Dr Arndt : « C'est la tasse de la vie qui déborde »

Publié le par Entraide Fibromyalgie Ouest

« La fibromyalgie, c'est la tasse de la vie qui déborde » : la métaphore est employée par le Dr Frédérique Arndt, médecin anesthésiste réanimateur du centre d'évaluation et de traitement de la douleur chronique au CHU Robert-Debré de Reims. Pour ce spécialiste qui suit 400 patients, la fibromyalgie « est très plurifactorielle » : « Longtemps on lui a attribué une cause psychologique. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. On est face à un trouble de la modulation de la douleur d'origine neurologique et dont les causes sont multiples. Au départ, il y a souvent un gros stress qui oblige la personne à puiser dans ses défenses immunitaires jusqu'au jour où cet équilibre précaire s'effondre. La fibromyalgie est un cumul. » Les symptômes sont multiples (troubles du sommeil, sensations de brûlures ou de fourmillements, crampes, troubles digestifs, céphalées, hypersensibilité au bruit, à la lumière, anxiété…), et le diagnostic long à établir : « Le bilan standard est souvent normal et avant de parler de fibromyalgie, il faut confirmer l'absence de lésions organiques ou auto-immunes » ajoute le médecin rémois. Des analyses plus poussées révèlent des déficits de certaines substances.
Effets indésirables
Ce syndrome (qui toucherait aujourd'hui 1,4 million de personnes dans le monde, dont 70 % de femmes), se caractérise aussi par la présence d'au moins 11 points de douleur sur 18, selon des critères établis en 1990 par des chercheurs américains.
La prise en charge est individualisée mais comprend toujours trois volets : prise d'un antalgique ou d'un antidépresseur ou antiépileptique ; la réadaptation à l'effort doux ; un suivi psychologique. Mais le CA recourt également aux médecines alternatives « pour éviter l'escalade thérapeutique avec son cortège d'effets indésirables. » Techniques de relaxation, l'ostéopathie, l'hypnose, la micronutrition… « On part dans tous les sens pour soulager l'émotionnel, diminuer le seuil de douleur, réduire les inflammations et rééquilibrer la flore intestinale. Au final, on obtient des résultats extraordinaires et on remet les gens au travail. »
De citer deux exemples. Celui d'une jeune fille de 14 ans, déscolarisée depuis deux ans à la suite d'une péritonite et d'une intolérance alimentaire de 90 %. « Nous avons réussi à la réinsérer. Heureusement ses parents s'étaient montrés attentifs. » Une autre jeune fille placée à la Ddass à 9 ans qui souffrait de douleurs chroniques a pu rebondir après un traitement ciblé. « Elle est aujourd'hui commerciale et a deux enfants. » « La fibromyalgie mériterait une reconnaissance à part entière, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui » souligne le Dr Arndt. La prise en charge par la Sécurité sociale est variable selon les caisses. Et les centres antidouleur sont d'autant plus touchés par les réductions budgétaires que la fibromyalgie n'est pas enseignée en faculté. Pourtant des associations s'organisent comme l'AFSFCF (Association française du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie) face à une pathologie qui touche surtout les femmes autour de la quarantaine. « Nous ne sommes pas tous égaux face à l'hyperproductivisme de la société d'aujourd'hui. »
Les consultations antidouleur ont lieu dans les hôpitaux de Charleville-Mézières et Hirson (Aisne).
D.B.

Publié le vendredi 23 décembre 2011 

Source:http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/dr-arndt-cest-la-tasse-de-la-vie-qui-deborde

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