Compte-rendu du 10ème Congrès National de la Fibromyalgie ( 2ème partie )

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Congrès de NIMES du 13 octobre 2012


C'est avec beaucoup d'émotion, que je remercie tout ceux et celles qui m'ont apporté leur soutien et leur félicitations, suite à la première partie du compte-rendu de ce congrès.

Voici pour ceux et celles qui l'attendent, la suite des intervenants de ce congrès :

D'abord, le Dr Caroline DOMINICI, Praticien Hospitalier au Centre de la Douleur de l'adulte et de l'enfant- CHU de Grenoble.

 

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Le sujet traité : L'APPORT DE LA RECHERCHE , sujet qui nous interpelle tous et toutes.

Le rapport d'orientation  de la Haute Autorité de Santé, publié en 2010, sur le syndrome fibromyalgique de l'adulte, insiste sur l'attention qui doit être portée aux avancées de la recherche.

Elle nous a relaté certaines recherches cliniques actuellement en développement, avant d'envisager les perspectives d'avenir.

Elle nous a d'abord rappelé les connaissances actuelles :

La fibromyalgie se caractérise par des douleurs persistantes, et affecte les patients de façon variable selon les personnes et avec le temps. A ces douleurs s'associent des troubles du sommeil, une fatigue générale et une fatigabilité musculaire à l'effort.

Les troubles du sommeil sont pratiquement constants dans la fibromyalgie : sommeil non récupérateur, fragmentés pas de nombreux éveils. Une fatigue générale est présente dans 80 % des cas.

Ce syndrome touche majoritairement des femmes, entre 30 et 50 ans, mais il peut toucher les adolescents, voir les enfants. Différentes hypothèses sont évoquées.

Les traitements ne sont pas satisfaisants du point de vue des médecins et des patients : ils n'apportent pas le soulagement espéré et leurs effets secondaires entraînent des abandons de traitement ou un usage inadéquat.

Les techniques non médicamenteuses de prise en charge de la douleur existent et sont efficaces : kinésithérapie, hypnose, relaxation, sophrologie, l'art-thérapie, et la thérapie cognitivo comportementale.

 

LA RECHERCHE

Le syndrome fibromyalgique fait actuellement l'objet de nombreuses recherches cliniques.En 2012, 403 recherches sont répertoriées dans le monde, dont 85 sont en cours de recrutement de patients.

17 études sont en cours en France. Parmi ces études, 7 étudient les approches non médicamenteuses, 9 sont des essais pharmacologiques et  1 étudie les dysfonctionnements de l'articulation temporo-mandibulaires, 2 essais sont en cours de recrutement de patients.


Etude de la fonction musculaire

Une étude a permis de mettre en évidence une baisse de la force maximale développée chez les fibromyalgiques : la fatigue musculaire évoquée par la baisse de force au cours du temps semble principalement liée à une origine musculaire.

Une étude a été faite avec un maintien d'une activité physique régulière :

Le résultat est le suivant : les douleurs ont augmenté, mais il est impossible de savoir s'il s'agit d'une aggravation des symptômes de la pathologie, ou s'il d'agit d'un effet secondaire au reconditionnement physique ( courbatures transitoires sans relation avec la fibromyalgie ).

 

Evaluation  des bébéfices de la stimulation magnétique transcranienne répétitive ( rTMS ).

La rTMS est une technique de stimulation du cortex cérébral qui consiste à appliquer un champ magnétique à la surface du scalp : technique non invasive et totalement indolore.

La rTMS et le réentrainement à l'effort ayant montré leur efficacité respective sur les douleurs et la qualité de vie des patients, il nous est apparu pertinent d'associer ces deux techniques dans le traitement de la fibromyalgie.

 

Etude de l'efficacité de la relaxation, à 12 semaines, dans la prise en charge de la douleur chronique chez les fibromyalgiques ( SOPHRODOL )

L'objectif était de mettre en évidence l'existence d'un lien entre la perception de la qualité de la vie et le vécu douloureux chez les personnes atteintes de la fibromyalgie Résultat : il existe bien un rapport entre ces deux liens . Cette étude demande à être approfondie dans les années qui viennent.....

 

Mise en place d'un groupe de gestion du stress

Cette étude est une prise en charge de patients divisés en deux groupes :

l'un des groupes fait de la relaxation accompagnée, l'autre groupe de la relaxation passive, c'est à dire seul, sans aide :

résultat de ce test : Il est souhaitable d'effectuer des thérapies non  médicamenteuses, telles que la relaxation, améliorant la qualité de vie , apprendre à gérer le stress et son impact sur la maladie , l'affirmation de soi, la gestion de la colère et de nos émotions.

 

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En conclusion, le Dr Dominici a insisté sur le fait que l'absence de prise en charge ne doit pas conduire à laisser le patient sans réponse et les professionnels sans solution à proposer.

 

La recherche apporte une contribution importante à l'évaluation de l'efficacité attendue de différentes approches, médicamenteuses et non médicamenteuses, qui restent complémentaires mais dont la place doit être mieux définie en fonction des différents symptômes.

 

La recherche clinique est cependant très difficile à mettre en place, car chaque structure hospitalière a son propre fonctionnement et ces propres ressources humaines ......

 

 

 

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 Le Dr Dominici, donnant les explications de la recherche clinique

 

 

Le prochain intervenant m'a été demandé rapidement, car il concerne les expertises : c'est l'intervention de Maître TIXIER, Avocat au Barreau de Grenoble.

 

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Le patient fibromyalgique demande une seule chose : faire valoir ses droits

Pour cela, Maître TIXIER nous précise les trois cas de situations :

1. soit dans le cadre de droit commun, pour faire indemniser son préjudice ;

2. soit dans le cadre des relations de la personne atteinte, avec la CPAM : en cas de non reprise  du travail, alors que la caisse l'exige : cela entraînerait l'arrêt du versement des indemnités journalières....

3. procédure devant les tribunaux des affaires de sécurité sociale, en cas d'accident du travail, majorée en fonction de l'existence de la fibromyalgie.

 

Dans le cas d'un assureur avec lequel le malade a contracté le paiement d'indemnités journalières complémentaires, 2 questions se posent :

soit la question de la consolidation

soit la possibilité de reprendre une activité professionnelle quelconque, en dépit de l'état où il se trouve.

Quelque soit le cadre contractuel, celui de l'assurance ou dans un cadre judiciaire, la question de l'expertise médicale doit nécessairement se poser à un moment ou à un autre.

 Dans le cadre contractuel, il s'agit de déterminer s'il existe un syndrome invalidant, quelle est son origine et si son existence et son importance autorise l'assuré à percevoir des indemnités de sa compagnie.

C'est dans ce cas de figure que les compagnies d'assurances demandent une expertise de l'assuré par le médecin-conseil de la Compagnie, expertise à laquelle l'assuré est tenu de se présenter, accompagné de préférence : en cas de désaccord, un "tiers-expert" sera alors désigné  : l'assuré a, dans ce cas, toute faculté pour contester l'avis de l'expert.

Par contre s'il s'agit d'une convention d'arbitrage de la part de la Compagnie d'Assurances :  le tiers expert sera  choisi d'un commun accord avec le médecin-conseil de l'assuré, le médecin-conseil de la Compagnie aura alors qualité d'arbitre et son avis ne pourra pas être contesté. 

 

Dans le cas d'une procédure judiciaire, l'expertise a pour but  d'éclairer le juge sur le litige qui lui est soumis : il s'agira de prouver l'existence de ce syndrome, de rapporter la preuve des conséquences de ce syndrome  sur votre situation professionnelle, et ainsi obtenir gain de cause.

Il est indispensable de fournir au magistrat un dossier extrêmement complet : certificats médicaux, courriers du médecin, courriers de la CPAM, et, ce à titre non exhaustif.

L'expertise judiciaire ne sera ordonnée que si la partie rapporte un commencement de preuves de ses allégations.

 

L'expertise et son déroulement

Il est du ressort du juge : c'est lui qui choisit l'expert. Cependant les parties peuvent suggérer le nom d'un ou plusieurs experts spécialistes en la matière.

L'expert convoque les parties , ces dernières pouvant se faire assister  par un médecin de leur choix et, dans le cas d'une expertise judiciaire, par leur avocat.

L'expert devra respecter le principe du débat, et , sauf accord de l'une des parties, il ne pourra se retrouver seul avec une des parties, ou représentants.

De même, l'expert doit strictement respecter la personne examinée par lui-même : en effet, de nombreux cas ont été rapportés, de manque d'humanité et de psychologie : dans tous les cas, il doit respecter son code de déontologie.

L'espert doit être impartial : L'article 105 du Code de Déontologie stipule que :

"Nul ne peut être, à la fois, médecin-expert et médecin-conseil d'un même malade. Un médecin ne doit pas accepter une mission d'expertise, dans laquelle sont en jeu ses propres intérêts, ceux d'un de ces proches, d'un de ses amis ou d'un groupement qui fait habituellement appel à ses services"

Ni les parties, ni les juges ne sont liés par les conclusions de l'expert.

En conclusion, Maître Tixier a insisté sur le fait qu'il est évident qu'une demande d'expertise, quelle qu'elle soit, étayée par un dossier complet, réalisée par un expert compétent, peut vous permettre de faire valoir vos droits.

Il a rappelé de bien lire vos contrats d'assurance, avant la signature!!!!

 Dans de nombreux cas, les conditions d'adhésion ne sont pas toujours explicites et, c'est là, lorsque l'on a besoin de leurs services, que l'on vous dit que cette pathologie n'est pas prise en compte dans le contrat : c'est ce qui se passe la plupart du temps, pour la dépression.

 

 

Source:http://loisirsvivi.canalblog.com/archives/2012/10/23/25406069.html


 

Philippe

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