Dix-huit femmes meurent chaque jour d’une overdose de médicaments antidouleur aux Etats-Unis

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

 

Washington, le mercredi 3 juillet 2013 – Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des Etats-Unis tentent d’alerter les populations, les professionnels de santé et les pouvoirs publics sur ce phénomène depuis plusieurs années. Mais ces efforts répétés semblent pour l’heure n’avoir eu que peu d’effets et les CDC n’hésitent désormais plus à parler « d’épidémie galopante » face à la forte progression des overdoses médicamenteuses de traitements contre la douleur et de substitutions aux opiacés. Les chiffres publiés hier font état d’une augmentation sans frein, notamment chez les femmes. En effet, si les hommes demeurent toujours les premières victimes (avec 10 000 morts par an aujourd’hui), l’écart avec les femmes tend à fortement se resserrer. Ainsi, en 2010, 6 600 femmes sont mortes en raison d’une utilisation abusive de médicaments contre la douleur ou de traitements substitutifs aux opiacés, ce qui représente une hausse de 400 % par rapport à 1999 (quand au cours de la même période la progression n’a été « que » de 265 % chez les hommes).
Femme blanche âgée de 45 à 54 ans : cible numéro un des overdoses médicamenteuses
De nombreux autres chiffres sont énumérés par les CDC destinés à décrire l’ampleur d’un phénomène de plus en plus préoccupant. On compte 48 000 femmes tuées depuis 1999 en raison d’overdoses de médicaments contre la douleur dûment prescrits. Par ailleurs, pour trente femmes périssant, trente autres doivent être hospitalisées en urgence. Ce sont les femmes âgées de 45 à 54 ans, les blanches et les « Indiennes » d’Amérique qui présentent le risque le plus élevé de mourir d’un tel mésusage. Les futures mères sont également concernées par ce risque. Les CDC relèvent ainsi que les syndromes d’abstinence néonataux (NAS) (qui incluent les nouveau-nés exposés pendant la vie utérine à un abus de traitements contre la douleur ou de substitutions aux opiacés) ont augmenté de 300 % entre 2000 et 2009. Enfin, une prescription de médicaments antidouleur est impliquée dans un suicide sur dix chez les femmes. Plusieurs pistes  d’explications sont évoquées par les CDC permettant de mieux déterminer les raisons pour lesquelles les femmes paraissent plus vulnérables que les hommes quant au risque d’overdose médicamenteuse. Elles seraient ainsi plus sujettes aux douleurs chroniques, peuvent plus facilement développer une dépendance et présentent une plus grande tendance au nomadisme médicale qui favorise les prescriptions multiples.
Mieux déterminer les profils à risque
Cette situation a inspiré aux CDC une série de recommandations qui s’adresse aux pouvoirs publics, aux professionnels et aux patients. Une meilleure compréhension du phénomène apparaît tout d’abord nécessaire, ainsi qu’un renforcement de la formation des professionnels de santé. Ces derniers doivent en effet être mieux capables de reconnaître les profils de femmes à risque. Il leur est par ailleurs recommandé de mieux expliquer à leurs patientes (et patients) les risques des traitements prescrits, d’éviter certaines associations avec des benzodiazépines dans les cas où elles n’apparaissent pas strictement nécessaires et de se montrer particulièrement attentifs aux cas des femmes enceintes. Enfin, les CDC formulent plusieurs préconisations à l’intention des femmes, afin notamment qu’elles respectent mieux le cadre strict des prescriptions (il est par exemple conseillé de ne pas conserver des boîtes de traitement « au cas où »). Il est également rappelé l’importance de ne pas vendre ou partager les médicaments prescrits.
Pas de tels DRAMES en France
On ne manquera pas de s’étonner de l’ampleur des chiffres présentés par les CDC comparativement aux données (parcellaires) françaises. Rapportées à la population de notre pays, les statistiques américaines équivaudraient en effet à quelques 3 500 morts par an ! Or, l’étude DRAMES (Décès en Relation avec l’Abus de Médicaments ET de Substances) faisait état en 2010 de 376 décès recensés, chiffre qui cumule les overdoses par héroïne, traitements de substitutions aux opiacés et médicaments contre la douleur. Si l’exhaustivité de ces données n’est nullement acquise (comme le reconnaissent eux-mêmes les responsables de DRAMES), on est très loin des chiffres observés aux Etats-Unis, ce qui laisse supposer un recueil et une appréciation des situations très différents.

Aurélie Haroche

   

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Article collecté sur le site :

http://www.jim.fr/e-docs/00/02/22/A9/document_actu_pro.phtml 

Edité le 04 juillet 2013 par Evy.

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