Des chercheurs découvrent comment la morphine accroît la douleur chez certaines personnes

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Article un peu technique mais très intéressant

puisque je me trouve personnellement, dans ce cas !!!


 

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Québec et Toronto, le 7 janvier 2013 – Pour les personnes aux prises avec une douleur aiguë, c’est un cruel coup du sort lorsque le médicament de référence dans le traitement de la douleur les fait souffrir davantage. Une recherche publiée hier sur le site de la revue scientifique Nature Neuroscience offre une lueur d’espoir pour ceux chez qui la morphine intensifie la douleur au lieu de l’apaiser.

 

« Notre recherche a établi quelle voie moléculaire permet à la morphine d’accroître la douleur et laisse entrevoir de nouveaux moyens de rendre la morphine efficace chez un plus grand nombre de patients », explique Yves De Koninck, auteur principal de l’étude et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. L’équipe dont il fait partie inclut des chercheurs de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto (SickKids) et de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, ainsi que des collaborateurs américains et italiens.

 

Nouvelle stratégie de gestion de la douleur

En plus d’identifier une nouvelle stratégie de suppression de la douleur causée par la morphine, les travaux des chercheurs ont permis de dissocier ce phénomène de celui de la tolérance à la morphine, deux manifestations qui jusqu’à maintenant étaient associées aux mêmes mécanismes moléculaires.

 

« Lorsque la morphine ne parvient plus à réduire adéquatement la douleur, on augmente généralement la dose. Quand une plus forte dose soulage la douleur, on assiste alors à une réaction typique de tolérance à la morphine, un phénomène bien connu. Toutefois, on considère de plus en plus qu’une hausse de la dose de morphine peut, paradoxalement, accentuer la douleur », indique le co-auteur Michael Salter, chef du service de neurosciences et de santé mentale du SickKids, professeur de physiologie à l’Université de Toronto et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en plasticité synaptique et en douleur. 

 

« Les spécialistes de la douleur ont longtemps cru que la tolérance et l’hypersensibilité à la douleur (aussi appelée hyperalgésie) étaient tout simplement deux formes différentes d’une même réponse. Or, nous avons découvert que les processus cellulaires et de transmission des signaux associés à la tolérance à la morphine sont fort différents de ceux liés à l’hyperalgésie induite par la morphine, » ajoute le professeur De Koninck.

 

« Nous avons déterminé que la microglie, un groupe de cellules spécialisées de la moelle épinière, était la principale responsable de l’hypersensibilité à la douleur induite par la morphine », explique Michael Salter. « Lorsque la morphine agit sur certains récepteurs de la microglie, elle déclenche une série de réactions qui, en bout de ligne, augmente l’activité des cellules nerveuses responsables de la transmission des signaux douloureux. »

 

Les chercheurs ont également découvert la molécule responsable de cet effet secondaire de la morphine. « Il s’agit d’une protéine appelée KCC2, qui contrôle le transport adéquat des ions chlorure et des signaux sensoriels vers le cerveau », indique Yves de Koninck. « La morphine inhibe l’activité de cette protéine, ce qui provoque une perception anormale de la douleur. En protégeant le fonctionnement normal de cette protéine, on pourrait prévenir l’hyperalgésie. » Le professeur De Koninck et ses collègues ont d’ailleurs déjà entrepris l’identification et l’évaluation de molécules susceptibles de préserver les fonctions de la protéine KCC2.

 

« La voie que nous avons découverte semble s’appliquer aux traitements à court et à long terme, ce qui nous permettra d’élaborer de nouvelle stratégies de traitement de la douleur post-opératoire et chronique », poursuit Yves De Koninck.

 

« Cette découverte pourrait grandement bénéficier aux personnes qui souffrent de différentes formes de douleur aiguë – notamment la douleur associée au cancer et aux lésions neurologiques – et chez qui la morphine et les autres opiacés entraînent une hypersensibilité à la douleur », conclut Michael Salter.

 

Coûts de la douleur

La douleur, souvent qualifiée d’épidémie silencieuse, afflige des dizaines de millions de personnes dans le monde. Elle altère considérablement la qualité de vie et s’insinue dans presque toutes les sphères d’activité. La douleur non traitée ou sous-traitée constitue l’une des principales causes de déficience nuisant à la qualité de vie. La Société canadienne de la douleur estime qu’au moins un Canadien adulte sur cinq souffre de douleur chronique, dont les conséquences coûtent de 55 à 60 milliards de dollars au Canada chaque année, notamment en soins de santé et en perte de productivité.

 

« Les gens qui souffrent de douleur débilitante se retrouvent dans une impasse lorsque les médicaments les plus puissants aggravent leurs symptômes », souligne Yves De Koninck, qui est également directeur de l’axe Neurosciences cellulaires et moléculaire à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec.

 

« La douleur touche beaucoup d’aspects de la vie et a de multiples conséquences. Il n’est pas rare que les patients souffrant de douleur chronique se sentent abandonnés et stigmatisés. Parmi les nombreuses difficultés qu’elle impose aux personnes affligées et à leurs proches, la douleur chronique est notamment associée à un risque élevé de suicide. C’est un véritable fléau pour ceux qui en souffrent », ajoute le professeur Salter. Les risques associés à la douleur affectent les individus aux prises avec de nombreux problèmes de santé allant de la migraine au cancer en passant par le sida, le diabète, la maladie de Parkinson, les amputations, la fibromyalgie et des dizaines d’autres affections.

 

Ce projet de recherche a été rendu possible en partie grâce à la contribution financière des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation Krembil, du Programme d’excellence en recherche du Fonds pour la recherche en Ontario, du Fonds de la recherche en santé du Québec, du Fonds des Chaires de recherche du Canada, du Programme de la Chaire Anne et Max Tanenbaum, de la Fondation SickKids et de l’Université Laval.

 

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Renseignements :

Yves De Koninck

Faculté de médecine

Université Laval

Québec

Yves.DeKoninck@crulrg.ulaval.ca 

 

Polly Thompson  

The Hospital for Sick Children (SickKids)

Toronto 

416 813-7654, poste 2059

polly.thompson@sickkids.ca 

 

Sources :

Polly Thompson  

The Hospital for Sick Children (SickKids)

Toronto 

 416 813-7654, poste 2059  

polly.thompson@sickkids.ca 

 

Jean-François Huppé

Relations avec les médias

Université Laval

Québec

418 656-7785

Jean-Francois.Huppe@dc.ulaval.ca

 

 

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Article collecté le 13 février 2013sur le site :

www.relationsmedias.ulaval.ca/comm/2013/janvier/des-chercheurs-decouvrent-comment-morphine-accroit-3329.html

 

Edité par Evy,

Evy - signature animée Titi

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