et j’ai retrouvé le goût de vivre ! » Pour la première fois depuis son accident, elle prendra l’avion pour aller retrouver son fils en Floride. Ces simples séances d’exercice lui ont, dit-elle, sauvé la peau.

Mark Ware, directeur de la recherche clinique au Centre Alan-Edwards, de McGill, a entrepris de démontrer au ministère de la Santé qu’il aurait tout intérêt à rendre ce genre de traitements non médicamenteux beaucoup plus accessible. « Dans quatre CLSC de Montréal, on a constitué des équipes interdisciplinaires formées d’un médecin, une infirmière, un psychologue et un physiothéra­peute, explique le médecin. Les quatre voient ensemble les personnes aux prises avec une douleur lombaire persistant depuis plusieurs semaines et qui risque de devenir chronique si on n’agit pas rapidement. » Environ 300 personnes ont déjà profité de cette approche coup-de-poing, avec des résultats encourageants. « Mais ce n’est pas facile de prouver qu’on peut en faire bénéficier les patients tout en faisant économiser l’État », prévient le chercheur, conscient de s’attaquer à une des grandes failles du système de santé.

En attendant, le Québec mise de plus en plus sur l’autogestion de la douleur, dont on a prouvé qu’elle peut être très efficace. Centres d’excellence et chercheurs ont été encouragés à mettre les bouchées doubles pour mieux expliquer à la population ce qui fonctionne pour dompter le monstre. « Les personnes qui souffrent sont souvent moins démunies qu’elles ne le croient », explique la psychologue Marie-Josée Rivard, qui a écrit un livre à leur intention, La douleur : De la souffrance au mieux-être (Trécarré, 2012).

Même quand la souffrance semble insupportable, il existe toutes sortes de moyens pour tenter de se défaire de son emprise : adopter une bonne hygiène de sommeil, faire de l’exercice dans les limites de ses capacités, de la méditation, de l’autohypnose… « On a prouvé scientifiquement qu’on agit sur la douleur si on apprend à la vivre différemment », dit Frédérick Dionne. Professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheur en psychologie de la douleur, il a aussi publié un ouvrage, Libérez-vous de la douleur (Payot, 2014), dans lequel il explique des techniques de méditation qui font beaucoup de bien aux malades.

Ces deux ouvrages sont des best-sellers dans la francophonie. Celui de Marie-Josée Rivard, déjà paru en anglais, sera bientôt traduit en mandarin. Ne les cherchez pas dans les bibliothèques publi­ques, ils sont toujours pris… Preuve que les besoins sont criants !

fibromyalgie

Photo : Emely/Corbis

Vous avez dit fibromyalgie ?

Quand on parle de douleur chronique, on pense souvent à la fibromyalgie, cette étrange maladie qui provoque des douleurs partout dans le corps et beaucoup de fatigue à cause d’une hyperexcitabilité du système nerveux, qu’on ne s’explique pas bien. Mais les maux de dos chroniques sont bien plus fréquents. À l’échelle de la planète, ils constituent la première cause d’invalidité, toutes maladies confondues !

Les douleurs lombaires, dans la moitié basse du dos, peuvent avoir d’innombrables causes : blessures, tensions musculaires, tassement de vertèbres, scoliose, mauvaise posture au travail, grossesse, endométriose… ou fibromyalgie. Elles ont cependant en commun d’être particulièrement influencées par le stress et les émotions. L’anxiété, la dépression et le manque de sommeil renforcent beaucoup cette sensation douloureuse.

Résultat, quand on se fait mal au bas du dos, par exemple à cause d’un bête tour de reins, d’une chute sur la glace ou d’un accident d’auto (le pied écrasant la pédale de frein transmet le choc au bas du dos), la douleur aiguë peut facilement devenir chronique et s’installer pour le reste de la vie si elle n’est pas traitée rapidement par des médicaments, de la physiothérapie ou de la psychothérapie. Or, faute de soins médicaux avisés et de professionnels accessibles, on tarde souvent à s’y attaquer. Aïe !

par

Source : http://www.lactualite.com/sante-et-science/sante/vaincre-la-douleur/

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #vaincre, #douleur, #quebec

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Publié le 30 Mai 2015

Les auteurs de Fibromyalgie expliquent ce qu'on peut attendre de la sophrologie pour soulager les douleurs et les symptômes de cette maladie .

La sophrologie, qu’est-ce que c’est ?

La sophrologie est une méthode de connaissance de soi qui permet à chacun de développer ses ressources de façon naturelle.
Pratiquée en état de conscience modifiée, entre la veille et le sommeil, la sophrologie ouvre de nouvelles portes d’écoute de soi : écoute de notre corps, de notre respiration mais également de notre façon de vivre, de nos habitudes. Son but est d’ouvrir notre champ de conscience : conscience de mes sensations, de qui je suis, de la direction dans laquelle je souhaite aller, pour moi. Elle apporte également des outils pratiques à utiliser au quotidien, que ce soit des exercices corporels, respiratoires ou de visualisation mentale.

Qu’apporte la sophrologie aux personnes fibromyalgiques ?

La sophrologie permet de contacter nos sensations corporelles, zones douloureuses et sensations plus agréables ; contacter notre respiration, zones de blocage et zone de circulation libre ; contacter notre mental, pensées négatives et positives.
Le but est d’activer de nouvelles ressources qui s’intègrent naturellement en nous. Par exemple, notre respiration retrouve naturellement son rôle bénéfique dans notre quotidien. Nous pouvons alors la sentir plus libre, plus ample, plus profonde. En apprenant à écouter notre corps, à le relâcher pendant ces séances, nous pouvons le sentir plus léger, plus souple, plus « vivant » dans nos gestes de la vie de tous les jours.
Par la suite, chacun pourra effectuer une pratique « complète » de sophrologie, en conscience modifiée, ou simplement pratiquer un exercice « ciblé ». Dans le cas de la fibromyalgie, si j’ai une douleur, je pratique uniquement une respiration pour apaiser ma douleur. Si je suis en état de stress, j’utilise un outil pour diminuer ma charge de stress. Je peux également pratiquer des outils, même quand tout va bien. Et surtout quand tout va bien !

Exemple : la sophrologie de la douleur

La douleur est un symptôme important de la fibromyalgie. Nous sommes en présence d’une douleur chronique, avec cette sensation d’avoir mal partout, tout le temps et sans raison apparente ! Ce message nous informe qu’il y a un déséquilibre présent en nous, un peu comme si notre corps nous disait « Regarde par ici, il y a quelque chose à vérifier, à rééquilibrer ».
Peut-être que je vais étouffer ce message en ajoutant des tensions musculaires ou en bloquant ma respiration. Mon corps va alors déclencher une alarme plus forte ou une nouvelle alarme ailleurs, pour m’informer qu’il a besoin que je réponde à sa demande. Je peux également éteindre ce message par un médicament. Ou je peux écouter ma douleur pour déjà lui indiquer que j’ai bien reçu le message et que je vais faire de mon mieux pour trouver une solution.

Si je ne m’occupe pas d’elle, la douleur chronique, va m’envahir avec toujours ce même message, « Alerte, il y a un dysfonctionnement ! », et avec cette impression pour moi de n’être plus que de la douleur. Nous sommes alors dans un mal-être général qui va s’accompagner d’une sensation d’épuisement et d’impuissance face à ces douleurs. Progressivement, notre entourage familial, nos proches, les médecins vont éprouver à leur tout cette sensation d’impuissance, chacun ayant utilisé les ressources dont il dispose pour soulager notre douleur. Ces personnes, confrontées à leur propre impuissance, n’ont parfois d’autres possibilités que de ne pas « voir », à leur tour, notre douleur. Cette négation de la douleur, voire de la maladie, n’arrange en rien notre organisme qui est toujours en demande !

Contacter sa douleur en sophrologie

En sophrologie, nous apprenons à écouter notre douleur, à la décrire. Nous apprenons à la localiser : à quel endroit ? De quelle façon ?
La notion de douleur est propre à chaque individu. On ne peut pas la mesurer de l’extérieur. Elle ne se voit pas de l’extérieur. Pour la mesurer, il existe des échelles d’auto-évaluation : par exemple, on nous propose de donner une note entre 0 et 10 pour évaluer notre douleur (0 : aucune douleur / 10 : douleur insoutenable).
En sophrologie, nous mettons des mots sur notre douleur : « c’est comme si on serrait ma tête dans un étau », « c’est comme si on me transperçait le genou avec une aiguille», « j’ai une boule dure et noire au niveau de la gorge qui m’empêche de respirer ».
Dans la fibromyalgie, la douleur est permanente mais elle évolue au cours du temps. « Au réveil, mes jambes sont rouillées. Après quelques exercices, je les sens prêtes à se lever. Et en début d’après-midi, je sens qu’elles ont besoin de se reposer, qu’elles deviennent plus serrées. »
La douleur est parfois plus présente suite à une activité ou à une situation. « Quand je passe un après-midi avec mon petits-fils, après j’ai les jambes en feu, et pourtant je l’adore ! ».
En gardant cette écoute active, je prends conscience que ma douleur évolue, avec des moments de « pics » et des moments d’apaisement. Elle n’est pas installée pour toujours, de la même façon ! Je me donne cette information : cette douleur peut évoluer dans les deux sens. Cette étape de prise de conscience est primordiale dans la gestion de la douleur.
Et pour cela, je vais également repérer les sensations agréables, leur redonner leur place, consciemment. « Aujourd’hui, je sens de la légèreté dans mes jambes » et je vais prendre le temps d’apprécier cette sensation, de la détailler : « ça fait comme des petites bulles irisées, bleues et violettes, qui remontent dans mes cuisses ».
Valoriser le positif, s’en nourrir pour retrouver de l’énergie, activer ses ressources pour pouvoir s’occuper du négatif, ce que nous appelons en sophrologie la « réalité objective ». La douleur en envahissant tout, « cache » le positif. En sophrologie, nous accueillons ce qui est présent en nous : repérer les sensations douloureuses et les sensations agréables.
La douleur, c’est des signaux qui sont en lien direct avec mon histoire, mes faiblesses, mon intégrité physique. La douleur, c’est intime. Pas toujours facile d’en parler ! Commençons par mettre des mots dessus, déjà pour nous-mêmes. Cette démarche peut nous permettre par la suite de partager notre écoute avec les personnes en qui nous avons confiance : familles, amis, médecins, thérapeutes et toutes personnes rencontrées dans un cadre bienveillant.
Ceci permet à chacun de sortir de cette impuissance face à la douleur chronique et ainsi de cheminer vers un mieux-être, ensemble.

Comment apaiser la douleur et libérer l’énergie

En diminuant la douleur, on agit sur notre charge de stress. En baissant la surcharge de stress, on permet au corps de récupérer et de retrouver de l’énergie. L’énergie bloquée par la douleur peut donc être libérée. Le corps récupère. Ces outils sophrologiques n’agissent pas sur la cause de la douleur mais sur la sensation de la douleur.

EXERCICE DE SOPHRO DÉPLACEMENT DU NÉGATIF
Nous apprenons à contacter une douleur, la nommer, la localiser avec l’intention de l’apaiser. Lors de l’inspiration, nous la cueillons délicatement, et lors de l’expiration, nous la poussons tout en douceur à l’extérieur de nous-mêmes. Et nous continuons sur plusieurs respirations.
Retrouvez cet exercice dans Fibromyalgie, un programme global pour améliorer votre santé et renouer avec le bien-être.

EXERCICE DE SOPHRO SUBSTITUTION SENSORIELLE
Nous pouvons atténuer cette douleur, en lui offrant une sensation particulière : par exemple de la chaleur ou de la fraîcheur, de la douceur, une couleur ou toute autre sensation agréable qui puisse assouplir cette douleur.
Retrouvez cet exercice dans Fibromyalgie, un programme global pour améliorer votre santé et renouer avec le bien-être.

Les limites de la sophrologie antidouleur

Ces séances de sophrologie permettent d’apprendre à contacter sa douleur, à l’apaiser, et également à contacter ses sensations agréables. Elles sont la première étape pour la gestion de la douleur.
Quand il s’agit de douleurs chroniques comme en fibromyalgie, le déséquilibre dont nous parle ce message d’alarme est difficile à cibler. Il peut y avoir plusieurs « dérèglements » à rééquilibrer : peut-être un choc émotionnel, récent ou ancien, que notre organisme n’a pas « compris », comme s’il lui manquait encore des données, des informations. Peut-être souhaite-t-il un rééquilibrage énergétique ? Une compréhension mentale ? Peut-être a-t-il eu peur et ne sait-il pas quoi faire de cette peur ? Peut-être est-il carencé sur le plan nutritionnel ou peut-être est-il victime d’excès alimentaires ?
C’est parfois un véritable labyrinthe à parcourir et le chemin vers l’apaisement peut être long. La sophrologie nous permet de faire le point, là où nous en sommes.

Source : http://www.thierrysouccar.com/sante/info/fibromyalgie-reduire-la-douleur-avec-la-sophrologie-2384

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #douleur, #sophrologie

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Publié le 7 Avril 2015

Un implant en métal pour lutter contre la douleur

Un nouvel implant antidouleur, résistant aux ondes magnétiques, vient d’être posé à l’hôpital de Béthune (Pas-de-Calais).

C’est un petit boîtier en métal que l’on pose sous la peau – dans l’abdomen ou en haut d’une fesse. Il émet des impulsions électriques en direction des fibres nerveuses de la moelle épinière, et brouille ainsi le message de douleur lors de son cheminement vers le cerveau. Pour ceux qui souffrent de douleurs chroniques rebelles, le stimulateur médullaire (ou neurostimulateur) est une petite révolution.

Depuis vingt ans, ce « Pace maker de la douleur » permet de rendre une vie à peu près normale aux patients en souffrance. Seul problème, et pas des moindres : son porteur ne peut passer aucune IRM. L’exposition aux ondes électromagnétique peut détériorer le matériel et provoquer une surchauffe et des lésions irréversibles de la moelle épinière. Entre les maux et l’IRM, les patients doivent choisir… Une contrainte qui vient d’être surmontée.

Blindage en titane
Le Centre de la douleur de l’hôpital Béthune (Pas-de-Calais) a en effet posé l’un des premiers neurostimulateurs résistant aux ondes de l’IRM. Le journal local Nord-Eclair décrit ainsi cette électrode de « 3 cm sur moins d’1 cm d’épaisseur », conçue avec un « blindage en tantale, [qui] évite l’échauffement en cas d’exposition au champ magnétique ». Un progrès significatif, qui va permettre à des dizaines de candidats de se faire poser l’implant. « Nous attendons des patients de toute la région », explique le Dr Challi, qui a mené l’opération.

Mais les conditions pour l’implantation sont strictes. Le patient doit passer par une sélection drastique, depuis son médecin traitant jusqu’au Centre de la douleur. Il doit notamment rencontrer un psychologue censé cerner sa motivation réelle à se faire implanter un corps étranger dans l’organisme, et sa capacité à le tolérer (certains ne supportent pas cette idée).


Un dispositif coûteux
La méthode a l'avantage d'être peu agressive et totalement réversible. Elle est de plus en plus souvent réalisée par voie percutanée (à travers la peau) et non chirurgicale. Elle s’adresse aux patients qui souffrent de douleurs neuropathiques : « des problèmes liés aux nerfs, à la moelle épinière, certaines artérites, quelques alogodystrophies, des douleurs angineuses... », énumère le Dr Challi.

Malgré cette importante avancée, il reste un paramètre à améliorer : le coût du dispositif, aux alentours de 10 000 euros.

Source : http://www.pourquoidocteur.fr/Un-implant-en-metal-pour-lutter-contre-la-douleur-8244.html

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #implant, #douleur

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Publié le 15 Mars 2015

Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #douleur, #chroniques, #medicaments

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Publié le 13 Décembre 2014

Les douleurs comme la brûlure stimulent les terminaisons nerveuses cutanées, qui sont également présentes dans d’autres tissus (les muscles, les articulations, les viscères etc). © Fotolia / Inserm

Les douleurs comme la brûlure stimulent les terminaisons nerveuses cutanées, qui sont également présentes dans d’autres tissus (les muscles, les articulations, les viscères etc). © Fotolia / Inserm

Une équipe américaine a fabriqué des neurones de la douleur à partir de cellules de peau. Un enjeu majeur dans la mise au point de traitements pour soulager les douleurs neuropathiques.

La douleur va morfler ! Une équipe de l’hôpital pour enfants de Boston et de l’institut de cellules souches d’Harvard (États-Unis) vient d’annoncer dans Nature Neuroscience être parvenue à fabriquer des neurones de la douleur à partir de cellules de peau.

Remplacer antidépresseurs et morphine

C’est un enjeu majeur de la recherche médicale qui vient de s’entrouvrir par cette publication car "il n’existe actuellement aucun traitement pour soulager les douleurs neuropathiques (voir encadré ci-dessous) en dehors des antidépresseurs ou de la morphine, des traitements lourds non dénués d’effets secondaires" explique Aziz Moqrich, responsable d’équipe à l’Institut de Biologie du Développement de Marseille.

IPS. Être capable de pouvoir fabriquer à la demande cette population neuronale, c’est l’assurance de tester des médicaments et molécules d’intérêt beaucoup plus vite et incomparablement plus efficacement. Pour ce faire, l’équipe de Brian Wainger et Elizabeth Buttermore a mis au point une variante de la méthode des IPS (qui valut à son découvreur, Shinya Yamanaka, le prix Nobel en 2012) consistant à reprogrammer des cellules adultes différenciées en les mettant en présence d’un cocktail de facteurs protéiques.

DOULEUR. Il existe deux types de douleur neuropathique : la douleur neuropathique périphérique et centrale. La première se produit dans les nerfs situés à l’extérieur de la moelle épinière, comme ceux de vos poignets lorsque vous souffrez du syndrome du tunnel carpien.
La douleur neuropathique centrale se produit dans le cerveau ou dans la moelle épinière, telle la douleur qui est ressentie après un traumatisme médullaire ou un accident vasculaire cérébral.

Source : Association québecoise de la douleur

Les chercheurs ont fait un travail énorme

Car, écueil majeur : la recette mis au point par Yamanaka ne fonctionne pas pour les neurones nociceptifs (à l'origine de la douleur) et s’avère en l’état incapable d’en produire. Il fallait trouver un nouveau cocktail. "Les chercheurs ont fait un travail énorme, détaille Aziz Moqrich : ils sont partis d’une vingtaine de facteurs et en ont enlevé un à la fois, reproduisant à chaque fois leur expérience, avant d’arriver au cocktail minimum idéal capable de transformer des cellules de peau (fibroblastes) en nocicepteurs."

Avec cette publication, il devient désormais possible de cibler de larges chimiothèques pour mettre la main sur des molécules analgésiques suffisamment puissantes à moduler l’activité des nocicepteurs ainsi produits in vitro. Mais, ce n’est qu’un début. "La recette des chercheurs ne génère qu’un type de nocicepteur, précise Aziz Moqrich. Or, il en existe une cinquantaine de différents..."

 
Source :
http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20141211.OBS7679/des-neurones-de-la-douleur-a-la-demande.html
 
Mis en ligne par Evy

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Rédigé par Entraide Fibromyalgie Ouest

Publié dans #neurones, #douleur

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