Consommation de médicaments psychotropes en France : des constats inquiétants

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

Le 31 octobre 2012 – Actuellement, le risque important de pharmacodépendance liée à la consommation de médicaments psychotropes est au cœur des interrogations, surtout quand on sait qu’il y a, en France, des problèmes de surconsommation médicamenteuse.

Comment fonctionnent les médicaments psychotropes ?

Les médicaments psychotropes sont des médicaments qui influent sur le système nerveux central et qui y modifient certains processus. On compte parmi les psychotropes, les anxiolytiques, les antidépresseurs et les somnifères (de la famille de benzodiazépines) qui permettent respectivement d’apaiser l’anxiété, de relever une humeur dépressive ou d’endormir, en agissant sur certains mécanismes du cerveau. Pour cette raison, s’ils sont consommés de manière chronique ou excessive, les psychotropes peuvent entraîner une dépendance importante et inquiétante. Les benzodiazépines, bien qu'ils soient fréquemment préscrits, sont par exemples à haut risque de dépendance.


En France, l’INSERM (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale) a été sollicitée par la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) pour réaliser une enquête au sujet des psychotropes et de la pharmacodépendance qu’ils pouvaient engendrer. Ainsi, 11 experts se sont réunis pour se pencher sur les résultats d’études mondiales et tirer des conclusions sur la situation des Français.

Une prévalence importante en France…

Selon Baromètre Santé, on constaterait « une légère augmentation de la prévalence de consommateurs de médicaments psychotropes en France entre 2005 et 2010 », bien que des chiffres exacts sur cette prévalence n’aient jamais été relevés. Néanmoins, on sait que les femmes sont les plus concernées, puisque chez les personnes ayant recours aux médicaments psychotropes, 23% sont des femmes et 13% seulement, des hommes.


L’absence de statistiques précises est en droit d’inquiéter quand on sait par exemple qu’au Canada, 1 à 2% de la population serait dépendante à ce type de médicaments et que, selon une étude européenne (ESEMED), la prévalence de consommation de médicaments psychotropes serait plus importante en France qu’en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Italie ou aux Pays-Bas.

Quelles solutions ?

Les experts recommandent d’informer la population aux risques liés à la consommation de médicaments psychotropes mais également, de les souligner aux patients qui se voient prescrire ce type de médicaments pour la première fois.


L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l’ONU (Organisation des Nations Unies) demandent aux états de surveiller consciencieusement les potentiels usages inappropriés ou pharmacodépendances de médicaments psychoactifs, d’autant que l’INSERM souligne que « ces médicaments psychotropes sont parfois consommés en dehors de tout contexte médical et peuvent faire l’objet de détournements voire de trafics au même titre que les drogues illicites ». Pour ces raisons, il semble impératif de laisser les médicaments psychotropes sous prescription médicale.


Anaïs Lhôte – PasseportSanté.net

 

Source :
Communiqué de l’INSERM

 

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