Congrès de l'EULAR 2013

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Le congrès de l'EULAR (Congrès européen annuel de rhumatologie)

a lieu cette année à MADRID du 12 au 15 juin 2013


Session what is new ? Mise au point fibromyalgie
 

Rapporté par Françoise Laroche (Paris) d'après une communication présentée à
l’EULAR 2013, Madrid, 12-15 juin 2013

J Mac Beth a fait une très belle mise au point sur les douleurs diffuses et la fibromyalgie. Il a tout d’abord rappelé la prévalence des douleurs chroniques (Breivik, 2006) qui est de 12 à 30% en population générale dans toute l’Europe avec notamment 28% de lombalgies et 24% de douleurs de l’épaule rapportées.
 
Le nombre de sites douloureux est un facteur de risque d’évolution vers des douleurs plus diffuses responsables alors d’un handicap physique et social. La fibromyalgie (ou plutôt certaines formes sévères), pourrait donc être considérée comme l’extrême d’un continuum.
 
Cependant, il est important aussi d’intégrer les facteurs de risque supplémentaires observés au cours de la fibromyalgie favorisant l’évolution vers cet extrême de la courbe.

Il a rappelé les différentes publications depuis 2010 qui ont permis d’améliorer les critères diagnostics de la fibromyalgie et notamment la suppression des « fameux points » à la pression (qui varient en fonction de l’état émotionnel par exemple).
 
En effet, les critères ACR 2010 incluent la douleur mais aussi les symptômes associés permettant de dégager 2 types ; le type A avec des douleurs importantes mais peu de symptômes associés et le type 2 avec moins de douleurs mais plus de symptômes associés (Wolfe 2010).
 
Les symptômes associés recouvrent ce que le DSM5 appelle les « Somatic symptoms disorders » c’est-à-dire les syndromes dysfonctionnels (colon irritable, syndrome de l’articulation temporo mandibulaire, vessie irritable…).

Mac Beth a choisi d’actualiser sa mise au point sur la fibromyalgie selon 3 hypothèses : la première a étudié les différences d’incidence selon le sexe. La deuxième hypothèse a exploré l’efficacité des approches associées et la troisième hypothèse a permis d’analyser certains mécanismes physiopathologiques centrés sur la génétique et les troubles du sommeil.

Hypothèse 1 : prévalence de la fibromyalgie selon le sexe
Le ratio hommes/femmes varie selon les études de 2 à 9, quel que soit l’âge. La prévalence globale publiée par Wolfe est de 2,1% aux USA et est aussi plus importante chez les femmes (Wolfe, Arthritis Care Res 2013). Cependant, le diagnostic est beaucoup plus souvent fait chez les femmes comparativement aux hommes (8% versus 5%).
 
De nombreuses raisons peuvent être évoquées : les femmes ont un accès habituel plus fréquent au soin (via les consultations de gynécologie et de pédiatrie pour leurs enfants par exemple), les femmes parlent plus facilement de leurs problèmes de santé, de leurs difficultés émotionnelles et cherchent plus souvent un support social…

Hypothèse 2 : efficacité des associations thérapeutiques
De nombreuses recommandations concluent à l’importance d’associer les traitements de la fibromyalgie. Ils existent à ce jour plusieurs recommandations notamment celles de l’EULAR présentées en 2006 et publiées en 2008 (Carville, Ann Rheum Dis 2008), les recommandations de l’American Pain Society et les toutes dernières recommandations Canadiennes.
 
Mac Beth a présenté les résultats d’une étude sur 442 patientes souffrant de fibromyalgie randomisée en 4 groupes : traitement usuel, thérapies cognitives et comportementales (TCC) par téléphone, exercices et l’association TCC et exercices (Mac Beth, Archives Intern Med 2012).
 
L’évaluation a été effectuée à 6 mois par un auto-questionnaire de changement global d’état de santé. Les réponses « beaucoup mieux » et « vraiment beaucoup mieux » ont été retenues comme paramètre d’amélioration subjective de l’état de santé perçu par les patients.
 
Les patients du groupe TCC ont rapporté une amélioration 5 fois plus importante et ceux du groupe exercices 6 fois plus importante par rapport au groupe traitement usuel. L’association TCC + exercice n’a cependant pas eu d’effet cumulatif car n’a pas augmenté ces résultats.
 
Comme il est devenu habituel de « vérifier » en IRM les effets d’une thérapeutique, Jensen a publié en 2012 dans Pain, les réponses fonctionnelles cérébrales des patients souffrant de fibromyalgie ayant suivi un programme de TCC versus contrôle à 12 semaines. Les résultats montrent une augmentation de l’activité des zones d’intégration de la douleur (le cortex préfrontal latéral) en IRMF après 12 semaines de TCC (Jensen, Pain 2012).

Hypothèse 3 : facteurs de susceptibilité et/ou associés – génétiques et troubles du sommeil
Génétique. On connait les aggrégations familiales avec plusieurs patients souffrant de fibromyalgie au sein d’une même famille. Une étude de jumeaux a montré un Odds ratio de 8,5 avec une « héritabilité » estimée parmi ces jumeaux de 48 à 52%.
 
Différents médiateurs et récepteurs ont été identifiés comme impliqués dans le contrôle de la douleur tels que la sérotonine, la substance P, la Cathécholométhyltransférase (COMT), les récepteurs aux opioïdes et l’axe hypothalamo-hypothysaire.
 
Cependant les études ont été effectuées pour la plupart sur de petits échantillons et ne permettent pas au final de bien comprendre tous les éléments en cause et comment ces éléments physiopathologiques intéragissent entre eux pour favoriser la fibromyalgie.

Sommeil. Au cours de la fibromyalgie, la latence d’endormissement est augmentée, les réveils nocturnes plus fréquents, les différentes phases de sommeil modifiées et le temps global de sommeil raccourci. Les patients décrivent bien des éléments d’insomnie, un sommeil perturbé et non réparateur.
 
Les troubles du sommeil prééxistants à la fibromyalgie favorisent l’émergence des symptômes.
 
En effet, une étude a montré que chez des sujets sans troubles du sommeil, le risque de développer une fibromyalgie n’est pas augmenté et qu’il augmente chez les patients en fonction de l’importance jusqu’à 3,95.
 
Une autre étude a comparé les troubles du sommeil au cours de la fibromyalgie versus la PR. Les résultats montrent plus de troubles du sommeil par les patients souffrant de fibromyalgie avec pourtant des variations objectives du sommeil moins importantes.

Autres facteurs de susceptibilité. Une synthèse des facteurs de risque de fibromyalgie ont été résumées lors de cette présentation (Philipps and Clauw 2013 ; 65 : 291-302). Il s’agit de l’existence d’une baisse des seuils de la douleur (par analyse quantitative de la douleur) notamment aux stimulations mécaniques, d’une diminution de l’antalgie issue des faisceaux antalgiques descendants, du sexe, de la génétique, des événements traumatiques précoces, de l’histoire personnelle médicale (existence préalable de douleurs à plusieurs sites, fatigue, troubles du sommeil, stress et troubles de mémoire) et des distorsions cognitives notamment le catastrophisme.

De nombreuses recherches se poursuivent donc pour mieux faire le diagnostic, mais aussi comprendre la physiopathologie et proposer des thérapeutiques associées.

Date de publication : 14-06-2013
 

Source : www.rhumato.net

 

---------

 

Article collecté sur le site de notre amie Fleur 14 que nous remercions infiniment :

http://fleur14.canalblog.com/archives/2013/06/15/27433409.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=fleur14

 

Edité le 15 juin 2013 par,

 

Signature - Evy bleugif

Publié dans Articles collectés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article