Comment l’industrie pharmaceutique nous fait avaler ses médicaments inutiles

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 RF4475287Une étude américaine permet de comprendre pourquoi des centaines de milliers de personnes se voient prescrire des médicaments inutiles, là où une simple modification du mode de vie suffirait.


Si l’on se fie aux chiffres rassemblés dans les comptes nationaux de la santé de 2010, le volume des médicaments consommés en France augmente en moyenne de près de 5% par an depuis 2000. La parution du livre des Dr Even et Debré qui s’en prend à la prescription de médicaments inutiles est l’occasion de se demander comment dans une société raisonnable, qui se dit cartésienne, on peut continuer de prescrire avec l’encouragement des pouvoirs publics des médicaments souvent sans utilité clinique (ou à des doses exagérées), aux effets secondaires graves, pour un coût exorbitant.


Un article publié dans le numéro de septembre/octobre 2012 des Annals of Family Medicine éclaire ce phénomène d’un jour très instructif.


Linda Hunt (Université du Michigan, East Lansing) a analysé avec son équipe la prise en charge des patients atteints de diabète de type 2 et d'hypertension artérielle dans 44 cabinets médicaux du Michigan en 2009 et 2010. Les chercheurs ont conduit des entretiens avec 58 médecins, des infirmières et des auxiliaires de santé ; ils ont assisté à 107 consultations avec 12 praticiens dans 6 cliniques et interrogé 70 patients traités par ces 12 cliniciens.


89% des patients interrogés prenaient de nombreux médicaments : 5 médicaments ou plus pour 51% d’entre eux, ce qui relève de la polymédication et augmente de manière exponentielle le risque d’effets indésirables.


En moyenne, les 70 patients prenaient 4,8 médicaments chaque jour. 57% d’entre eux prenaient des médicaments pour des troubles (gastriques et respiratoires) vraisemblablement déclenchés par leur traitement. 70% des patients avaient souffert d’effets indésirables liés au traitement du diabète ou de l’hypertension. Pourtant aucun des médecins, sauf un, n’avait jugé utile de diminuer les doses ou changer de traitement.

Comment en est-on arrivé à prescrire tant ?

Réponse des chercheurs dans cet article : « Nous avons relevé un scénario commun : les patients ont commencé à prendre des médicaments à la suite d’examens avec des résultats modérément élevées, ils ont développé de nouveaux symptômes, ont subi d’autres examens avec des résultats là aussi en dehors des valeurs de référence et on leur a prescrit plus de médicaments.  Ces médicaments devaient être pris en permanence afin que leurs résultats biologiques reviennent dans les valeurs de référence. »


Les auteurs de cette étude expliquent aussi que lorsqu’un patient est diagnostiqué avec une maladie, le diabète par exemple, les valeurs de référence pour d’autres paramètres comme la pression artérielle et le cholestérol sont plus strictes. C’est ainsi que de nouveaux médicaments apparaissent « en cascade » sur l’ordonnance.


Lorsqu’ils ont pu assister à des consultations, les chercheurs ont noté que les médecins se focalisaient de manière quasi systématique sur la prescription de médicaments sans aborder - ou très peu - l’alimentation et l’exercice physique.


Tous les médecins interrogés prescrivaient au moins 2 médicaments pour l’hypertension ou le diabète et 43% associaient souvent 3 médicaments et plus.


Dans cette étude, 67% des médecins disent qu’ils suivent en cela les recommandations de pratique médicale. Seuls 4% s’interrogent sur le bien-fondé de ces pratiques.


Ces pratiques sont édictées par les agences gouvernementales : aux Etats-Unis la FDA, en France l’Afssaps.

 

Article collecté sur le site :

http://www.lanutrition.fr

 

Edité le 11.10.12 par :

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