Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Relation patient – médecin

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Nombreux sont les patients qui ont parlé de leur déception à l’égard de leur médecin. Ils se sentent mal à l’aise face à leur sentiment d’impuissance ou leur attitude pressante. Il faut admettre que le quart d’heure imparti est souvent trop court pour mettre des mots sur tous symptômes dont ils souffrent. De ce fait, des troubles sérieux sont passés sous silence, troubles dont le médecin devrait être informé. D’un côté, on demande aux patients de s’engager à acquérir le sens des responsabilités envers leur maladie, de l’autre côté, les moyens pour le faire sont restreints.

Le premier problème souvent rencontré entre patient et médecin est le manque de communication qui vient compliquer le traitement. Le médecin cherche avant tout à mesurer les plaintes du malade afin de définir la cause possible de ses maux. La formation qu’il a reçue lui a appris à se concentrer sur des critères d’examens scientifiques pour des pathologies précises dans laquelle la fibromyalgie n’entre pas.


Quel est le rôle du médecin?

Son rôle premier est d’écouter les signes subjectifs du patient. L’intérêt témoigné pour les souffrances émises (le patient a autant besoin de se faire entendre et de comprendre que de se sentir soulagé par le traitement médicamenteux), signe une alliance thérapeutique dont les effets seront d’une importance capitale pour leur collaboration.
Son deuxième rôle est l’information. Le médecin aura avantage à expliquer au malade que la véritable cause de la FM demeure inconnue pour l’instant et qu’il est difficile d’obtenir rapidement un soulagement satisfaisant. Qu’il lui faudra de la persévérance et du courage pour maintenir une qualité de vie satisfaisante, car il n’y a pas de pilule miracle pour apporter une solution à tous ses symptômes. L’information ne devrait pas se limiter au patient, mais devrait inclure le conjoint ou la conjointe ou un autre membre de la famille si le patient vit seul.
Un troisième rôle est d’encourager le patient dans toutes les initiatives afin qu’il conserve le courage nécessaire à prendre une part active dans la gestion de son état de santé et de réorganiser son hygiène de vie. Le rassurer que sa qualité de vie peut être maintenue même si les effets de la maladie peuvent persister. Lui offrir un soutien émotionnel et lui suggérer des modifications comportementales notamment en ce qui concerne les facteurs aggravants. Lui expliquer les bénéfices à tirer d’un programme interdisciplinaire.


Quel est le rôle du patient?

Son rôle premier est d’informer le médecin de tous les symptômes qu’il ressent dans son organisme. Aucun symptôme n’est anodin: qu’il s’agissent de troubles digestifs, de maux de tête persistants, de troubles du sommeil, des douleurs musculaires, etc.. Trop souvent, un symptôme est mis en évidence et d’autres tout aussi importants sont oubliés. Aussi, il peut s’avérer nécessaire de préparer à l’avance son prochain RV en dressant une liste de ses préoccupations, de parler franchement et ouvertement avec son médecin, de le tenir informer des prises de médicaments et de leurs effets (positifs ou négatifs), de ne pas hésiter à lui poser des questions et à exiger des explications, de ne pas être gêné si l’on ressent le besoin de prendre des notes pour les suggestions importantes, etc…
Ensuite, il est important de choisir un médecin avec lequel on se sent à l’aise et en confiance (semble-t-il à l’écoute? semble-t-il irrité à la vue d’une liste de questions? Répond-il aux questions de façon précise et compréhensible? Semble-t-il rassurant et encourageant? Admet-il les initiatives du patient?…).
Ne pas hésiter à changer de médecin, si ce dernier se montre sceptique à l’égard des souffrances invisibles de la fibromyalgie.


Les deux partenaires, patient et médecin, comme dans toute autre relation, doivent s’efforcer d’entretenir une confiance mutuelle.

Publié dans Articles collectés

Partager cet article
Repost0

Témoignage

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 


 

Publié dans Témoignages

Partager cet article
Repost0

Diagnostics différentiels

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Une des problématiques concernant la fibromyalgie est ce que les spécialistes qui s'intéressent à cette affection (neurologues, rhumatologues, spécialistes en médecine interne, généralistes, psycho-neurologues, etc…) appellent le diagnostic différentiel.
Il s'agit de ne pas confondre la fibromyalgie avec d'autres pathologies très proches, c'est-à-dire au cours desquelles les symptômes sont comparables.

 

Le syndrome myofascial qui se caractérise par l'apparition de douleurs des tissus musculaires et squelettiques.

  • Ces douleurs sont localisées et présentent une sensibilité particulière à la pression de certaines zones du corps que l'on appelle des zones « gâchette ».
  • Elles ont pour caractéristique d'être profondes et lancinantes.
  • Elles s'accompagnent quelquefois d'une sensation de brûlure.
  • La douleur myofasciale peut apparaître après un traumatisme, un surmenage ou une contraction prolongée des muscles ou des groupes de muscles. Cette contraction a pour autre caractéristique d'être statique, c'est-à-dire que les segments des membres ou des parties du corps concernés par la contraction musculaire ne bougent pas. L'exemple le plus courant de contraction musculaire statique est celui de l'écriture ou du travail sur ordinateur au cours desquels le patient contracte ses muscles alors qu'aucun mouvement (ou de très petits mouvements) sont effectués.
  • D'autre part, le syndrome myofascial s'accompagne parfois d'une arthrose du rachis cervical ou d'une arthrose du rachis lombaire.

Le syndrome de fatigue chronique, qui pour certains spécialistes en rhumatologie fait partie des fibromyalgies, mais se différencie néanmoins de celles-ci par sa cause. En effet, au cours du syndrome de fatigue chronique, il est assez régulièrement (pour ne pas dire systématiquement) retrouvé une étiologie (c'est-à-dire une cause) infectieuse à la survenue de ce syndrome qui se caractérise, comme la fibromyalgie, par la survenue d'épisodes d'asthénie (fatigue très intense).

 

La polyarthrite rhumatoïde, dont on ne connaît pas avec précision la cause, est un syndrome chronique se caractérisant par une inflammation non spécifique, habituellement symétrique, des articulations périphériques susceptibles de se détruire progressivement. Même si au cours de cette affection surviennent des raideurs qui persistent 30 minutes après le lever matinal ou après une période prolongée d'inactivité, associées à une fatigue, un malaise (surtout en début d'après-midi), les déformations des articulations, qui concernent essentiellement les membres, associées à la présence de nodules rhumatoïdes situés sous la peau, éventuellement un syndrome des Sjögren et un fébricule (petite fièvre) permettent de distinguer sans trop de difficultés la polyarthrite rhumatoïde de la fibromyalgie. D'autre part, au cours de cette affection, la vitesse de sédimentation est élevée dans 90 % des cas et on constate la présence d'anticorps à la gammaglobuline modifiée (qui sont appelés facteurs rhumatoïdes) permettant de différencier sans difficultés la polyarthrite rhumatoïde de la fibromyalgie.

L'arthrose généralisée est un cas à part. En effet, si les douleurs qui surviennent au cours de cette affection rhumatologique sont relativement différentes, puisque localisées essentiellement niveau des articulations, elles peuvent éventuellement être confondues avec celles survenant au cours de la fibromyalgie. Au cours de l'examen physique du patient arthrosique, on constate que les douleurs n'ont aucun rapport avec les points de Yunus. D’autre part, il n’existe pas d'antécédent de type psychogène.

La pseudo-polyarthrite rhizomélique est une affection qui se caractérise par l'apparition de douleurs sévères et un enraidissement des muscles des épaules et des hanches. Ne s'accompagnant pas de diminution permanente de la force musculaire ni de diminution de volume des muscles (atrophie musculaire) et s'associant généralement à une importante élévation de la vitesse sédimentation, cette affection ne peut pas être confondue avec une fibromyalgie dans la mesure où les analyses de sang mettent en évidence une vitesse de sédimentation très augmentée (généralement supérieure à 100 mm par heure) et des taux de protéine C. réactive élevée (> 0,7 mg par décilitre). Néanmoins, une raideur du cou, des raideurs matinales, une raideur survenant après une inactivité, l'apparition de malaises, de fatigue, un amaigrissement peuvent faire confondre cette affection avec une fibromyalgie.

 

La spondylarthrite ankylosante, maladie de Pierre Marie Strümpell, est une affection rhumatismale systémique qui se caractérise par une inflammation du squelette axial (au cours de la fibromyalgie, les douleurs ont essentiellement une localisation axiale) et des grosses articulations périphériques. La différence essentielle entre la spondylarthrite ankylosante et la fibromyalgie réside dans les analyses de sang. En effet, au cours de la spondylarthrite ankylosante, la vitesse de sédimentation ainsi que d'autres marqueurs de la phase aiguë de l'inflammation (comme entre autres la protéine C. réactive et les immunoglobulines sériques) sont relativement élevées chez la majeure partie des patients qui présentent cette affection active. Même si les anticorps antinucléaires sont négatifs, la présence de l'antigène H.L.A.B27 est fréquente (mais néanmoins non spécifique). Enfin, les examens radiologiques mettent en évidence des modifications osseuses, ce qui n'est pas du tout le cas au cours de la fibromyalgie. Il n’en est pas de même de l'hyperostose vertébrale ankylosante qui représente le diagnostic différentiel plus difficile. Cette affection, qui survient essentiellement chez l'homme de plus de 50 ans, est susceptible de ressembler à la spondylarthrite ankylosante plus que la fibromyalgie et, au cours de cette affection, les examens biologiques ne sont pas parlants. Cependant des antécédents de patient n'ont aucune commune mesure avec ceux rencontrés dans la fibromyalgie.

 

Le dysfonctionnement d'une articulation temporo-mandibulaire est appelé également dysfonctionnement douloureux myofascial des muscles de la mastication. Il se caractérise par la survenue d'une douleur de l'articulation elle-même qui irradie vers le maxillaire inférieur, le cou et l'oreille entre autres. Dans ce syndrome comme dans la fibromyalgie, on constate l'apparition de céphalées. Celles-ci sont associées à des épisodes de stress pouvant être considérés comme des facteurs déclenchants. La présence d'un craquement peut éventuellement orienter vers le dysfonctionnement d'un articulation temporo-mandibulaire plutôt que vers une fibromyalgie. En effet, un mécanisme arthrosique est le plus souvent en cause dans cette affection. Une fois de plus, les antécédents du patient obtenus au cours de l'anamnèse montre qu'il n'existe pas de troubles du sommeil sauf ceux induits par la pathologie elle-même.

Le syndrome du canal carpien, qui correspond à une compression du nerf médian lorsqu'il traverse le canal carpien au niveau du poignet, se caractérise par l'apparition de paresthésies (sorte de fourmillements) et d'engourdissement, classiquement distribués le long du nerf médian, c'est-à-dire à la face palmaire du pouce, de l'index et du médius et à moitié de l'annulaire. Parfois, ces symptômes intéressent la totalité de la main et peuvent éventuellement faire penser à la fibromyalgie. En effet, cette affection comporte souvent des fourmillements des membres inférieurs. Mais en ce qui concerne le syndrome du canal carpien, il n'existe pas de tension latéro-cervicale (sur le côté, voire l'ensemble du cou) et le diagnostic est confirmé par un signe de Tinel. Le signe de Tinel permet de reproduire les symptômes ressentis par le patient en percutant avec un marteau à réflexe la surface creuse du poignet au niveau du nerf médian et du canal carpien. Il est possible, éventuellement, de faire des tests supplémentaires qui comprennent les manœuvres de flexion du poignet (signe de Phalen). Parfois, on constate d'autre part une atrophie de l'éminence thénar (gros muscle du pouce) et une faiblesse à l'élévation du pouce. De toute manière, le diagnostic de syndrome du canal carpien est confirmé par l'examen électro-biographique du nerf médian (renseignements sur la conduction motrice et sensitive dans ce nerf).

L'algoneurodystrophie (syndrome épaule-main) correspond à l'apparition de douleurs et à une limitation fonctionnelle de l'épaule ainsi qu'à une atteinte homolatérale (d'un seul côté) de la main qui peut, dans certaines circonstances, être confondue avec la fibromyalgie, d'autant plus qu'au cours de l'algoneurodystrophie, il peut exister des antécédents de perturbations psychologiques et de troubles du sommeil associés ou pas avec un syndrome dépressif. D'autre part, l'anamnèse met quelquefois en évidence des causes telles que des traumatismes à répétition, des accidents cardio-vasculaires y compris cérébraux, une intoxication médicamenteuse. L'évolution de l'algodystrophie est bien différente de celle de la fibromyalgie. Elle comprend trois stades évolutifs. Le stade 1 se caractérise par l'apparition brutale d'un oedème qui est diffus (donnant à la main un aspect volumineux) et d'une douleur du dos de la main associée à des phénomènes se caractérisant par une perturbation de l'ouverture et de la fermeture du calibre des vaisseaux (perturbations vasomotrices) concernant la face palmaire de la main. Ces symptômes sont associés à des douleurs de l'épaule et de la main, apparaissant essentiellement au cours des mouvements. D'autre part, au cours du stade 1, la radio permet fréquemment de retrouver une ostéoporose (fragilisation de l'os) concernant la main. Au cours du stade 2, l’œdème et la sensibilité locale de la main diminuent alors que la douleur de la main continue mais est moins intense. Le stade 3 se caractérise par une diminution du volume de la main, une diminution de la sensibilité et de la douleur, mais une limitation de la mobilité de la main. Au cours de l'algoneurodystrophie, il est possible de mettre en évidence la présence de la rigidité des doigts et des rétractions de la paume de la main en flexion (les doigts se replient sur eux-mêmes) qui ressemble d'ailleurs plus à la maladie de Dupuytren qu'à la fibromyalgie.

 

Les autres syndromes douloureux (épaule, coude, bassin, genou) sont difficilement confondus avec le syndrome de fibromyalgie. En effet, le plus souvent, les douleurs survenant au cours de ces affections sont localisées à une seule articulation. C'est le cas par exemple de l'épitrochléite pour le coude, d'une symptomatologie douloureuse du genou localisée à cette articulation, de l'arthrose du genou, de l'arthrose des articulations sacro-iliaques, de la tendinite bicipitale pour l'épaule, de la bursite sous-deltoïdienne, de la rupture de la coiffe des rotateurs, etc…

 

vulgaris-medical

Publié dans Articles collectés

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>